‹ Notice des principaux monuments exposés dans les galeries provisoires du Musée d'antiquitiés égyptiennes de S. A. le Khedive á Boulaq /Chapitre 302 sur 386 · Thèbes.-Deir-el-Bahari. Calcaire · texte numérisé non relu

Thèbes.-Deir-el-Bahari. Calcaire

Hauteur 0 40 Largeur 0 45

Il y a quelques années, nous avons trouvé à Deir-el- Baliari (Thèbes), une série de bas-reliefs représentant des épisodes d’une campagne de la régente Hatasou (XVI 1 l"ie dynastie) dans le pays de Pount, région qui occupe la partie méridionale de la péninsule arabique.

Au côté gauche d’une grande salle, la victoire est déjà acquise aux armes égyptiennes. Un officier de la régente, suivi de ses soldats rangés en bataille, reçoit le chef ennemi qui, en signe de soumission, lui apporte des produits divers de son pays. Ce chef a la peau couleur rouge foncé. Il porte à la ceinture un poignard. Il n’est vêtu que d’une sorte de caleçon qui se termine par devant (mi double pointe. Sa famille et ses serviteurs le suivent, ceux-ci peints en brun foncé presque noir.

Au fond de la salle, la Hotte égyptienne est échouée au bord de la mer. On embarque les tributs. Des singes, des ballots liés avec des cordes, des arbres entiers, les racines enfermées dans des couffes pleines de terre, occupent le pont des bâtiments. Plus loin, la régente elle-même, assistée de Tliotli, présente au grand dieu de Thèbes les

Magasin n* 5 902-903

produits de sa campagne dans le pays de Pount. On y compte une girafe, trois mille trois cents bœufs, des peaux de panthères sans nombre, des sacs de pierres rares, des anneaux d’or et d’argent, du bois des arcs, des casse-têtes appelés amu. Quatre hommes mesurent avec des boisseaux une meule de fruits (?) rouges.

La pierre qui nous occupe en ce moment provient de celle salle et du côté gauche décrit plus haut. Le chef ennemi arrive en suppliant. Derrière lui s'avance sa femme. Celle-ci a la chevelure soigneusement peignée et ramenée en queue épaisse par derrière. Un collier formé de gros disques enlilés orne son cou. Elle a une grande chemise jaune sans manches qui lui descend jusqu’au milieu des jambes. Quant à ses traits, ils sont assez réguliers, quoiqu’un peu virils; mais tout le reste de sa personne est repoussant. Ses bras, sa poitrine, ses jambes, sont en effet comme chargés de chairs amollies; le bassin se projette en arrière et accuse une difformité que l’artiste égyptien a rendu avec une naïveté singulière.

J'avais fait déblayer la salle dont les parois sont couvertes de ces curieuses représentations pour en rendre l’accès et l’étude plus faciles aux voyageurs. Une nuit, des Européens, de passage à Thèbes, y pénétrèrent, et, pour en enlever une des pierres, démolirent la moitié du mur. Je ne me fais aucun scrupule de dénoncer ici cet acte incroyable de vandalisme.

La pierre que conserve aujourd’hui le Musée est la seule des pierres du mur démoli qu’à la suite de cet évènement nous n’ayons pas réussi à remettre à sa place antique.

Bas-relief. Scène de funérailles. Des femmes sautent avec les plus étranges contorsions; d’autres font retentir une sorte de tympamm. Des hommes marchent à grands pas en agitant une tige de roseau. Ces danses funèbres sont encore pratiquées- aujourd'hui dans la plupart des villages de la Haute-Egypte. Ce que le bas-relief de Saqqarah n’a pu rendre, ce sont les hululations discordantes dont ces danses sont accompagnées.

Magasin n° 5 904-908

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