Granit gris
Haut«ur 1 80 Largeur I 84 Épaisseur 0 43 (*)
La plus importante de ces stèles par ses dimensions , par la longueur du texte qui est gravé (159 lignes) , par le style des liiéroglyphes, aussi bien que par la nature des évènements dont le souvenir y est consigné , est la grande inscription historique d(î Piaukhi Mcri-Amcn que les lecteurs de la Revue Archéologique connaissent déjà par le beau travail de M. de Bougé.
Piankhi Meri-.\men est un roi couschitc. Sa capitale est Gebel-Barkal, la Napata de Strahon, la Noph de la Bible. Il règne à la fois sur l’Egypte et l'Ethiopie, et peut , comme Tahraka et Sabacon, orner son front des deux vipères, symboles de sa double royauté.
Mais les provinces septentrionales de l’Egypte échappent encore à son autorité. Là gouvernent quelques rois confédérés à la tète desquels se plaec celui que notre texte appelle Tef-nakht-ta.
Tef-nakht-ta et les chefs avec le.squcls il partage le pouvoir représententils dans l’histoire les légitimes pos.sesseurs du pays ? l’éthiopien Piankhi ne fut-il pour eux qu’un usurpateur ? on doit le supposer. Quoi qu’il en soit, en l’an 21 de son régne, Pianklii apprend tout-à-coup que Tef-nakhtta marche avec une armée contre la Thébaïde.
Le grand intérêt de la stèle est dans les événements qui suivent. A peine Piankhi a-t-il appris la nouvelle, qu’il assemble ses troupes et accourt de sa personne au-devant des ennemis. En passant à Thébes , il présente .ses bommage.s à Ammon qui est aussi le dieu de Napata. De là, il s’avance vers le Nord.
(*) LW lignes de texte. La stèle est gravée sur les deux faces et sur les deux tranches.
;4ppendice.-GEBEL-BARKAL •.
Plusieurs rencontres ont lieu. Bien que le texte nous montre Piankhi partout vainqueur, on voit néanmoins que le terrain lui est vaillamment disputé. Une fois même, un des rois alliés, Nemrod , met en fuite un corps d’Etlûopiens. Piankhi n’en arrive pas moins sous les murs de Memphis, qu’il prend d’assaut.
Piaukhi pénètre dans la capitale, non on conquérant dévastateur , mais en souverain qui vient prendre possession de ses droits. Il honore les dieux par des sacrilices, il rend aux prêtres leurs prérogatives, il établit des fondations pieuses.
En même temps, il reçoit ceux des chefs ennemis qui viennent faire leur soumi.s.sion. Quelques révoltés occupent encore des villes du Delta : il envoie contre eux des troupes qui les dispersent. Tout le pays est enün pacifié. Tef-nakht-la lui-même s’est présenté en suppliant devant le vainqueur. Bien maintenant ne relient Piankhi qui retourne à Napala , emportant avec lui le butin fait sur les ennemis.
Celle esquisse suffit ])our mettre en évidence la valeur du monument de Gebel-Barkal. Quant à la date à laquelle les événements que nous venons de raconter appartiennent , elle est difficile à déterminer. De fort bonnes raisons oui poussé M. de Bougé à faire du roi éthiopien le contemporain de la XXIII"* dynastie des listes officielles. Cependant, l’anarchie qui régne en Egypte , le nom de Tof-nakht-la «jui rappelle le Stéphinalhés de Manéthon d'aussi prés que le Tnephachtos de Diodore , l’étude des stèles du Sérapéum qui , précisément sous Tahraka , nous font trouver une foule de personnages Memphites qui s’appellent précisément comme nos rois coalisés, ces rois coalisés dont l’alliance se rapporte si bien à la dodécarchie d'Hérodote et de Diodore , un Piankhi qui intervient et fait immédiatement penser au mari de la reine Amnérilis et au père de la princesse épouse de Psammitichus I, tout engage de prime abord à placer la campagne dont la stéîc a gardé le souvenir vers la fin de la XXV“* dynastie , à l’époque où, probablement, Psammitichus était déjà exilé dans les marais. La date du monument do Gebel-Barkal ne sort donc ]>as toute seule de l’examen du texte qui y est gravé, et nous devons d’autant plus éviter de nous prononcer d’une manière définitive que dans les (juatre stèles encore inconnues dont il nous reste à parler, nous trouverons peut-être quelques éléments nouveaux de discussion.