‹ Notice des principaux monuments exposés dans les galeries provisoires du musée d'antiquités égyptiennes de S. A. le vice-roi, à BoulaqChapitre 370 sur 373 · Granit gris · texte numérisé non relu

Granit gris

Hauteur 2 l.i

Largeur 0 70

Épaisseur 0 34 (** )

Des cinq stèles que nous analysons, celle dont il nous reste à parler semble être la plus moderne. Des formes grammaticales inconnues s’y font remarquer et trahissent peut-être un idiome particulier de l'Egyptien, parlé dans ces contrées. Nous allons voir , en outre , qu’au moment où cette cinquième stèle a été érigée dans le temple d’Ammon de Napata , les rois éthiopiens étaient si loin de posséder l’Egypte qu’entr’eux et ce dernier pays se plaçaient quelques chefs indépendants contre lesquels ils furent quelquefois obligés de porter les armes.

(*] Dix ligiioâ de texte. La stèle ii’est gravée que sur une face.

(**) 161 lignes de texte. La stèle est gravée sur les deux faces et sur les tranches.

Appendice. - Gebel-Barkal.

La stèle est datée de l’an 35 et du 13 Méchir du roi Hor-si-atef.

A l’époque où nous en sommes, les rois éthiopiens n’étendaient plus leur sceptre jusqu’à la Méditerranée , comme ils avaient pu le faire sous les Tahraka et les Sabacon. Séparée de l’Egypte par les premières cataractes et le désert, l’Ethiopie formait au Sud un royaume isolé au milieu de peu- ' plades de nègres qui inquiétaient de toutes parts ses frontières.

La Nubie elle-môme, jusqu’à Assouan , était alors occupée par quelquesunes de ces peuplades (peut-être les Ichthyophages d’Hérodote).

La stèle de Gebel-Barkal est destinée à consacrer le souvenir des luttes entreprises contre elles par Hor-si-atef.

Le texte est divisé en deux parties princip.ales.

Dans la première, Hor-si-atef lui-même énumère très-longuement les dons qu’en témoignage de sa reconnaissance il a faits au dieu Ammon de Noph.

Dans la seconde , il rappelle sonunairement les campagnes que pendant les années i , 3, 5,6, 11, 16, 18, 23 et 31 de son régne il a entreprises contre les nègres.

Nous apprenons par Hérodote que , de son temps du moins , les Ethiopiens n’adoraient que Jupiter et Bacchus. Si celte opinion peut s’entendre des divinités auxquelles ces peuples rendaient principalement leurs hommages, nous voyons par la stèle d’Hor-si-atef que le témoignage de l’écrivain grec doit être pris en considération. Partout où Hor-si-alef fait pénétrer scs armes victorieuses , il s’occupe en effet à élever des sanctuaires à Osiris et à Ammon.

Telles sont, en résumé, les cinq stèles précieuses qui viennent d’enrichir la collection du Musée. L(mii- imporlauce n’a pas besoin d’être plus longuement démontrée. Toutes cimj apjKirtiennenl aux archives officielles du temple de Napala; toutes cinq sont des pages détachées des annales de l’Empire éthiopien.

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