‹ Notice des principaux monuments exposés dans les galeries provisoires du Musée d'antiquitiés égyptiennes de S. A. le Khedive á Boulaq /Chapitre 66 sur 386 · Memphis. -Saqqarah. Calcaire · texte numérisé non relu

Memphis. -Saqqarah. Calcaire

Hauteur totale 1 93

Cercueil du prophète d’Osiris, Menei, surnommé Benoulehtef, et lils de sa mère Mauteïta. Sur la poitrine, on voit la représentation du défunt couché sur le lit funèbre, entre les deux enseignes, emblèmes d'Osiris. L’âme se rapproche du corps sur lequel elle plane les ailes éployées. Au-dessus de la scène, le soleil, soutenu par Isis et Nephthys, se lève à l’horizon. C’est le grand acte final des pérégrinations auxquelles le défunt vient d’être soumis. Meneï a sacrifié à toutes les divinités funèbres ; il a subi toutes les épreuves; il a comparu devant le juge suprême eta été proclaméjuste ; par sa vertu il a mérité de commencer cette seconde vie qui n’aura pas de mort. L’âme va maintenant se réunir au corps, et au centre du disquesolaire apparaît le scarabée comme symbole de celte résurrection. Les figures qui accompagnent cette scène sont celles des div inités inférieures gardiennes des espaces célestes.

La cuve de ce cercueil n’a pas été trouvée dans le puits.

85 86. — Memphis. -Saqqarah. Basalte vert.

Hauteur totale 1 88

Couvercle et cuve d’un cercueil de momie gravés au nom de Hor-em-heb, fils de sa mère Terou. Quoique d’une gra-

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\nre très soignée, ce joli monument n’est déjà plus du beau temps de l’art des Saïtes : il doit en effet appartenir à la période historique qui vit éclore comme une renaissance delà nationalité égyptienne sous les pharaons prédécesseurs d’Alexandre. Du reste ce n'est pas seulement la grâce et le lini des légendes qui recommandent ce monument à l'attention : on remarquera aussi que les patients artistes auxquels l’exécution en fut confiée semblent s’être imposé la tâche de ne laisser aucune partie de l’intérieur et de l'extérieur du cercueil sans y marquer la trace de leur burin.

Selon l’habitude, toutes les légendes sont relatives à l'immortalité promise à l’âme du défunt dans le monde nouveau où elle pénétre sous la conduite des divinités protectrices des morts. Sur la poitrine, l’âme de Hor-em-heb est figurée par un épervier à tète humaine tenant dans ses serres les deux anneaux de l’éternité. Au-dessus d’elle, comme une image de la nouvelle vie qui attend le défunt, se lève le soleil rayonnant du matin, assisté dans son cours par Isis et Nephthys. La scène est couronnée par une figure du scarabée de la résurrection. Le même anneau de l’éternité et les deux longues plumes, signes mystérieux de la victoire que l’âme a dû remporter sur les génies du mal avant d’être admise à jouir de la lumière éternelle, sont près de lui. Enfin, des pattes de devant de l’insecte régénérateur, s’échappent les trois emblèmes de la pureté, de la stabilité et de la vie divine.

Le dessous de la cuve est orné de longues prières en faveur de Hor-em-heb, et au milieu des représentations qui décorent cette partie du monument, on aperçoit les images des quinze pylônes que gardent des génies armés de glaives et dont le défunt doit successivement franchir les portes en justifiant de ses bonnes actions sur la terre.

Les deux faces intérieures du couvercle et de la cuve n’ont pas été oubliées dans l’ornementation du monument funéraire de Hor-em-heb. Sur la partie supérieure (voy. le dedans du n° 85) est l’image du ciel sous la forme d’une femme, les bras étendus au-dessus de la tête, nageant dans les espaces célestes. La partie inférieure (n°86) est au contraire occupée par ce que nous appelons l’enfer représenté par une femme, les bras pendants, le signe hyéroglyphique de VAmenti sur la tête. Quand la dépouille mortelle de Hor-em-beb était encore enfermée dans son cercueil , le défunt était ainsi connue suspendu entre le ciel supérieur qui représente la course radieuse du soleil, et le ciel infé-

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rieur que l'autre parcourt pendant la nuit. Toutes les croyances égyptiennes sont là. La vie est semblable au soleil qui accomplit au-dessus de nos têtes sa resplendissante carrière; le soleil nocturne qui lutte silencieusement sous nos pieds contre les ténèbres est l’image de la mort. Ces épreuves accomplies , l’âme déclarée pure reparaît brillante à l'horizon oriental, et commence pour l’éternité une seconde vie qui n’aura pas de mort.

Les sarcophages comme ceux de Hor-em-heb et d’Ankb- Hapi sont aussi communs à Memphis qu'ils sont rares à Thèbes et à Abydos. L’humidité du climat de la Basse- Egypte, et particulièrement la constitution géologique de la montagne voisine de Memphis qui a forcé les habitants de cette ville à creuser les tombes dans un schiste argileux très-friable, suffisent à expliquer ce fait. Thèbes, dont le ciel est toujours siadmirablement serein, n’a eubesoin que de sarcophages en bois.

87 88. — Memphis. -Saqqarah. Basalte gris.

Hauteur totale 1 80

Couvercle et cuve d'un cercueil trouvé dans le puits d’Ankh-Hapi {Cour, n° 8). Le défunt s’appelait Kem-Hapi, lils de Ter-nefer, sa mère.

89 90. — Memphis. -Saqqarah. Calcaire.

Hauteur totale 1 9i

Cercueil de la dame Heken , fille de sa mère Ter-nefer. La représentation principale n’est que la reproduction de la scène de la résurrection déjà décrite. Au centre du disque solaire apparait ici, au lieu du scarabée, un dieu panthée, à corps d’homme, aux pattes d’oiseau et de bélier, itliypballique comme Ammon-Générateur dont il a le geste, les épaules surmontées de quatre têtes de bélier, symbole de puissance.

On sait déjà que le cercueil de la dame Heken, fille de Ter-nefer, a été trouvé dans le puits d’Ankh-Hapi avec le cercueil de Kem-Hapi, fils de Ter-nefer. Il résulte de là que, selon toute probabilité, Kem-Hapi et Heken sont le frère et la sœur. Tous ces monuments appartiennent à l’époque Ptolémaïque.

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