Fragment du fût d’une colonne portant des cannelures
Marbre blanc.
Même provenance. — Don de M. de Saulcy (1864). Hauteur, 0,22.
GO. — Chapiteau d’une demi-colonne engagée, gracieusement décoré. Il se compose d’un rang de feuilles d’atanthe recourbées à la façon des chapiteaux égyptiens et séparées par des feuilles d’eau. De la feuille du milieu sort un faisceau de tiges qui se divise pour former deux élégants enroulements. Les volutes des angles sont
brisées.
Marbre blanc.
Mème provenance, — Don de M. de Saulcy (1864). Hauteur, 0,87.
AARAQ—EL-EMYR. LS
GA. — a) Extrémité de la patte avec les griffes d’un
dion colossal.
Pierre.
Hauteur, 0,20. — Largeur, 0,45.
b) Fragment d’une aïle sculptée sur les deux faces et
laissant voir les traces des plumes.
Pierre.
Hauteur, 0,16. — Largeur, 0,20.
Ces deux fragments (n° 61 & et b) ont été recueillis par M. de Saulcy, à droite de l'angle sud-ouest du Qasr-el-Aâbed. Ils proviennent d'un lion colossal ailé, de ronde-bosse, coiïffé en sphinx, dont le savant voyageur a égalementi reconnu la tête malheureusement fort usée, ainsi qu'une partie de la crinière. — Don de M. de Saulcy (1864).
Aâraq-el-Emyr {le rocher du Prince), est situé au delà du Jourdain, à une journée à l’est de Jéricho, dans les montagnes formées par la dépression du bassin de la mer Morte. On y remarque les ruines d’un grand édifice rectangulaire dont les murs latéraux étaient couronnés par une frise représentant des animaux sculptés en bas-relief. Les Arabes donnent à ces ruines le nom de Qasr-el-Aâbed (le palais de l’esclave noir). S'appuyant sar un passage de Josèphe, M. le comte de Vogüé suppose que ce monument aurait été construit vers l’an 180 av. J.-C. par un certain Hyrcan, fils d’un fermier des impôts pour le compte de Ptolémée V Épiphane. M. de Saulcy y voit au contraire un édifice religieux, un temple de Camos ou de Moloch, et pense que le lion dont il a retrouvé les débris était l'idole qu'on y adorait.
Irby et Mangles, Travels in Egypt and Nubia.…. p. 146. — ÇCte de Vogüé et de Saulcy, Acad. des Insc. C. R. (1863), VII, p. 28 et 30. — Cte de Vogüé, Ruines d Arag-el-Emyr (Rev. arch., juillet 1864, p. 52). — Le même, Le temple de Jérusalem, p. 37 et suiv. — De Sauley, Voy. en terre sainte, 1, p. 212 et suiv. — Le même, Mémoire sur les monuments d'Aârag-el-Emyr (extr. des Mém. de l'Acad. des ‘ Inscr., XXVI, 1re partie). Tous les morceaux décrits ci-dessus sont gravés dans ces deux derniers ouvrages. — Tristram, The holy land of Israël, 20 édit., p. 533. — J. Derenbourg, Sur l'inscription de l'Aarag-el-Emyr (dans Journ. Asiat., août 1867, p. 188). — Duc de Luynes, Voy. d'eæploration à la mer Morte, I, p. 138 à 145 ; pl. 30.
BEITH-SAHOUR.
6%. — Six petites lames, les unes à deux, les autres à trois plans (forme de couteaux-scie). Dans l’une d'elles l’un des tranchants a été abattu ; ce fait est trèscommun.
Silex.
M. l'abbé Moretain, curé de Beïth-Sahour, près de Bethléem, les découvrit dans les fouilles faites pour établir les fondations de son église. Avec ces couteaux ont été trouvées des haches et des boules de silex, ainsi que des fragments de poteries. — Don de M. de Saulcy (1865.)
De Saulcy et Desnoyers, Acad. des Inscr., C.R., 1864, p. 75. — De Saulcy, Voy. en Terre Sainte, II, p. 191.
GS. — Lame noire, à trois plans, de même forme que les précédentes.
Silex pyromaque.
Trouvée au même endroit. — Donnée par le frère Liévin, à M. de Saulcy qui l’a offerte au Musée.
De Saulcy, Voy. en terre sainte, I, p. 144.
Longueur, 0,66. — Largeur, 0,02.
Comparer ces silex avec les lames d'obsidienne rapportées d'Assyrie par M. V. Place, et conservées au Louvre (A. de Longpérier, Notice des Ant. assyr., n° 528); on les rapprochera également de celles qui ont été découvertes au Mexique (A. de Longpérier, Notice des Antiq. améric., n°8 597 et 598).
Le musée de Saint-Germain possède une partie de la collection formée à Beïth-Sahour par l'abbé Moretain. On y remarque deux types d'instruments en silex tout à fait distincts. Les uns, semblables à ceux du Louvre, ont été trouvés dans des grottes ou sous des abris de rochers; les autres, de plus grandes dimensions et de formes différentes ont été recueillis à fleur de terre, dans les vergers d’oliviers.
M. le comte de Vogüé possède un disque en silex provenant également de Beïth-Sahour.
Sur les silex découverts dans cette localité, on peut consulter : P. Cazalis de Fondouce, Sileæ taillés de la Palestine (dans Matériaux p. l’hist. de l’homme, III, 460); A. Arcelin, Gisements de l'âge de pierre de Beith-Sahour (Ibid. V. 237); Burton et Drake, Uneæplored Syria, Il, 289; V. Guérin, Description de la Judée, I, 209.
G4. — Le milieu de ce bas-relief est occupé par À targatis ou Athara, la déesse locale d’Ascalon. Elle est debout, vêtue d’une sorte de jupe collante qui dessine la forme de ses jambes et se termine au-dessous du nombril par un rang de perles formant ceinture. Toute la partie supérieure du corps est nue; le cou est orné d’un collier ; les cheveux de la déesse sont ‘abondants et grossiérement indiqués; de ses deux mains elle soutient son ventre, geste commun aux déesses de la fécondité. Deux arbrisseaux à la tige noueuse, au large feuillage, qui s'élèvent de chaque côté de la déesse ombragent deux autres femmes accroupies et entièrement nues. Elles portent toutes deux une tresse de chevèux pendants sur l'épaule, coiffure symbolique de la jeunesse. Il est essentiel de remarquer les différences qui existent entre elles: l’une porte la tresse à gauche, l’autre à droite; la première a la main ouverte étendue vers la déesse, tandis que la seconde pose sur sa cuisse sa main fermée. La position des jambes est également différente et l'affaissement des seins indique un âge plus mûr chez celle qui se trouve à gauche de la déesse. Enfin, l’une est séparée de l’arbrisseau ; l’autre, au contraire, semble n’en point être détachée.
Marbre gris.
Sculpture du IIIe ou dn IVe siècle, trouvée à Ascalon (1). — Don de M. Philibert, vice-consul de France à Jaffa (1866).
(1) Sur Ascalon, voir : V. Guérin, Description de la Judée, II, ch. 28 et 24. L'auteur (p. 154 et suiv.) donne tous les textes relatifs à la déesse d'Ascalon.
A. de Longpérier, Musée Napoléon ITF, pl: XXXII, avec texte.
M. Fr. Lenormant (Lettres assyriologiques et épigraphiques sur l'histoire et les antiquités de l'Asie antérieure, II, p..165, note 2), a signalé dans la vie de saint Porphyre, évêque de Gaza (Boil. Act. Sanct., febr. 1H, 655), un curieux passage qui peut servir de commentaire à ce bas-relief:
« Postquam autem fuimus ingressi civitatem, in loco qui vo- « catur Tetramphodes, id estquadrivium, stabat statua marmorea « et dicebant eam:- esse Veneris, erat autem suprà aram marmo— « ream; statuæ vero effigies erat nudæ mulieris, quæ habebat « aperta tota sua pudenda. Statuam autem in honore habebant « omnes eives, maximè vero mulieres, lucernas accendentes et « thure suffientes. Dicebant enim eam. in somniis respondere lis quæ volunt inire matrimonium. »
D’après Hérodote (1), le temple de la Vénus céleste (ris oùpavine ’Appoôtrnc), à Ascalon, était le plus ancien de tous, antérieur même à celui de Chypre qui lui devait son origine : adorée d'abord sous. une figure symbolique moitié femme et moitié poisson, la déesse d'Ascalon fut représentée plus tard avec la forme purement humaine comme dans le bas-relief qui nous occape. Une curieuse figurine de plomb provenant d’une tombe creusée dans le roc sur la pente du Mecid, à Constantine (2), présente dans sa pose et dans son. style de grandes analogies avec la figure centrale du bas-relief d’Ascalon. Le geste de la déesse se tenant le ventre se retrouve également sur plusieurs figurines en terre cuite découvertes dans l’île de Chypre (3). Pour la coiffure, cf. une statuette de Vénus-Astarté, en bronze, provenant de la collection Rousset-Bey (Salle des. bronzes).
Longueur, 0,57. — Hauteur, 0,34.
GS. — Poisson, du genre chrômis. Les ouïes, l’œil, le nez et les nageoires sont indiqués au trait; il est muni à sa partie supérieure d’un trou à suspension, ce qui pérmet de le considérer comme un objet votif.
Schiste vert (plaque très-mince).
(2) Ann. arch. de Const., 1862, p. 55,. pl. X.
(3) Au Louvre, salle asiatique. Voir aussi : Leemans,. Monuments du Musée de Leyde, I, 2* partie, pl. XXVL.
Trouvé à Ascalon. — Don de M. de Sauley (1872).
à Le culte des poissons se rattache à celui des divinités icthyomorphes de l'Orient, au nombre desquelles se trouve précisément Atargatis, la déesse d’Ascalon. M. le baron de Witte (1) a signalé l'usage d’après lequel les dévots offraient à cette déesse des poissons d'or et d'argent, tandis que les prêtres lui présentaient chaque jour de vrais poissons cuits et grillés qu’ils mangeaient euxmêmes.
Cf. le poisson offert en sacrifice sur le curieux cylindre assyrien de M. Cayol (Bullet. archéol. de l’Athen. franç., 1855, p. 101); une amulette phénicienne trouvée à Sayda (Sidon) et publiée par M. E.-G. Rey. (La Tribu de Juda, p. 114), et un petit récipient en forme de poisson faisant partie de la collection
.«d'Antiquités égyptiennes de M. Posno. (Le Caire, 1874, n° 69).
Longueur, 0,12. — Largeur, 0,07.
GG. — Petite tête d'homme barbu, d’ancien style, posée sur un buste carré. Les yeux sont très-saillants :
la pointe de la barbe est brisée.
Terre cuite rouge.
Trouvée à Ascalon. — Don de M. de Saulcy (1870). Hauteur, 0,045, — Largeur : 0,05.
67. — Figurine posée sur une base et munie, derrière le cou, d’un anneau à suspension. Elle représente probablement un roi égyptien, assis sur un siége à dossier, dont le bas est à jour; les mains sur les genoux, les jambes serrées; coiffé du casque de guerre (khepersch}, et vêtu de la schenti; autour du cou il porte un collier à deux rangs. o
Trouvée à Asoalon, dans un tombeau (2). — Acquise en 1870.
(1) Le Sacrifice du Poisson, dans Bullet. archéol. de l'Athen.frang., 1856, p. 36.
(2) Avec les n° 68, 69, 70, 71. On a trouvé également dans le même tombeau un petit lion en or massif portant un cartouche royal. M. de Saulcy, à qui le Louvre doit cette acquisition, n'a pu se procurer cette pièce. |
Cette figurine pourrait être prise aa premier abord pour une représentation du dieu Imhotep, mais le casque et surtout l'absence du papyrus sur les genoux font rejeter cette hypothèse. Le musée égyptien possède une intéressante série de petites figurines en bois doré ou en feuilles d’or travaillées au repoussé; celles en or massif sont plus rares (voir salle civoile, Q, vitrine du milieu), surtout quand elles représentent des personnages assis. Les plus belles connues sont peut-être celles du groupe d'Osiris, Isis et Horus, acquis par le Louvre en 1873. (Cf. P. Pierret, Catalogue de la salle historique de la galerie égyptienne, n° 24).
Hauteur, 0.025.
68. — Pendant d'oreilles ; il a la forme d’une fronde au-dessous de laquelle est suspendu un chaton carré, creux, muni de deux anneaux et portant enchassé un grenat cabochon.
Or.
Trouvé à Ascalon, dans un tombeau. — Acquis en 1870. Hauteur, 0,080.
@9. — Cylindre creux divisé extérieurement en dix registres verticaux formés par une double torsade de filigranes ; chaque registre est orné alternativement de perles en relief et de petits anneaux. Les deux extrémités sont décorées de cercles concentriques et percées chacune d’un trou.
Or.
Trouvé à Ascalon, dans un tombeau. — Acquis en 1870.
Hauteur, 0,028.
20. — Perle creuse et munie de deux trous; elle est décorée de petits anneaux filigranés disposés en zones.
Or.
Trouvée à Ascalon, dans un tombeau. — Acquise en 1870. Hauteur, 0,008.
94.— Pendant d'oreilles plat, muni d’un crochet : il se compose d’une rosace en torsade, ornée au centre d’une pâte de verre rouge (brisée), et posée sur une baguette à laquelle sont fixés trois petits anneaux.
Or.
Trouvé à Ascalon, dans un tombeau. — Acquis en 1870. Hauteur, 0,018.
9%. — Petit Pygmée grotesque, ithyphallique, reposant sur une base non mobile. Il est nu, dans l’attitude du combat; son bras gauche tient un bouclier rond et sa main droite est levée comme s'il brandissait une lance ; sa chevelure est nouée au-dessus de la tête.
Bronze; époque romaine.
Trouvé à Ascalon. — Don de M. de Saulcy (1869). Hauteur, 0,03.
93. — Fragment d'une mosaïque composée de six cubes de grande dimension.
Pierre blanche, dure et polie.
Trouvé aux environs d’Ascalon, au Tell-el-Faras (le Tertre de la Jument) (1), dans une construction phénicienne. — Don de M. E.-G. Rey (1860).
Hauteur des cubes, 0,10. — Largeur, 0,04.
(1) Voir le plan de cette ruine dans : E.-G. Rey, La Tribu de Juda, p. 111.
19/4. — Bas-relief carré au centre duquel est représenté le chandelier à sept branches (1) placé au milieu d’une couronne de feuillages ; il estaccompagné de deux objets que M. de Saulcy considère comme des couteaux de sacrifice. Ces deux objets n’ont pas la même forme : l’un d'eux pout être un couteau, et l’autre un récipient pour l'huile sainte? — Deux petites rosaces décorent les angles supérieurs.
Pierre dure, semblable à la pierre de Volvic.
Ce bas-relief était encastré à Thabarieh (Tibériade) dans la maison de M. Weyseman, qui l'avait tiré des ruines d'Omm- Keïis (l'antique Gadara) (2), situées de l'autre côté du lac. — Don de M. de Saulcy.
De Saulcy, Voy. en Syrie et aut. de la mer Morte, 1,486 |
et pl. XLVI. — Le même, Voy.en terre sainte, II, 262.
H est intéressant de comparer cette représentation du chandelier à sept branches, avec celle qui est sculptée sous la voûte de l’arc de Titus. M. de Vogüé en a donné une excellente reproduction (Temple de Jérusalem, p. 33) ; voir aussi : de Saulcy (Ouc. cité, pl. XLVI). — Sur l’une des colonnes hautes de la nef, dans la grande mosquée de Gaza (ancienne église bâtie par les croisés), M. CI. Ganneau a retrouvé, sculptée en relief sur le fût d’une colonne monolithe, une représentation de ce même chandelier. Le bas-relief de Gaza est semblable à celui de Gadara; il ne diffère que par la forme de la couronne un peu plus allongée et moins aplatie; les flammes sont indiquées au dessus
(1) M. Le Blant ({nser. chrêt. de la Gaule, n° 621) a publié une inscription de Narbonne et deux autres existant à Saint-Ambroise de Milan, qui portent à leur début l'image du célèbre chandelier, dont il retrace l’histoire en quelques lignes (p. 477, note 10). — Voir aussi : de Saulcy Hist. de l'art judaïque, p. 80.
(2) Sur Gadara, voir : E. Renan, Mission de Phénicie, p. 783 et 784. M. V. Guérin a récemment étudié ces ruines : il en donnera prochainement la description.
nn L
des branches. Au dessous se trouve une dédicace bilingue, hébraïque et grecque. Ces deux chandeliers portent de chaque côté les mêmes symboles : le couteau et le récipient à huile? Un dessin de cette sculpture a été exposé par M. Ganneau, en 1875, au congrès de géographie.
Hauteur, 0,38. — Largeur, 0,48.
#5. — Mosaïque composée de gros cubes en pierre blanche.
Pierre.
Recueillie dans les ruines de la forteresse d’Herodium. C'est aujourd’hui pour les habitants musulmans du pays le Djebel- Foureidis (montagne du petit-Paradis), et pour les chrétiens, la montagne des Francs (1). — Don de M. de Saulcy.
De Saulcy, Voy. en Terre Sainte, I, 173 et suiv. et t. II, p. 332 (Appendice), avec un plan d'Herodium levé par MM. Mauss et Salzmann; la mosaique a été trouvée au point I, dans une chambre qui occupait tout le rez-de-chaussée d’une petite tour: ronde située à l'est.
Hauteur, 0,30.— Largeur, 0,45