Un miroir. Les Egyptiens ont su donner â ce
(*) Le serpent allonge', commun aux deux noms T’af-cn-to et T'an (Tanis), a pour correspondant dans les deux cas le tsadi hébreu. Les Grecs, ne possédant pas cette articulation, l’ont rendue par t dans Tanis, une autre fois par s dans Psonthom (on sait que le p initial de ce nom n’est ici que l’article masculin).
Salle des Bijoux 836-839
meuble la forme la plus élégante (voy. Salle de l'Est, vitrine S.). Le manche imite la tige et la lleur épanouie du papyrus. Le disque, quand il est suffisamment conservé, est revêtu d’une sorte de vernis d’or qui lui donne la propriété de réfléchir les objets.
837. — Neuf petites hachettes, trois d’or et six. d’argent. Dans les hiéroglyphes, la hachette répétée neuf fois désigne l'ensemble des dieux.
838. — Plusieurs armilles ou anneaux de jambe en or. Ces anneaux sont plats et creux; ils sont ourlés à leur circonférence extérieure d’une chaînette en lils d'or tressés imitant le filigrane. Plusieurs autres anneaux du même travail ont été trouvés avec les précédents.
Un dernier objet, complétant la série des bijoux de la reine Aah-hotep, est exposé à part sous le n° suivant.
839. — Une barque garnie de son équipage et montée sur un charriot à quatre roues (voy. Salle au Centre, 532). La barque est d’or massif, le train qui la supporte est de bois, les roues sont de bronze à quatre rayons.
Par ses formes gracieuses et légères, notre monument rappelle les barques célèbres du Nil faites selon Pline, de papyrus, de joncs et de roseaux. L’aiant et l’arrière sont relevés et terminés par dés 'bouquets de papyrus recourbés.
Les rameurs, au nombre de douze, sont d’argent massif. Au centre de la barque est assis un petit personnage, tenant d’unè main la hachette et le bâton recourbé (voy. plus haut n° 832). A l’avant, un second personnage est debout dans une sorte de petite cabine décorée à l’extérieur de plusieurs des emblèmes nommés boucles de ceinture. Le timonier est i\ l’arrière. 11 se sert du seul gouvernail connu alors, c’est-à-dire d’une rame à large palette. Une seconde petite cabine, ou plutôt une sorte de large siège est derrière lui. Un lion passant, avec le cartouche-prénom de Kamès, est gravé sur la paroi extérieure de cette seconde cabine. Ces trois personnages sont en or.
Le sens précis de ce curieux monument est assez difficile à déterminer. Le rôle de chanteur et de timonier sont
Salle des Bijoux 839-845
bien connus, et la hachette entre les mains du personnage principal peut passer, comme on le voit sur quelques basreliefs de Deir-el-Medineh, pour un symbole de commandement. Mais pourquoi, contre tous les usages, l'image de la défunte qui est censée traverser certaines contrées célestes entrecoupées de canaux et de champs à cultiver, est-elle absente ?