‹ Notice des monumens antiques et des objets de sculpture moderne conservésChapitre 12 sur 84 · REPRESENTANT DES DIVINITÉS · texte numérisé non relu

REPRESENTANT DES DIVINITÉS

58. Ce petit buste dUsis est évidemment romain; il parait qu'il était destiné à être porté comme une amulette. L'universalité du culte de cette Déesse a fait multipUer et répandre ses monumens dans toutes les parties de Fempire romain. Celui-ci provient du village de Tredos ,

(»8) dans la FalUe J^Àran^ petit canton qui , bien que sitaé sur le revers septentrional des Pyrénées , fait cependant

Sartie de l'Espagne, mais qui, autrefois, était enclavé ans le territoire des Con\fenœ ^ nommé plus tard U Comminge.

Nos recherches ont produit la découverte de quelques marbres qui prouvent les honneurs rendus à Isis par les habitans de la Gaule narbonnaise et de TÂquitaine. On a vu plus haut (n.o 3o ) un autel votif sur lequel on lit ces inscriptions :

ISIDI ISIDI

VICTRIGI. aEQINJE.

Dans d'autres inscriptions antiques Isis a aussi le titre de p^ictricis » . Apulée ^ nous apprend que les Egyptiens donnaient le nom de Reine k Isis. Dans le discours que cette Déesse adresse à Lucius, elfe dit : (( Je suis la Nature , mère des choses , maîtresse des élémens , le commencement des siècles , la souveraine des Dieux, la reine des mânes, la première des natures célestes, la face uniforme des Dieux et des Déesses; je dominé la sublimité lumineuse des cieux , les vents salutaires des mers , le silence lugubre des enfers; ma Divinité unique est honorée dans tout l'univers , mais sous différentes formes , sous plusieurs noms et par des cérémonies diverses. Les Phrygiens , les premiers nés des hommes, m appellent la Pessinuntienne , Mère des dieux ; les Athéniens, Jlfineive Cécropienne ; Ceux de Cypre , F^énus de Paphos; les Cretois , Diane Dicfynne; les Siciliens., qui parlent trois langues, -Pro^e/yi/ie Siygienne;\es habitans d'Eleusis , V ancienne Déesse , Cerès ; d'autres , Junon ; d'autres , ^e Wo7ï6; quelques-uns, jffecatef quelques autres , -fiAamnusie; Mais les Egyptiens , qui sont instruits de l'antique doctrine, m'honorent avec des cérémonies qui me sont

1 Gruter , lxxxiy , a.

Du Mège , Mémoires ds la Société royale des Antiquaires de France , II, 76-82.

3 Metamorph. lib. XI.

J>tt>pres et convenables , et m'appellent , de mon vrai

nom , la Reine Isis* »

59. Si , d'après les systèmes des myth?)logues , Fénus n'était pas différente à^lsis, on doit cependant remarquer que ses mythes , entièrement différens , ont un ctiarme que n'offrent jamais cewx de la puissante épouse d'Osiris. Quatre Déités , suivant Cicéron , portèrent le nom de F^énus y la première était fille du Ciel et du Jour; la seconde était née de Cœlus et de l'écume des mers , et fut nommée Aphrodite ^ du mot aphros qui signifie écume ; la troisième était fille de Tyrius et de Syria; et la quatrième, de Jupiter et de Dione. Bien avant Apulée , le poète Lucrèce ^ regardait f^énus comme la première des causes. « O volupté des hommes et des Dieux , lui disait-il ; douce F'énus , toi qui fais lever sur la mer les signes célestes qui la rendent navigable et qui couvres la terre de fruits; c'est par toi que tout ce qui respire est engendré et voit l'éclatante lumière du soleil ; tu donnes seule des lois à la nature. )>

Hominum Divumque voluptas

Aima Venus , cœli super labentia signa Quœ mare navigérum , quœ terras frugiferentes Concélébras, Fer te quoniam genus omne animantum Concipitur j visitque exortum iumina solis

Quœ quoniam rerum naiuram sola guhemas.

Les habitans de la partie méridionale des Gaules rendirent de solennels hommages à la Déesse de la beauté : le temple de Vénus Pyrénéene^ bâti sur les bords de la Méditerranée , était célèbre , et révéré par les navififateurs. Des monumens nombreux attestent le culte rendu à Cythérée dans la Novempopuiame et dans la région possédée par les Tolosates 3. Lèbret ^ - A parlé d'une tète de Vénus trouvée à Martres, vers le

I De Naturâ Deorum , lib. III.

a De rerum Nat, lib. I. '

3 Monumens religieux, 267 et suiv.

4 LeUres diverse». «

milieu du 1 7.™* siècle , et qui, après avoir été conservée pendajfit long-temps dans le Palais épiscopal de Rieux, a, d'après notre demande, été déposée dans le Musée par M. Palenc, ancien Maire de cette petite ville* <( Nous ^f mes, dit Lebret, dans une des salies de PEvêché , des restes de sculpture qui ne cèdent point à ceux

2ue l'on va tous les jours en foule admirer en Italie* le sont huit tètes de marbre , dont l'une est de Bacchus ", une autre d'un vieillard que je crois Silène, son père nouiricier , celle d'un JSatyre , trois autres de Bacchantes, comme je le jugeai à leurs cheveux entortillés de Herre; la septième d'une femme qui pourrait bien être ^riadnCy maîtresse de Bacchus, ou plutôt Cérès qui est souvent. invoquée avec ce Dieu, et la huitième celle d'une femme que Gervais ^ , habile sculpteur de Toulouse, croit être de Vénus y parce qu'elle a b^ucoup de rapport avec le tronc de la statue de cette déesse , qui e^t chez M. de Frezals , Conseiller au Parlement , à qui on l'apporta, il y a quelques années, du même lieu où l'on vient de trouver tout cela, » Cette tète en marbre de Luni, a souffert anciennement quelques mutilations ; l'extrémité du nez a été brisée ainsi qu'une partie de la bouche.

60. Bien ^périeure à ce morceau, et même à tout ce qui a été découvert dans les champs de Martres , la tète que l'on voit sous ce numéro, peut être considérée comme l'un des chefs-d'œuvres de l'art statuaire. On ne peut que conjecturer que le monument indiqué ci-dessus, représente Vénus ^ mais ici il ny a point de doutes. L'imitation de la nature dans ce qu'elle a produit de plus parfait, et le beau idéal même, n'auraient pu représenter sous de plus admirables formes, cette déesse que Lucrèce a nommée la Volupté des hommes et des Dieux. Une bandelette presse et s'enroule deux fois autour de la chevelure. On re-

1 Elle est maintenant dana le Miuée.

3 Geryais Drouet.

( 3' ) trotxv« âsms les traits ce contour délicat^ pur et grac^eiis: <fui est la véritable' ligne de beauté. Nous ne croyons point que l'art ait enfanté chez les Grecs une plu3 agréable image. Cette tête en marbre de Parosy (et qui, d'après les indications de la partie inférieure du cou, doit avoir été ajustée sur un buste, peut'-étre même sur une statue, est d'une conservation presqu'entière. L'extrémité du nez, avait seule un peu sou^Gert. Les cheveux sont faits avec cette facilité', ce laisser-aller, que l'on remarque quelquefois dans le travail des mêmes objets lorsqu'ils ont été représentés par les plus célèbres artistes de l'antiquité;

£1 • En lisant un passade des lettres de Lebret , on a vu, supra y pag. 3o , que Ton avait cru retrouver, à Martres, pendant le ly.n^e siècle, une tête di Ariane; mais que ceti^ tête pouvait aussi être celle de Cérès. Cette incertitude provenait sans doute de ce qu'aucun attribut •particulier ne déterminait d'une manière précise qu'elle était la déesse représentée par cette tête. On ne saurait élever d@ doutes semblables pour le monument mis sous ce numéro^ La tête , en marbre blanc veiné de rouge vers la partie inférieure , est bien celle d! Ariane. Ce n'est pluç l'amante de Thésée, abandonnée sur les rochers de '!i^ij[)Sy c'est l'épouse du 6ls de Jupiter et de Semélé, dans tout l'éclat de sa beauté. La couronne bacchique fyrmée de feuilles de lierre et de grappes de corymbe, presse ses cheveux ajustés avec grâce et relevés en nœud derrière la tête. Le vêtement qui couvre le buste , sans déguiser les formes* les plus heureuses , est rouge, et ce n'est pas sans dessein que l'artiste a donné une tunique de cette couleur à l'immortelle époiise du Dieu des vendanges^ Ce monument , qui* n'a exigé que peu de restaurations, est du à un artiste grec du plus rare niiérite, La grâce et la pureté des contours, la légèreté du travail, mettent ce buste au rang des morteaux les plus précieux que possède le Musée. Il est placé, ainsi que la tête de Fénus , sur mtk cippe en marbre de Cannes.

62. Ce petit buste en hennés " , est éncoi^e une ptéciétiâé représentation S! Ariane. La conservation est parfaite j et plus de vingt siècles ont passé sur ce monument sans en altérer les formes enchanteresses. Le marbre dont il est formé , a seulement pris une teinte jaune plus vigoureuse , plus prononcée. Les cheveux sont ceints d'une couronne de feuilles de lierre , de corymbes et de grappes de raisins ; quelques-uns retombent avec grâce autour du cou et sur le haut de la poitrine. On a placé ce bilste sur un cippe en marbre.

63. Les anciens ont multiplié presqu'à l'infini les tètes de Bacchus indien ou Barbu ^ mais les collections connues en ojBFrent peu d'une aussi grande perfection de travail, et d'un volume aussi petit que celui-ci. Cette tête a est à peu près de la même proportion que celle S! Ariane que nous venons de décrire , et l'on pourrait croire d'abord, le marbre étant à peu près le même, que ces deux objets ont formé autrefois un hermès à deux têtes. Mais la partie inférieure de ce petit monument n'ayant pas été retrouvée, et le travail étant encore plus digne d'attirer l'attention que celui du buste du Ariane y on ne peut rien affirmer à ce sujet. Les cheveux de Bacchus , environnés d'un diadème , sont frisés sur le devant. Sa longue barbe est coupée d'une manière uniforme. Les yeux ont été creusés pour y rapporter des prunelles en émail ou en quelque pierre précieuse.

64. Cette tète , en marbre de Luni , était sans doute appliquée, comme un masque, sur un autre monument. On remarque encore le trou qui devait recevoir un morceau de métal destiné à la retenir. C'est cette tète de Bacchus àont parle Lebret, et qui , découverte à Martres, avait jadis été transportée à Rieux. Le travail

1 II n'a que 21 centimètres de hauteur, a Elle n'a que 16 centimètres de haut.

en ^st très-médiocre > , et la conseryation peu satisfaisante. L^auteur de cette Notice avait , depuid plus de i a ans 9 déposé ce morceau dans le Musée de Toulouse.

Rien ne saurait mieux démontrer la richesse monumentale de hif^illa romaine découverte dans les champs de Martres, et qui, selon nos conjectures, aurait fait partie àeCalagurris des Com^enœ^ que le nombre et la grandeur des morceaux de sculpture qui étaient encastrés dans ses cAurs. Sans doute, ces sculptures architecturales, la plupart exécutées en marbre des Pyrénées , . n'ont, ni la pureté des formes, ni k style gracieux ou sévère des monumens détachés, trouvés dans le même lieu , et que nous avons décrits , ou qui bientôt vont être indiqués ; mais on y reconnaît cependant des productions estimables de l'art antique , et le fini qui leur manque quelquefois ne doit être même attribué qu'à la position élevée qu'ils devaient occuper dans l'édifice, position qui exigeait plutôt l'emploi du grandiose , que la recherche des détails et la grâce de l'ensemble. Ces remarques nous ont paru devoir précéder la description des médaillons et des grands bas-reliefs de la pailla que nous avons retrouvée.

65. Médaillon circulaire qui contient le buste de Jupiter. La tête du Dieu est ceinte du large bandeau qull porte souvent ^. La barbe descend en torsades parallèles sur le cou. Les cheveux sont de même arrangés d'une .manière i^iiforme des deux côtés. L'épaule droite de ce buste, qui est en très-grand relief, a étç restaurée. Le masque avait peu souffert.

66. Médaillon un peu plus grand 3 ^ et qui contient le buste colossal de Cybèle. Cette déesse est parfaitement caractérisée par la couronné murale, ou ornée de tours, qui est placée sur sa tête, et que re-

1 Monumens religieux, aGa , 203.

2 Ce médaillon a 64 centimètres de diamètre.

3 II a 82 centimètres de haut sur 60 de large.

(34) éMt^hré p» .derrière une large draperie qui s'étend fti^èè 5Ur les épaules. Suivant Lucrèce i, le front de la Déesse était bmé d^une couronne murale y pai>ce (|ae la terre est couverte de villes et de forteresses.

Muralique caput summum cinxere corontt , Eximiis muniia locis quia susiinet urbes,

67. Le buste èUjiUes, Attls, Aitys y Attin ou Atys ne pouvait être mieux placé que dans Tenceinte décorée par celui de Cyoèle. On connaît Tamour que la Déesse conçut pour ce jeune homme. Suivant plusieurs écrivains, il eut pour mère Nana, fille du roi Sarganus ; quelques mythologues lui donnent pour père Calaûs y roi de Phrygie. Epris des attraits de la nymphe San^arïs , il se déroba aux empressemens de Cybele'; celle-ci fit mourir Sc^ngaris en coupant un arbre auquel ses jours étaient attachés , 'et ^fj^^ , dans sa douleur , pratiqua sur lui une mutilatioâ à laquelle tes Galles ^ ou prêtres de la grande Dée^e^ furent soumis dans la suite. Mais Çybèïe rendit à celui

Jumelle aimait ce que, dans son désespoir, il avait peru. Les monumens représentent quelquefois Atys et Cybèle^ et des inscriptions leur sont consacrées en ^commun* Ai^i sur ua marbre rapporté par Giliter, et eu les deux personnages Mythologiques paraisseM » , on lit en abrégé une consécration à la Mère des Dieux , Grande Idécuney et à Atys:

^. D. M. I. ET ATTINIS. ,

La tète S! Atys est couverte du Corno ou beiiBet Phrygien. Ses cheveux tombent en longues boucles des deux côtés. Il a fallu restaurer Tépaule droite et ia ^itrine.

1 De rerum Naturâ,

3 Cybele siue Ideœ Deorum Mater turrita, in curru sedens, à leo^ mibuB vehitur, dextrâ spicas mitiumque, sinistrâ tympanum tenens,

Stat conirà Attis puer pitini innixus, mithratus b'racchcuuque dexiraniento subjecia, ^inistrd etiam tympanum teneru, et peaum iiii à ttrgo astai.

68* Les images df tons les Dieux de la première classp

seryaieat à la décoratioa du vaste édince dont nous

aTons retrouvé les ruines, et ce médaillon offre, selon

toute apparence, la figure de Junon, épouse et sœur de

Jupiter. Ses traits ont de la grandeur, de la majesté.

Un diadème ceint sa tète : les cheveux sont disposés

avec art.

69. Ce médaillon a été presquVntièrement rétabli à Taide des fragmens épars que Ton a retrouvés dans les fouilles; la face seule a du être restaurée. Minerve est la déite représentée par ce marbre : elle porte Tégide et le , casque , sur lequel des griffons sont sculptés. Suivant Homère y la tête de la Gorgone était gravée sur la redoutable égide de Minerve : Virgile ajoute qu'elle rétait aussi sur sa cuirasse , à Tcndroit qui couvrait la

Soit fine de la Déesse. Uartiste auquel on doit ce méaillon s'est conformé à la tradition conservée par le poète latin , et le devant de la cuirasse est orné de la tête de Méduse^ et des serpens qui s'enlaçaient dans ses cheveux. Le plus grand des lyriques grecs , Pindare , dit que Minen^e, qui secondait Persée lorsqu'il combattait contre Méduse ^, fut étonnée de la mélodie que formaient les gémissemens des Gorgones et les sifilemens de leurs serpens, et que, trouvant un certain charme dans le mélange de ces accens lugubres , elle voulut en retracer l'idée , en inventant une flûte qui les imitait, et, qu'en faisant allusion à ce qui en avait été le premier modèle , elle appela les divers sons que l'on en tirait, une harmonie à plusieurs têtes.

70. Les divers médaillons qui décoraient la Pailla découverte à Martres, n'ont pas tous été reti^ouvés : de nonibreux fragmens recueillis dans les fouilles n'ont pu

f La tête de Méduse parait sus les boucliers représentés dans les bas-relîefs qui décorent les Arcs de triomphe. On la voit ornant les boucliers sculptés sur les frises encastrées dans les murs des porte$ de Béziers et de Perpignan , à Narbonne ; sur les bas-reliefs de Valcabrère ^ etc. Nous donnons ces divers monumens dans Vj^rchœologie pyrénéenne.

être ajustés de nouveau , mais les principaux sont disposés de manière à ne point priver le public de leur vue. Ainsi une belle tête qui, par l'ajusteme^t des cheveux et l'agrément répandu dans les traits , pourrait être prise pour celle de Vénus ^ a été unie à un buste moulé sur celui de Junon, Un diadème orne cette tète qui, sous le rapport de l'art, paraît pré- - férable à celle des autres médaillons dont on a dé^à parlé.

71 . Ce médaillon n'of&e d'antique que la tète de DéesSfe qui y a été adaptée.

72. Vulcaîîiy nommé Ephaistos par les* Grecs », était toujours représenté , comme ici , avec une barbe épaisse , et portant un bonnet rond ou pileus. Souvent il a un vêtement qui ne descend que jusqu'au dessus du genou. Les tenailles qu'il porte dans sa main gauche ont, dans ce médaillon , été figurées près de sa tète. Le torse appartient à un autre monument ; mais les proportions ne diflFèrent pas d'une manière essentielle , et le travail

' large et facile de ces deux morceaux paraissant indiquer quHls sont l'ouvrage «lu même sculpteur, on a cru pouvoir les réunir et en former un ensemble. Des restaurations pareilles ont quelquefois été pratiquées dans les temps anciens, et ont encore lieu chaque jour dans les grandes collections formées en Europe, et où l'on a senti le besoin d'utiliser des restes précieux qui pouvaieiit , par leur rapprochement , acquérir un plus grand prix.

73. On n'a point retrouvé les têtes qui auraient complété les bustes sculptés dans ces trois médaillons , dont les proportions sont un peu moins fortes que celles des précédens.

74. Sérapis est , dit Millin, une Divinité obscure et difficile à expliquer dans la mythologie égyptienne. Suivant

1 G^nhf.

saint Augastin i,^ Sérapis aurait été on roi d^Argos qui ayant passé en Egypte, y mourut ^j et cpii fut adoré ensuite sous le nom de Sarapis. Mais, suivant quelques autres, on peut fixer au règne de Ptolémée Philadelphe Tintroduction du culte de ce Dieu en Egypte. Ce fut ce Prince qui envoya chercher la statue de Sérapis à Sinope. Ce monument sacré fut placé dans un faubourg d'Alexandrie nommé Rhacotis , et on lui éleva ensuite , sous le titre de Serapeum , un magnifique temple. Le Dieu dont Ptolémée fit ainsi recevoir le culte, n^était d'abord connu que sous le nom de Pluion, et ce fut en Egypte qu'il reçut celui de Sérapis. Le Dieu de VAmenini^ ou Enfer égyptien, était Osiris; Platon ou Sérapis j présidant au même Ueu, fut confondu avec lui, et c'est peut-être par cette raison que l'on doit expliquer la îaciUté avec laquelle, le nouveau culte pénétra dans - toutes les parties de l'Egypte , où on éleva quarante-deux temples à Sérapis. Diodore'^ dit que, suivant les uns, il ne mfierait point d'0.fim, de BaxxJiuSy de Pluton\ que suivant d'autres il était Jupiter^ Pan, Amman, et que sous le nom de Sérapis on reconnaissait en lui le Platon des Grecs. Martianus Gapella annonce que Sérapis est le même que le Soleil, puisque , dans son hymne à cet astre , il lui dit qu'il était adoré sous le nom à! Osiris et de Se" rapis^ sur les rives du Nil et à Memphis; que dans les fêtes d'hiver on l'appelait Mythras^ Platon^ le barbare Typhon^ qu'on le révérait sous le nom de bel Atys , de V Enfant chéri de la charrue, d^Ammon et di Adonis. L'empereur Julien consultant l'oracle à! Apollon pour savoir en quoi ce Dieu différait des autres, reçut pour réponse que Jupiter^ Sérapis et Platon étaient la même Divinité. Pour mieux indiquer qu'il ne différait point de Platon, les anciens plaçaient près de lui le chien des eiifers, Cerbère. Suivant Porphyre ^ , cet animal

•WF»

1 De Ciuitate Dei , lib. XVIII, e. 5.

2 Clément d'Alex.^ Strom. lib. L 5 Diod. Sic, lib. I , o. 55.

4 Euseb. Prapar. Evang. lib. III , c. ii.

trîcéphàle qui accompagne Sérapis désigne les troia^ points de la route du soleil sur l'boiTjsdn , le Levant ^ le Midi et le Couchant , et ce serait une nouvelle preuve que ce Dieu ne différait pas du SoleiL H s'appuyait quelquefois sur un bâton autour dnquel s'entortillait un serpent , ce qui le rapprochait diEsculape ; souverrt il tenait une haste pure , comme Jupiter* Le rhéteur Ari^tides ' assure que Sérapis était dépositaire de toutes les forces dp la nature; qu'il exauçait tous les vœux que i'homme pouvait former ; que tous les biens dont on jouissait sur la terre étaient des émanations de ce Dieu, qui réunissait à lui seul la puissance de tous les aulres immortels; qu'il était à la fois le plus doux et le plus redotîtable d'entr'èux ; qae les villes , et leurs places publiées , et les ports , tout était plein de monumens qui ^elraicaient le souvenir des prodiges opérés par ce Dieu biebfai^sant. Son culte fut porté à Rome , et le Sénat per^ init de lui élever un temple hors des murs. Le peuple coîhstï^isit cet édifice sacré près des murailles, mais dans l'iiitérieùr de la ville : cette infraction dans l'exécution ^u dédrét irrita le Sénat qui fit'détridre le temple. Dans lia «uite Publius Victor plaça dans le cirque de Flatniiiius un iautel dédié à Sérapis j et bientôt un temple liiagnifique remplaça ce Tnonument provisoire éi prît le ïibm de Serdpeum^ comme celui d'Alexandrie. Quelques Villes d^ItaKe imitèrent cet exemple, et de là le ciulte de Sérapis gdgna de proche en proche jusque dans les Gaules. Oh y Voit cependant peu de figures âe Ce i)ieu , et celle qui a été découverte à Martres est la ^wle que nous ayons trouvée dans les lieux où nos recherches se sont étendues.

Ge bas-relief, en marbre blanc de Lurii^ est d'un 'assez bon travail ; il a i mètre 84 centimètres de haut , «ur 80 centimètres de large ; la tête est couverte du modius ou boisseau,, que nous avons 4ejà vu .sur celle dVsis 2 ; il tient du côté gauche une corne d'abondance

1 Orat. in Serapim,

2 Suprà*

pleine de fruits , ioclîcatioii des bieniaits qu'il l^fjlfuid eurla terre* A ses pieds, du côté droit, est le cbien tricépliale ou Cerbère

n mauque à cette figure Vestrémité du l^ras droit dont la maîa devait tenir une haste pure , ou un bâton pareil à celui à'Esculape ; le Laut des jambes i;i'a pas été retrouvé. Les pieds sont antiques.

75. Les artistes ont souvent représenté les mythes d'/Tçrcuh» Les nombreuses aventui^s de ce héros devaient en effet fournir à la glyptique ou à la statuaijre un grand nombre de sujets , mais presque to;ujours ter* ribles. Les anciens aimaient à embellir leurs demeures de ces sortes de sujets , et il paraît que dans Tune des somptueuses habitations découvertes par nous dans les champs de Martres , on avait représenté tous les travaux du fils XJlcmène. Nous n'avons encore pu% rajuster qu'uine partie des fragmens de ces bas-reliefs , qui ont été mutilés très -anciennement. Ils avaient environ i mètre "Sa centimètres de haut sur gS centimètres de large ; un cadre environnait chacun d'eux. En suivant Tordre ordinaire dans lequel lés mythologuesplacent les douze travaux à' Hercule, ilaurait fallu mettre sous ce numéro jélcide triomphant du Liop ^ de Némée; mais le bas-relief qui représentait cet exploit n'a pas été retrouvé , et c'est le combat contre THydre. de terne qui commence ici la série de ces bas-reliçfs. Ce monument a souffert beaucoup de mutilaticms. La cuisse gauche et la jambe du même côte ne subdstent plus; le bras droit qui était ar'«f,^e *a massue manque aussi. On connait le mythe de 1 Hydre. Ce monstre vivait dans un marais, près de Lernse, en Arffohde. Pausanias dit que Pisander, de Camirus, tut le premier qui la représenta avec plusieurs têtes : on a beaucoup varié dans Vindication du nombre de cellej-ci , car les uns en comptent sept, auelques-unsneuf , etd autres cent. L'i^irfre était née de l'union à'Echidna et de Typhon. Elle était sur une colhnç , près de la lontame Àmymone, lorsque, accompagné de Johus, Hercfile

rattaqua» Les flèches ardentes c[uMl lui lança d'abord ne produisirent d'autre effet que de l'obliger à sortir de son gîte. Hercule combattit contre elle, soit avec la Harpa ou épée ensiforme , suivant les uns , soit avec sa lAassue , selon quelques autres. Mais à peine avait-il^ abattu une des têtes Au. monstre que deux autres naissaient et se dressaient avec furie ; V Hydre enlaça même les jambes du héros. Jolaûs vint à son secours , et apportant des branches enflammées , il empêcha par l'action du feu la reproduction de ces têtes terribles. Dans ce bas-relief, V Hydre entortille, soit de sa queue , soit du cou de l'une de ses têtes, la jambe droite d'ZTercuUj comme sur un des bas-reliefs de la Filla AlbanL Le Demi-Dieu essaie de contenir avec sa main gauche les mouvemens du monstre, afin de le frapper avec plus d'assurance de . la massue dont son bras droit est ' armé. Dans le haut du bas-relîef , on voit Jolaûs qui dirige une torche vers V Hydre j et qui embrase la partie déjà frappée par Hercule,^

76. Un bas-relief représentant la biche aux cornes d'or et aux pieds d'airain, poursuivie par Hercule y et se réfugiant près de Diane , avait sans doute été mis près de celui qui vient d'être décrit; mais ce monument n'a pas été retrouvé , et l'on ij'a même découvert que la partie inférieure du bas-relief suivant où l'on voyait Hercule apportant à Eurysthée le sangUer d'Erymanthe. Cet animal monstrueux désolait l'Arcadie ; jilcide le prit et le soutenant sur ses épaules parut devant Eurysthée; celui-ci fut si effrayé qu'il se cacha dans un tonneau d'airain. L'artiste à qui nous devons le fragment de bas-relief placé sous ce numéro , a montré Eurysthée à moitié renfermé dans la cuve d'airain ; il n'y a aucune proportion entre cette figure et celle d^Her- , cule; mais on a supposé c^v! Eurysthée était sur un plan . très-reculé : d'ailleurs , sur les monumens antiques, on voit souvent la principale figure ayant une taille beaucoup plus élevée que celle des personnages secondaires. Les médailles de Gétâ, frappées à ÎPérinthe, dans la

Thrace , celles de Probus , et des médaillons de Gordien, ont leurs revers ornés d'une composition où /Tercule est représenté, portant le sangrlier d'Erymanthe sur ses épaules , et Eurysthéc qui s^est réfugié dans un tonneau.

Pour sixième travail, Eurysthée avait ordonné à Hercule de nettoyer les étables d!j4ugias. On n'a pas retrouvé à Martres le bas-relief qui , sans doute, représentait ce sujet. Mais celui qui venait immédiatement après et qui offrait la chasse des oiseaux du Stjmphale , a été conservé en partie.

^i^éù^es oiseaux de proie, nommés Stymphalides ^ du / Lac Stymphalus y est Arcadie, près duquel ils habitaient , dévoraient les hommes et les animaux ; ils avaient la taille des grues ; leurs plumes étaient d'airain et ils pouvaient les lancer comme des flèches. ApoUodore > dit cpHAlcide les chassa avec un instrument bruyant qui lui fut donné par Minerve. Pausanias assure que ce héros les tua à coup de flèches. C'est cette dernière tradition qui a été suivie par l'auteur de ce bas-reUef : Hercule est debout; il est vêtu de la peau de lion, dont les pattes se croisent sur sa large poitrine ; la même dépouille couvre sa tète ^ un carquois est siu: son dos ; il tenait son arc. On voit un des oiseaux percé par une flèche et tombant ; un ?iutre paraît un peu plus bas. On n'a pas retrouvé le pied droit , la jambe et la cuisse gauche à!Alcide.

Page 1