‹ Notice des principaux monuments exposés dans les galeries provisoires du Musée d'antiquitiés égyptiennes de S. A. le Khedive á Boulaq /Chapitre 74 sur 386 · Memphis. -Saqqarah (skiupëim). Bronze · texte numérisé non relu

Memphis. -Saqqarah (skiupëim). Bronze

Hauteur 0 1U

Un très-joli groupe représentant Osiris assisté de ses deux sœurs, Isis et Nephthys.

Originairement Osiris est le soleil nocturne: il est la nuit primordiale: il précède la lumière; il est par conséquent antérieur à Ra, le soleil diurne.

De ce rôle principal découlent une multitude d'allégories qui se groupent autour d'Osiris. et font de ce personnage un des types divins les plus curieux à étudier.

La x ie de l'homme a été assimilée par les Egyptiens à la course du soleil au-dessus de nos têtes: le soleil qui se couche et disparaît à l'horizon occidental est l'image de

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sa mort. A peine le moment suprême est-il arrivé, qu'Osiris s’empare de l’âme qu’il est chargé de conduire à la lumière éternelle. Osiris, dit-on, était autrefois descendu sur la terre. Être bon par excellence, il avait adouci les mœurs des hommes par la persuasion et la bienfaisance. Mais il avait succombé sous les embûches de Typhon, son frère, le génie du mal, et pendant que ses deux sœurs Isis et Nephthys recueillaient son corps qui avait été jeté dans le fleuve, le dieu ressuscitait d’entre les morts et apparaissait à son fils Horus qu’il instituait son vengeur. C'est ce sacrifice qu’il avait autrefois accompli en faveur des hommes qu'Osiris renouvelle ici en faveur de l'âme dégagée de ses liens terrestres. Non-seulement il devient son guide, mais il s’identifie à elle, il l'absorbe en son propre sein. C’est lui alors qui, devenu le défunt lui même, se soumet à toutes les épreuves que celui-ci doit subir avant d’être proclamé juste. C'est lui qui, à chaque âme qu'il doit sauver, fléchit les gardiens des demeures infernales et combat les monstres compagnons de la nuit et de la mort. C’est lui enfin qui vainqueur des ténèbres avec l’assistance d'Horus s’assied au tribunal de la suprême justice et ouvre à l’âme déclarée pure les portes du séjour éternel. L'image de la mort aura été empruntée au soleil qui disparaît â l'horizon du soir; le soleil resplendissant du matin sera le symbole de cette seconde naissance â une vie qui celle fois ne connaîtra pas la mort.

Osiris est donc le principe du bien. « Osiris, dit Plu- « turque, aime à faire du bien, et son nom, entre plusieurs « acceptions, exprime, dit-on, une qualité active et bien- « faisante. Le second nom qu’on donne à ce dieu est celui

« d 'Omphis (Oun-nefer) qui signifie bienfaisant »

« Isis, dit encore Plutarque, a un amour inné pour le bon « principe; elle le désire ; elle s’offre à lui pour qu'il la « féconde. » Osiris, roi des enfers, n'est donc pas le vengeur des fautes. Au contraire, chargé de sauver les âmes de la mort définitive, il est l'intermédiaire entre l'homme et Dieu, il est le type et le sauveur de l'homme.

La division de l’Egypte en nomes ou provinces a pour base sa division antérieure en districts religieux. Chaque nome reconnaissait en effet un dieu qui n'était pas le protecteur des nomes voisins, tandis que chaque \ i 1 le accueillait à son tour une dix inilé â laquelle elle rendait plus particulièrement ses hommages. C'est ainsi qu’Osiris est, dès la plus haute antiquité, le dieu local d’Abydos. Osiris dut pourtant â son caractère propre de ne pas rester can-

tonné dans le district qui, à une époque inconnue, lui avait été assigné. « Tous les Egyptiens, dit Hérodote, « n’adorent pas les mêmes dieux; ils ne rendent tous lé « même culte qu’à Osiris et à Isis. » Ce passage est à remarquer pour sa netteté. Thèbes, Memphis, Eléphantine, reconnaîtront séparément Ammon, Plitali, Chnouphis, pour les représentants de l'être invisible, et de nomes en nomes les dieux égyptiens se succéderont dans une perpétuelle révolution. Mais Osiris protecteur des âmes sera de la Méditerranée aux cataractes le dieu de tous les Egyptiens.

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