‹ Notice des émaux et de l'orfévrerieChapitre 3 sur 105 · ÉMAUX CLOISONNÉS · texte numérisé non relu

ÉMAUX CLOISONNÉS

de la nationalité anglaise de Témail cloisonné qui

forme la face de ce bijou : d'abord le style, qui est tout bysanlin; puis, la précaution prise par l'orfèvre qui le iiionla pour le roi saxon, de le proléger par une plaque de cristal de roche, comme une chose précieuse et peu ordinaire à rencunlicr (l;ins son pays. (1)

Quant à la France, aucun émail cloisonné ne peut lui être rigoureusement attribué.

Il y aurait bien ceux qui décorent l'autel porlalif de rannennc abbaye de Conques. L'un représente sainte Foy, i)aiionne de Tabbayefdès le temps de Charles le Chauve (2). Mais rinscription s. fides, qui caractérise la sainte et qui serait si importante pour résoudre la question qui nous intéressé, simplement gravée sur la plaque d'or amboutie au centre de laquelle la figure est cloisonnée, n'est point exécutée en hls d'or dans rémail lui-même, comme aux croix d'Essen. De telle sorte que Von peut objecter que cet émail, venu de Grèce ou d'Italie par le commerce, a pu î-ecevoir après coup rinscription qui en fait la représentaiiun de sainte Foy, tandis qu'un -autre presque semblable représente sainte Marie , ci âce à l'inscription s. marïa qu'on y a gravée. Il n'y a donc que des présomptions plutôt que des preuves en faveur de l'exécution de ces émaux par les orfèvres de l'Aquitaine, où Tabbaye de Conques avait été élevée et dont Limoges était le centre industriel et commercial.

Si la fabrication des émaux cloisonnés fut aban* donnée vers le xii® siècle, quant à la représentation de la figure humaine, il n'en fat jpoint de même quand on s'astreignit à ne faireque desimpies ornements, comme les n°* D 13 à 22, qui décorent la boîte d'évangôliaire n" D. 711. — Cette fabrication dura pendant tout lemoyen âge, pour produire de petits émaux que Ton montait en guise de pierres fines sur les pièces d'orfévreriOi et se prolongea même jusqu'à la fin de la Renaissance.

(1) H. Shaw, Drêan and décoraiicnt^ t I.

(2) iUflred Dabcsl, U Trhor de VéglUê de Qm^wt. AitteU portatiCs.

ÉBfAUX CLOISOMriKS.

Nous en avons pour preuve les médaillons ovales qui décorent la bordure du l)ouclier de Charles IX (1).

Faut-il réserver à ces émaux le nom d'« émaux de plicque» ou de « plile»que Ton irouve dans les invenlaires des xiv* et xv*' siècles, ou élendre ce nom, ainsi que !e veut M. le marquis de Laljoi'de à tous les émaux, d' «applique» c'est-à-dire appliijués sur lorievrerie ? M. J. Labarte est pour la première opinion dont il donne des raisons assez spécieuses (2). Il trouve Tétymologie de celle appellation dans le mot latin plicave, qui indiquerait le mode de fabrication des cloisons de ces émaux « pliées » suivant les nécessités du dessin; ce qui nous semble bien ingénieux et bien savant poar da simples rédacteurs dluveutaires.

D.l à îi l. — Vingt-quatre plaques décorant la boUc d'émngéliaire, a"" D. 711 (3}.

1« — Plaque rectangulaire.

XI* siècle. H. 0,069. — L. 0,060.

L'homme de saint Mathieu, — L'homme, iiinihi , ailé, posé de face vu en buste, tient le livre de la main droite, couverte de soD manteau, tandis que sa gauche est étendue devant sa poitrîDe.

Un ornement, qui peut former un M majuscule, se confond avec le manteau au-dessous de la main découverte. Fond d'or;

bordure en zijr-zig.

Pas fie traits de contour, rémoil se détachant sur un fonct d'or. Deux des traits de ce (jue nous supposons un M sont seuls plus épais que tous l«"S auties.

Émaux employés : lo vert, le bifm et le pourpre translucidts; le biauc, le blanc bleuâtre, le bleu clair opaques, ainsi

(t) N«ao de ta Noiice du Muié9 det Simerain$^ psr M. H. Barbet de Jouy.

(?) J. LâBABTE, Uittoire dtiard indus friets,,,^ t. ni, p. 572 etpassim,

(3) Puljlié par M. h Labarte, Hishire (U9 arts industriels Âlbum.

pl. xui.

Page 1