Thèbes.-Drah-abou’l-neggah. Bois
Nous comprenons sous un numéro unique les armes disposées en trophées dans Y Armoire M. Toutes proviennent de Drah-abou’l-neggah et des cercueils richi qu'on ne trouve qu’en cette localité (voy. Avant-propos , p. 39). Elles remontent par conséquent à ia XI"‘e dynastie, ou bien à la XYIIme.
On remarquera parmi elles les arcs et les flèches. Cellesci n’ont pour pointe qu’un os aigu ou une arête de poisson. Les sabres sont en bois, courts, petits, pour ainsi dire sans poignée. La collection des armes offre encore des bâtons tordus, longs et minces, excepté à l’extrémité où ils sont façonnés presqu’en boule. Ceux-ci ne sont pas des sabres, mais des instruments pour la chasse aux oiseaux aquatiques. Lancés avec force, ils partent en tournoyant et portent aussi juste que loin.
Armoire N. — Suite de la collection des monuments civils. Meubles , ustensiles , vases , vêtements , etc.
Le fond de Y Armoire N est garni d’étoffes diverses plus ou moins fines. On y voit un balai, deux houes de bois, un niveau de maçon, des cordes. Le marteau du tailleur de pierres a ôté trouvé dans l’intérieur de la maçonnerie du t Mastabal-cl-Faraoun (Saqqarah). Il serait par conséquent contemporain du dernier roi de la Vme dynastie.
Sur le devant de l'armoire sont rangés des tabourets, des chaises, des vases, des chaussures faites de feuilles de papyrus (baxa). Les grains et les fruits, orge, blé, lin, raisin, etc., de même que les pains, d’ailleurs assez grossièrement fabriqués, proviennent des tombes de la XIme dynastie, à Drah-abouT-neggah. Les fouilles de Saqqarah ont fourni les œufs. Je me hâte de dire que malgré le soin apporté aux expériences faites sur les semences du Musée confiées à la terre, aucune de ces semences n’a germé.
Au bas du compartiment de droite est exposé un fémur provenant d’une momie de la XIme dynastie. Les médecins constateront que l’os brisé n’a point été réduit, et que les deux parties, chevauchant l'une sur l’autre sur une Ion-
Salie de l’Est Armoire N-V Urine Q
gueur de près de quatre centimètres, ont fini par se souder. J'ai trouvé d’assez nombreux exemples de ce fait qui ne donne pas une grande opinion de la chirurgie égyptienne.
Armoire O. — Vases de toutes formes , de toutes matières et de toutes provenances ; continuation de la série des Monuments civils.
Armoire P. — On trouvera dans cette armoire, comme dans les précédentes, des échantillons variés de la céramique égyptienne.
Vitrine Q. — Suite des Monuments civils.
Autour d’une petite tortue de calcaire fin sont groupés des monuments de toutes sortes. On remarquera un choix d’animaux, hippopotames, poissons, grenouilles, oies, etc. De chaque côté sont disposées des représentations en pâte de verre de couleurs variées, singes marchant, faces humaines, rosaces. L’une d’entre elles offre l’image d’Apis revêtue de ses marques sacrées; une assez forte loupe est nécessaire pour en bien distinguer les détails. Ces monuments ne sont pas, comme on semblerait le croire au premier coup d’œil, des mosaïques. Chaque couleur y est un morceau, et chaque morceau est juxtaposé à son voisin par une sorte d’agglutination. L’eiïet général est dur, tranché, et effectivement donne à l’objet ainsi travaillé l’aspect extérieur d’une mosaïque.
Un peu plus haut est un groupe formé d’une belle éloile en lapis-lazuli, d’un disque rouge en pâte de verre, et de plusieurs mains humaines de porcelaine bleue et verte. Ces mains sont fermées, et l’extrémité du pouce passe entre l'index et le médium. Peut-être ce singulier geste a-t-il pour effet de conjurer la jetlatura.
Les lentilles en verre transparent bleues, jaunes et vertes, ont été recueillies avec les figures dont nous avons déjà donné la description (vov. Salle du Centre , vitrine I) ;
Salle de l'Est Vitrines Q-S
elles étaient adhérentes à la couche de stuc blanc qui servait d’enveloppe générale à certaines momies trouvées sur l'emplacement supposé du Labyrinthe (Fayoum). Quelques-unes sont remarquables par leur éclat.
Vitrine R. — Suite des Monuments civils.
Au sommet de la planche sont des peignes de toutes dimensions. Les plus gros ont dû servir pour les volumineuses perruques par lesquelles les anciens Egyptiens remplaçaient le turban.
La collection des bagues est assez riche. On en trouve en argent, en cornaline, en porcelaine émaillée. Quelquesunes d’entr’elles portent, gravées sur le cliâton, des souhaits de nouvel an. Les bagues d’or sont conservées avec les bijoux.
L’oie qui retourne si gracieusement la tête en arrière est une boîte à parfums. Les ailes en s’ouvrant laissent voir le creux de la boite (XI1,ie dynastie).
Le manche de cuillère à parfum a été trouvé à Drahabou’l-neggah, et, comme la boîte qui vient d‘être décrite, appartient à la XIme ou à la XVIIme dynastie. Ce manche est travaillé à jour. Les deux emblèmes nommés le tut et la boucle de ceinture en forment le motif principal.
Quelques fines aiguilles longues sont percées à leur extrémité de trous imperceptibles. Comme on doit s’v attendre, elles sont en cuivre ou en bronze, les Egyptiens n’ayant jamais fait usage du fer.
Vitrine S. — Suite des Monuments civils.
Une jeune fille presque nue, ses longs cheveux tombant en nattes serrées sur ses épaules, est debout sur une petite barque, et navigue au milieu de tleuçs de lotus à tiges flexibles. Ce joli morceau, d'une exécution si line, est le manche d’une cuillère à parfum.
A côté est un beau miroir dont le manche de bronze est également découpé à jour. Les deux personnages agenouillés, tenant d’une main le sceptre divin, de l’autre une sorte de masse d’arme appuyée sur l’épaule, forment un sujet qu’on voit fréquemment représenté sur les monuments de Drah-abou'1-neggah (XIme, XYlIme dynasties).
Salle de l’Est Vitrines S- U
Les anneaux fendus en jaspe rouge ou blanc, en bronze recouvert d’or, en pâte rouge, sont des monuments qu’on trouve sur les momies, contre l’oreille desquelles ils sont appliqués. Les hommes en sont pourvus aussi bien que les femmes. Peut-être ces anneaux sont-ils , non des boucles d’oreilles proprement dites, mais des emblèmes funéraires dont le sens ne nous est pas encore connu.
Vitrine T. — Suite des monuments civils.
Cette vitrine est occupée par des palettes de scribe, des pions pour le jeu de dames, un fléau et des plateaux de balance, des poids. Les poids sont en granit, en bronze, en albâtre, le plus souvent en hématite. Nous n’en possédons aucun qui porte des marques. La palette du peintre dont les cinq godets ont conservé leurs couleurs a été trouvée à Saqqarah dans un tombeau de l’Ancien-Empire. Malgré les incertitudes qui s’attachent à toutes les questions de chronologie égyptienne, nous nous croyons autorisés à affirmer que ce fragile monument est antérieur à Abraham.
Vitrine U. — Suite des monuments civils.
Nous avons disposé dans cette vitrine des outils de toute sorte, hachettes, couteaux, ciseaux de menuisier, etc. (voy. Salle du Centre , 575, 577). Tous ces outils, sans exception, sont en bronze. J'ai déjà fait remarquer en effet que les Egyptiens n’ont pas fait usage du fer. Le fer, selon eux, était un os de Typhon.
Au bas de la vitrine sont exposés quelques hameçons de bronze. Leur forme est exactement celle que nous donnons aujourd’hui à ces engins.
La quatrième division de notre catalogue général comprend les monuments historiques. Ceux-ci ont presque tous trouvé place dans la Salle du Centre. Il en est cependant quelques-uns auxquels nous avons élé obligés de réserver une des vitrines de la Salle de l'Est.
Salle de l’Est Vitrine V-792
Vitrine V. — Monuments historiques.
Presque tous les scarabées réunis dans cette vitrine portent le nom deThoutmès III. Les scarabées marqués du cartouche de ce pharaon appartiennent à toutes les époques qui ont suivi la XVlIIme dynastie, particulièrement à la XIXme, à la XXVIme et aux Ptolémées.
Au centre de la planche est une plaque de bronze provenant du Sérapéum et ornée du cartouche-nom de Sabacon gravé en creux (XXVme dynastie).
La hache de bronze sans manche provient de la momie de la reine Aah-hotep (voy. Salle des Bijoux). On y distingue encore la légende du roi Kamès.
On trouve à Thèbes des momies de la XXIrae et de la XXIIrae dynasties qui portent, entre les linges, des bandelettes croisées sur la poitrine comme des bretelles et terminées à chaque pointe par un ornement en cuir jaune repoussé. Ces bretelles sont le plus souvent ornées de la figure d’un roi en présence d’Ammon. Notre Vitrine V en montre quelques exemplaires.
Les tablettes de porcelaine verte avec cartouches royaux peints en grands traits noirs sont les mômes que nous avons déjà décrites (Salle du Centre, 545) et qui ont été trouvées dans le sol du sanctuaire du Grand Temple de Tanis.
Au bas de la vitrine sont les débris d’une sorte de résille qu’on avait employée pour l’ornementation extérieure de la momie de Tounar-i (voy. Salle du Centre, 405). Les cartouches de Ramsès II y alternent avec des emblèmes religieux.
A la division des Monuments historiques appartient aussi cette statue :