Un taureau furieux qui , selon quelques-uns , était
• le même sur lequel Europe passa de la Phénicie dans
la Crète , ou qui , suivant d'autres , n'était pas différent
de l'animal que Neptune fit sortir de la mer lorsque
Minos promit de sacrifier à ce Dieu la première chose
1 j^rgoTiaut. lib. IL
Sed neque ut Arcadiam petiit vis Herculis arcu X Ploidas inde Lacu Volucres Slymphalidas ullâ Pellere vi potuit : namque hoc ego lumine vidi , Ast idemutTnan,ibus Crotaluiit pulsauit in alla Bxistens spécula prospectons , protinus illœ Cum clamore procul linquentes littus ierunt.
( 45» ) qu'il rencontrerait , répandait au loin le ravr^ge et Tef^ froi. Eurysthée ordonna à Hercult de le lui apporter , et le béros accomplit ce septième travail. On peut douter que le fragment placé ici ait pu faire partie d^un monument qui aurait représenté cet exploit. On voit en effet une lutte, un combat entre un bomme et un taureau , et le premier saisissant avec force une des cornes de Tanimal. On pourrait croire plutôt que Tartiste avait montré seulement Alcide combattaint Achélous. Epris des cbarmes de DéjanirCy fille A^OEnée, roi de Calydon , j4chéloûs comptait Hercule au nombre de ses rivaux. Ils combattirent, et Achélous, d'abord vailifeufr* sous la forme bumaine , prit ceHe d'un immense serpent ou d'un dragon , et enfin se transforma en taureau. Hercule le saisit alors par les cornes , en arracha une , et le força de lui abandonner Déjanire et d'aller se cacher dans le fleuve Thoas qui reçut le nom d'^cAeloûs. Ce mythe a beaucoup de rapport à ce que paraît indiquer le fragment placé sous ce numéro.
78. Ce cheval vu à moitié , ainsi que la tête placée sous le même numéro , a pu faire partie d'un bas -relief où Ton aurait représenté Hercule accomplissant le huitième travail, ou amenant à- Eurysthée les chevaux de DiomèJe, Ces fragmens proviennent peut-être aussi d'un bas-relief dans lequel on voyait le combat à^Her^ cule contre les Amazones. Alors ils pourraient se rattacher .au morceau suivant.
79. Le mythe des Amazones a été diversement raconté. Apollodore dit qa'Hippol) te y fille de Mars ai XOlréra, reine des Amazones , portait la ceinture de Mars. La fille S! Eurysthée voulut l'avoir , et Hercule reçut l'ordre de s'en emparer. Il descendit à Thémiscyra avec Thésée et quelques autres guerriers. Hippoly te lui promit cet objet précieux; mais Junon, sous les traits d'une Amazone , excita les autres à s'opposer au Héros qui voulait , disait-elle , enlever la Reine. Hercule voyant accourir de toute part ces femmes guerrières , se crut trahi : il attaqua Hippolyte, il la iuafj mit les Amazones en fuite ,
«I porta la ceinture à Eurjsîhée. Quelques auteurs racontent que Ménaltppe était reine des Amazones , et qo! Hippolyte j Fune'd'entr'elles, refusa de donner la ceinture que demandait la fille d^Eurystkce. Un cQnd)at eut lieu ; les plus vaillantes Amazones furent tuées , et Ménalippe ne recouvra sa liberté qu'en livrant la ceinture diUippoljte, qui devint l'esclave de Thésée.
Ce fragment représente une Amazone à cheval et fuyant ; la pacrtie supérieure manque. On a placé sous le n.o 80 un autre fragment qui représente hipelta, sorte de bouclier que l'on donne aux Amazones.
SI.Geryon, fils de Chrysaor et de Galliroé, était roi d^Espagne, ou des Baléares, ou de l'île d'Erythea y qui , selon quelques-uns , serait l'île de Gadir ou de Gadès. n avait des troupeaux de bœufs de couleur de pourpre : Eurysthée chargea Hercule de les enlever. Le géant Eur) thion en était le gardien , et avait avec lui un chien à deux têtes , nommé Orthrus , né de Typhon et S'Echidna, Hercule tua d'abord l'un et l'autre. Alors Ger) on s'avança pour le combattre sur les bords du fleuve Anthémus. La fable donne à ce Roi trois têtes, trois corps, six bras et six jambes : Junon le protégeait i il fut cependant vaincu et tué par Akide qui amena ses bœufs à Eurysthée.
Les artistes ne pouvaient guères dessiner avec succès ce géant ayant trois corps et ce grand nombre de bras • et de jambes : ils ont le plus souvent présenté de profil un groupe de trois guerriers attaquant Alcide; mais l'auteur du bas-relief que nous représentons a seulement donné trois têtes à Geryon, Il est cuirassé; sa main droite tenait une épée : son bras gauche soulevait un bouclier. La coiffure de chaque tète ressemble au Como phrygien, seulement à celle du milieu ce bonnet est attaché sous le menton. Ici Geryon est terrassé par Hercule. Cette figure est presqu'entière. On n'a conservé que la partie supérieure de celle du héros.
Ce bas-rehef a été découvert à Martres, sous nos
yeux, le 21 septembre 1 8a6. Sa hauteur est , comme pour les précédens, de i mètre 52 centiniètres sur environ g 5 centimètres de largeur.
82. Le onzième, travail imposé à Hercule était l'enlèvement des pommes d'or des lïespérides. On sait que sous le nom d^Hespérides oq. désigne des Nymphes, filles âiHespérus, frère S! Atlas, sçlon quelques-uns j dî! Atlas et d'Hespéris suivant d'autres; de VErèbe et de la Nuit, ou de Phorcys et de Céto, d'après le S«ho- Uaste d'Âpollodore et Hygin. Elles habitaient des jardins célèbres dans l'antiquité , et où croissaient des pommes d'or qui étaient consacrées à Vénus. Eurysthée voulut avoir ces fruits, et Hercule en fit la conquête. Dans des mythes bien dijSerens , les anciens racontent les circonstances de cette entreprise. Vainqueur du dragon à cent têtes qui gardait les pommes d'or ■ y jilcide apporta ces fruits merveilleux à Eurysthée*
L'avant-bras gauche placé sous ce numéro a du faire partie d'un monument qui représentait Hercule rapportant les pommes d'or qu'il tenait dans sa main. Ce bas-relief était peut-être plus grand que ceux que nous avons décrits , et qui représentent les autres travaux dUAlcïde. Les proportions paraissent avoir été semblables à celles du bas-relief où l'on voit Sérapis. Le bras droit, placé sous le même numérota peut-être fait partie au même bas-relief.
83. Hercule fut initié aux petit? mystères sur les bords de ITlissus, et, suivant Aristides 2, cette sorte d'initiation fut instituée en faveur S! Hercule, que sa qualité d'étranger excluait de la grande initiation pratiquée à Eleusis. Dans ces mystères, le Calatkus, la Ciste sacrée et le Van, objets fornvés en osier , qui renfermaient des objets sacrés , et d'où s'échappait quelquefois un ser-
,1 II était né de Typhon et ^Eckydna ou de la Terre , et fut nommé Jjadon» t
2 Orat* in Hercui. id* inLeuctric.
pent y étaient montrés aux regards die ceux que Ton admettait à l'initiation.
DanS'le bas-relief dont on voit un fragment sous ce numéro , Hercule appuie le pied droit sur une Ciste ou sur un Calathus, et l'on a pu croire que l'on a voulu représenter ainsi ce Demi-Dieu admis à la connaissance des mystères de l'initiation. D'autres fragmens du même bas-relief ont été retrouvés, et se rajustent avec celui-ci, mais seulement par quelques points , et l'on n'a pas encore tenté la restauration de ce morceau. La tête placée sous le n.*' 86 appartient à ce monument*
84. Cette tête qui a fait partie d'un bas-relief représentant l'un des mythes d'Hercule, représente ce héros encore dans l'adolescence. Ce morceau provient, conune les précédens , des champs de Martres.
85. Cette autre tète, couverte de la dépouille du lion de Némée, a, de même, appartenu à un des bas-reliefs qui représentaient les exploits d! Hercule.
86. Tète barbue S! Hercule , qui a fait partie du bas-rélief ^ placé sous le n.» 83.
87. On ne peut déterminer à quelle aventure d!Alcide a rapport ce fragment , qui n'offre qu'une main vigoureuse., salissant une tête barbue , coiffée conune celles de Geryoru L'artiste a-t-il voulu offrir le héros terrassant ErgîmiSy ou Mjgdo, ou Halcjonéus, ou Eurjthus, ou Sarpedon, ou Busiris, ou Alebio, ou Dercymus, ou Croto^ ou XJacuSy ou Cycnus^ ou Euryte, ou Tauriscus, tyran qui régnait dans les Gaules 2 Lé nombre des exploits du Demi-Dieu , fils d^Alcmènej^ est si grand, que , ne trouvant ici aucun symbole , aucune indication particuHère, on ne peut même tenter de donner une explication de ce fragment.
88. Découvert près des .débris des divers bas-reliefs que l'ojQ vient d'examiner, ce morceau, où l'on remarque le même système de travail , a pu faire partie d'un monument qui représentait Hercule combattant les Centaures.
( 46 ) 89* Les fragmens placés sous ce numéra ont fait pertM des bas-reliefs qui représentaient les mythes à! Hercule,
90. Cette tête, en bas-relief et d'un très-bon style, a fait partie d*un monument d'une assez forte dimension. Le travail n^a point d^analogie avec celui de la' plus grande partie de ceux qui ofirent les mythes à^Jllcide, et il ressemble beaucoup à celui du bas-relief de Sérapis. La forme de la barbe, et les bandelettes qui pressent les cheveux , donnent à cette tètë beaucoup de ressemblance à celle de Jupiter.
91. Cq bas-relief repriésente deux Faunes, de sexe diffé* rcnt et assis. L'état de mutilation de ce petit monument excite des regrets. On peut croire qui! en existait un autre où l'on voyait aussi des Faunes , car on a trouvé dans les fouilles quelques débris qui Findiquent.
92. Bas-relief en marbre blanc, d'un travail très-médiocre, représentant le Sommeil, ou le Dieu Somnus *. Ce mo. nument a été découvert près d'Avignonet , petite ville
• du département de la Haute-Garonne.
93. Fragment d'un bas-relief représentant Minen^e. U est , probable qu'il faisait partie de l'un des monumehs où
l'on avait retracé les aventures iH Hercule. Nous savons en eflFet que ce héros, forcé de combattre contre Pluton, fut aidé par Minerve ^, et c'est peut-être ce trait que l'artiste avait oflFert dans l'un de ces bas-reliefs. Il aurait )u aussi retracer Minerve donnant à Alcide l'instrument le cuivre avec lequel il efiraya les oiseaux du Lac Stymphale, ou tuant le Cancre qui voulait secourir Y Hydre de Lerne.
94. On a cru reconnaître dans ce groupe , dont la partie inférieure n^a pas été retrouvée, la lutte d'iTercu/e et S!Anthéey à Tinstant où le héros soulève son redoutable adversaire* Selon des notes déposées dans les
1 Monumens religieux ^ 3a3 , pL YI , n.« 36.
s Païuan. in Eliac.
( 49 ) ' ùioiiÎTes de rAcadêmie de eette ville , on aurait découvert ce mmiument à Marquefave, village du département dts la Haute-Garonne >. Néanmoins son antiquité nous parait encore douteuse.
96. Ilcsione fut exposée sur un rocher au monstre marin nommé Céto, envoyé par Neptune irrité contre Laomédon, père d'tfe,5Wie, qui n'avait point récompensé le Dieu du service qu'il lui avait rendu en bâtissant les murs de Truie. Hercule délivra la princesse et tua le monstre. Quelques monumens antiques représentent ce mythe , et Ton a ci^ que le fragment placé sous ce numéro, rappelait aussi cette aventure. Mais il ne reste |>lusqu%in pied et une cuisse du héros, la tête du monstre marin , et une petite figure de femme , remarquable par k grâce de la composition. On n'a point la tète de ce précieux objet, et les conjecturés que Ton peut former sur le tout, seront sans doute toujours vagues et obscures. On aurait pu reconnaître ici Persée délivrant Andromède : les iormes élégantes et juvéniles du pied se prêteraient assez à cette interprétation j mais Persée pc^rte le plus souvent les talonnières que Mercure l«i avait prêtées. Peut-être on voyait id Hercule y Hésîone et Tétamon, ami à^jikide, qui quelquefois déUvre la fille de Laomédon.
96» Ce fragment de bas-relief en maître blanc provient • d'un temple, dont les ruines furent découvertes dans la Garonne , pendant le i^."** siècle, entre le pont de Toulouse et le moulin du Bazacle. Ce morceau représente deux femmes : Tune d'elles est armée d'une épée; une autre traîne par les cheveux un homme vaincu et terrassé. La partie inférieure de cette portion du basrelief existe encore dans la maison du peintre Rivalz. Le style du dessin est élégant et. correct, et l'exécution annonce un vrai talent.