‹ Notice des monumens antiques et des objets de sculpture moderne conservésChapitre 25 sur 84 · STATUES, BUSTES, TORSES ET BAS-RELIEFS · texte numérisé non relu

STATUES, BUSTES, TORSES ET BAS-RELIEFS

MOULÉS SOU l'antique.

<92. L/AOCOON.

Le sujet de cet admirable groupe est tiré de l'une des Cibles les plus célèbres de l'antiquité. Prêtre d'ApoQon et fils de Priam, le héros représenté ici avec ses deux fils , s'était fortement opposé à l'entrée dans Troie du cheval de bois qui recelait dans ses vastes flancs une troupe de Grecs armés pour porter le ravage et la mort dans cette ville infortunée : il avait même lancé un trait contre la fatale machine. Mais les Dieux ennemis d'Iliôn en avaient résolu la ruine et voulurent se venger de Laocoon qui avait essayé d'empêcher l'accomphssement des desseins perfides des fjrecs. Un jour que, sur le bord de la mer, le Prince Troyeuj couronné de laurier, offrait un sacrifice k rieptune, deux énormes serpens, sortis des flots, s'âancÊnt tout k coup sur lui et sur ses fils qui l'accompagnaient à i'autel : (( En vain il lutte contre ces monstres; ils Tenveloppent, se replient autom: de son corps, enlacent ses membres, les serrent et les déchirent. Le cri de la douleur est prêt à s'échapper de ses lèvres entr'ouvertes , mais le courage le retient , et tournant vers le ciel des regards douloureux , il expire dans les plus cruelles angoisses. » Le plus jeune des deux enfans s'est réfugié dans le sein paternel : « un serpent s'élance, l'atteint, et dans un nœud dont il lie ses jambes, le soulève et l'arrête en l'air, tandis que d'un autre nœud, il roidit un de ses faibles bras. Elnfin, le serpent, du poids d'un seul de ses anneaux qui glisse sur le sein ae Penfant, le presse, le pUe,

rétou£Ee; Penfant meurt en regardant son père* Le sort de Fainé ne paraît pas d^abord décidé. Mais aucun Dieu, aucun homme ne viendra dénouer autour des jambes de cet enfant les abominables reptiles qui Fcnlacent. En vain il regarde son père; en vain ses mains essaient de rompre ces nœuds «. ))

Le groupe de Laocoon a été trouvé à Rome y en iSoÔ, sur le Mont-Esquilin , dans les ruines du Palais de Titus, contigu à ses Thermes. Le célèbre Pline qui a parlé avec enthousiasme de ce chef-d'œuvre l'avait vu dans le màme heu où l'on en a fait la découverte. Cet écrivain nous apprend que ce monument a été exécuté par trois habiles sculpteurs Ahodiens nommés Agésandire, Polydore et Athénodore. Pluâeurs savans ont cru qu'Agésandre était \e père des deux autres.

193» Apollon Pythien, ou l'Apollon du Belvédère.

(( Apollon vient de percer d'un trait mortel le serpent Python, qui désolait le territoire de Delphes: sa chevelure longue et légèrement bouclée , flotte sur son col, ou se relève sur le sommet de la tête; elle y est attachée par le Strophium, bandeau caractéristique des Dieux et des Rois. Sa chlamyde est rejetée en arrière comme pour mieux laisser voir ses formes divines. Le tronc qui supporte cette belle statue est l'antique olivier de Délos qui avait vu naitre ce Dieu sous son ombre; il est paré de ses fruits, et le serpent qui rampe autour est le symbole de la vie et de la santé do^t Apollon est le Pieu a. ))

Celte statue, la plus sublime, sans doute, de celles que le temps nous a conservées, a été trouvée , vers la nn du quinzième siècle, dans les ruines à^Antîum^ à douze lieues de Rome. Le Pape Jules II, n'étant encore que Cardinal , acheta cette statue , et lorsqu'il fut placé sur le trône , il la fit transporter au Belvédère dû Capitole.

I Du Paty. Lettres sur V Italie,

% Vîaconti. flftts. Pio Clem, l. pi. xiv, Notice sur le Musée.

(88) Ce plâtre a été donné à l'Ecole des Arts , par fea M. Fr. Lucas , Professeur de sculpture.

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