II. 0,200. - L. Û,i
r Annonciation. A droite la Vierge a£:eDoaillée devant un banc, les cheveux pendants, vêtue d'une robe brun<> rouge et d'un manteau bleu posé sur sa tête. A fçauche Fange
à nimbe crucifère, vAtu de blanc, ailes muUicolores, dans imo auréole doré»' circonscrite par des nuages bleus, surmonté d'une colombe placée dans la même auréole. Entredeux, sur le sol, un vase où croit nn lis. Au fond un lit à baldaquin et à couverture lilas, a rideaux verts, banc à dossier contre le mur qui est blea. Carrelan^i^ violet
Sur le fond, à côté de celui des rideaux du lit qui est relevé, le monogramme I. en or.
Grisaille glacée d*émaux translucides. Trait par enlevage sur une couche grise,* seconde couche blanche potir les lumières, quelques touches rouges sur les chairs. Rebauts d'or nombreux.
Revers translucide rouge pooctué.
Règne de Napoléoii UI. — CDiiatiOB Sanvageot » 1172 du Catalogue de la colIectioQ Sauvageon par M. A. Sauzay.
0 Jehan Court, dit ITIgpier*
Une grande confusion a longtemps régiié, à cause de la quasi-similitude des monogrammes et des noms,
JEHAN COUaT, DIT VlGiBR.
et souvent des œuvres, entre les émaillenrs Jehan Coui teys, Jelian de Court et Jehan Court, dit Vigier. Mais, à défaut des actes, une ode du poète limousin, Jacques Blanclion, ( uinposéeen 1583, semble nommer en tontes lettres les trois émailleurs que nous venons de citer.
Cette ode parle de :
La surartiste excellence De Testimable de Court.
ainsi que :
De la scavante industrie
D'un Vigier pour resmaflheare»
Et de la ficieniie meilheure
D'un Cortêys des mieux appris (1).
Jehan Court, dit Vigier (2), semblerait n'avoir exercé rémaillerie que pendant un petit nombre d'années, car on possède peu d'œuvres de sa main, et les seules dates que Ton y relève sont des années 1556 et 1557. Cependant c'était un émailleur des plus habiles.
Né de Jehan Court, orfèvre cité avec le surnom de Vigier en 1509, et qui était laui t en 1541, il fi.orure peut-être sons le nom de Jehan Court de Vigier dans la liste de.N ( unsuls pour les années 1529 et 1530. En 1536 , ou le trouve, sous le nom de Viijier Court, comme acquéreur d'une maison qu'il avait revendue en 1547. On le voit apparaître, en 1555, dans un autre ;ir-le. C'est en celte même année qu'il fabrique les émaux dont les signatures, parfaitement tracées, ne peuvent laisser aucune incertitude sur la façon d'écrire ?on nom, quoique des scribes inattentifs Talent plusieurs fois transcrit a Vigier dit Court. »
Trois plans existent aux archives de la Haute-Vienne, qu'il dut exécuter, par autorité de justice, vers les années 1563 et 1564. L'un porte cette mention : « Figure faicte par moy , Jean Court dict Vigier, maistre
(1) M. Maurice Ardant, la Courleys, Couri et de Courir p. 37.
•(2) 1^ Yigiers étaient des Jugcâ d'un tlegié de juridiction inférieure à cêtiil des causals»
dio
peintre de la mile de Limoges. » Ce qui ferait supposer que rémaillerie n'était point sa profession ordinaire. Nous donnons, d'après un calque que nous devons à l'obligeance de M. Maurice Ârdant la signature
apposée sur Tun de ces plans.
Marié à Leonarde Jourtlanie, il eut un fils, qui se maria en 1580, et se distingue de lui par le surnom, de « le jeune qn il prit en son contrat.
Un acte de 1583, qui mentionne la « vigne de Yigier, esniaiUeur, » fait supi»oser qu'il vivait encore, quoiqu'un registre des dimes, ronimencé vers cette époque, înenlionne « les hoirs de feu Jehan Court dict Yigier» pour la maison qu'il possédait jadis rue Manigne.
Pour Jeiian (-oiirt, dit Yigier, comme pour la plupart des émailleurs dunlnous avons en à étudier la biographie, les documents semblent témoigner d'une bien longue existence. Aussi croyons-nous que c'était l'orfèvre, son père, qui avait reçu le consulat en 1530. Mais il fallait que lui-même eût déjà dépassé vingt-cinq ans pour acquérir en 1536, de sorte qu'il serait mort au moins à soixante-douze ans , en 1583.
Son fils, qui portait le même prénom que lui, était émailleur, et dans le rôle des tailles de 1602, pour le quartier Manigne, figure ainsi : « Jehan Court, dit Yigier, et Petit-Jean, son fils : 1 écu , 2 sols, »
Mais ici la question se complique, car trois actes de baptême de 1614, 1618, 1621, sont relatifs à des enfants de ce < Jehan Gortz dict Yigier, maistre esmailleur, * qui est qualifié de « le jeune » dans le dernier, relatif à ua fils qui reçoit aussi le prénom de Jehan. Or, si c*est lui qui, marié en 1580, a déjà un fils assez grand pour être noté sur la taille de 1602, comment se fait-il
J£UAN COURT, DIT YlGi£R.
qu'il lui naisse encore, et de la même femme, Valérie de La Joinart, en outre de deux filles, un autre fils après quarante et un ans de mariage. La chose est possible, mais elle est pour le moins extraordinaire.
Les émaux signés par Jeiian Court, dit Vigier, sont assez rares, avons-nous dit. Le plus complet et le plus remarquable est une coupe munie de son couvercle, de rancienne collection Pourtalès, qui porte les ai iiifv^ de Marie-Stuart, alors qu'elle était liaûcée au Dauphin, et l inscription suivante :
A LVM0GÇ5
Elle représente, en grisaille, le Festin des Dieux, imitation de la composition de Raphaël, et sur le couvercle le Triomphe de Diane, d'après la composition gravée par J. Androuet du Cerceau dans la série de ses coupes. Un couvercle de coupe, appartenant à M"'"^ la princesse Iza Gzartoriska, qui représente, àTintéricur, le Neptune du Quos ego entouré de tritons et de néréides, et à l'extérieur des téîes séparées par des bouquets de fruits, porte la nu'ino inscription et la mémo date (1). C'est encore la même que nous trouvons sur trois plaques, exécutées en émaux de couleur sur fond blanc, qui représentent des scènes de Thistoire de Joseph, et qui apparliejanent à M. Mordret (2).
L'émail signé
appartient aujourd'hui à M. Webb , après avoir fait partie des collections Gallet et Daugny. C'est un plat au fond duquel sont représentées les Ifoces de Psyché^ d'après Raphaël.
Enfin, le Louvrepossédc les deux assiettes suivantes,
(1) Exposition rétrospecUve de IMS.— Sillepolooate.n^2M, (Andemie CDuecUon Debnigc-Duniesnil) .
C;^ N« 2604 du Gaulogue de rËxposition létrospective de Xm,
312 itMAUX PËUiTS.
dont Tane est signée 1. G. D. V.t et qui, rappelant le faire des autres pièces signées de Jehan Court dit VU gier, doivent lui être attribuées. H. Basllewskl possède
également une salière signée des mômes initiales tracées en vert sur le fond blanc du revers.
Cet émailleur, qui appartient encore à la grande époque de l'art français de la renaissance, nous semble occuper une position intermédiaire entre P. Reymond et P. Gourteys. Il possède le dessin précis et ferme du premier, avec quelque chose de la couleur du second comme le sfumaLu de ses grisailles et le ion violet de ses pièces colorées. Seulement, il est plus sobre de teintes saumonnées dans iei carnations, él le fondant de ses émaux donne à ceux--ci uneglaçure d'un brillant extraordinaire.
Mois d' Avril, — Un homme et une jeune femme en costume du temps de Henri II, sont assis sur un banc rustique, eu ;ivant d'un ridoau d arbustes. Ils se tiennent amoureusemeui enlacés, taudis qu'un fou, placé prés d'eux, étend un bras pour les tenir unis. Une table ronde est placée à droite derrière le fou, un flacon et une coupe sont à terre au premier plan. Le signe du Taureau est placé dans le bauc de la composition, dans une anréote pointillée d'or. Le monogramme •rc*D-v- est tracé en bistre roux sur le banc â gauche.
Mari y d i îcoré d'une torsade en or . Bord chargé de méandre en lanières découpées, et d'arabesques d'or.
Revers. Un grand ornement composé de deux cartourlies qui comprennent chacun un terme a grosse têle. et relient à deux groupes de découpures en forme de queue d aronde. Fond et bord décoré d'arabesques d'or.
Grisaille. Traits et premier modelé par enlevage sur une couche giis clair; rehauts en blanc éteint. Yeux ponctués de
JEflAN DB COURT
blaDc. Carnations peu colorées. Accessoires et ornemeots d'or, fond noir,
Bègne de Charles X^-^GollecttooDarand, lS»2liSa. N* 415 de U Notice des émanz, par M. le comte L. de Laborde.
û. — Assiette.
Le Mois d'Octobre. — Une femme en costume du xvi« sii'clc fist assise à ji^auche sur un tertre, au pied d'un groupe d'arbres, tenant un pain sous le bras droit, et présentant de la gauche une coupe à un semeur qui se dirige vers la droite. Un flacon est à terre devant^elle. Au-delà du champ est un fond de paysage accidenté arec une chaumière et des raines. An sommet de la composition le signe du Scorpion dans une auréole à fond d'or, à côté le mot ogtobbb est écrit en lettres d'or.
llarly décoré d'une torsade d'or.
Bord. Quatre cartouches allongés formés de cuirs découpés et enroulés, entourant chacun un masque eoiiïé d^» draperies nouées sur ies tempes, et séparées paf des bouquets de fruits, conune sur le n*^ D. 573.
Revers semblable à celui du n^ D. 589.
Grisailles. Môme facture que le numéro précédent.
Ri^ne de Charles X. — Collectioa Durand, u°s 19-2432. 416 de la Notice des émaux, par M. le comte L. de Laborde.
Jeluui de Court,
Jehan de Court est le trofsième des artistes que men tienne ainsi, en 1583, le poète J. Blanchon.
La surarliste excellence De l'estimable de Court
Veu en la royale court.
Ce dernier vers laisse supposer que cet émailleur peut être le même que le Jehan de Court qui succéda
ÉMAUX PEWTS.
à François Clouel, en 1572, dans l'office de peintre du roi (l)/et qui, en 1574 , avait peint un portrait de Henri lil, alors qu'il était duc d'Anjou.
Sur lui, les documents sont absents dans les archives du Limousin, et ne serait-il pas possible d'en faire une même personne avec un autre émailleur sur le- • quel les mômes archives sont égalem<Mit avares de documents, îj'artiste qui signe 1. C, et que I on suppose être Jean Courteys, el celui qui sienne I. D. C, et que Ton suppose être Jean de Court, pourraienl bien n être qu'un seul émailleur. En effet, deux petites plaques ovales, d'après Etienne De Laulne, qui se font pendants, et qui présentent les mêmes caractères d exécution, qui sont passées de la collection L. Fould dans celle de M. le baron de Rothschild de Vienne, portent : Tune le premier monogramme, et l'autre le second.
Les deux yers de J. Blancbon :
Et de la science meilheore D'un Corteys des mieux appris*
se rapporteraient alors à Pierre Corteys qui, croyonsnous, devait vivre encore à cette époque, et non à Jehan Gourteys , qui n'aurait jamais existé comme émailleur. Cependant, nous devons faire remarquer
une pratique constante du modelé au pointillé dans
les carnations des trois émaux que nous connaissons, et qui sont d'une cerlaïue importance comme dimensions, tandis que dans les grisailles de l'émailleur, quel que soit son nom, qui a signé I. C, les carnations sont toujours modelées par empâtement, et généralement entièrement recouvertes de bistre saumonné couché au pinceau.
L'un de ces trois émaux est signé en toutes lettres;
(1) Comte L. de LiBatDE» ta Renaimnee dei arU à la cowr de Prane$t