‹ Notice des principaux monuments exposés dans les galeries provisoires du Musée d'antiquitiés égyptiennes de S. A. le Khedive á BoulaqChapitre 147 sur 337 · Abydos.-Harabat-el-Madfouneh. Calcaire · texte numérisé non relu

Abydos.-Harabat-el-Madfouneh. Calcaire

Hauteur 0 20

Petite dalle carrée. Au centre, croix ansée découpée à jour; de chaque côté, acte d'adoration à Osiris par un personnage nommé SebeJihotep , fils de sa mère Taa. (XIIP dynastie).

La série des monuments religieux se continue dans le meuble octogone, à vitrines plates, disposé au milieu de la salle.

Vitrine H.

La vitrine H renferme une précieuse collection de divinités et d'emblèmes religieux en pâte de verre. Ces figurines ont été fabriquées pour être posées à plat ; presque toutes ont été trouvées avec les sarcophages des deux T'aho (voyez Cou)\ 12 et 13). Parmi elles on remarquera particulièrement celles qui sont faites en pâtes de deux ou trois couleurs.

Vitrine I.

Autre vitrine contenant des divinités et des emblèmes religieux.

Aux endroits les plus apparents sont exposées diverses figurines représentant la déesse JNIa accroupie (voy. Salle du Centre, 175), la tète ornée de la plume symbolique. Chaque figurine est en pâte de verre et formée de plusieurs morceaux juxtaposés. Le collier est une sorte de mosaïque de longs fils de verre agglutinés par la cuisson.

Des têtes de vautour {Salle du Centre , 179 et 180) , en pâte de verre vert, sont du même temps et du même travail. L'œil rouge de l'une d'entre elles est curieusement étudié.

Tous C(.'S morceaux sont le produit d'une industrie i)articulière dont notre vitrine 1 offre les plus rares échantillons. Ils proviennent des ruines de l'édifice que la commission fran-

Sallô du Centre Vitrina. I-K.

çaise a supposé , peut-être à tort, être celles du labyrinthe (Fayoum). Les momies que nous y avons trouvées en grand nombre sont enveloppées extérieurement d'un cartonnage recouvert lui-même d'une couche épaisse de ciment fin. C'est sur ce ciment encore liquide , où elles formaient des dessins aussi riches que variés , qu'étaient appliquées les figures dont nous venons de faire la description.

Vitrine J.

Une troisième vitrine de divinités et d'emblèmes divers.

On y trouve deux plaques de bronze portant l'image du dieu Chnoupliis en velïeï. {Salle du Centre, 148), deux plaquettes d'ivoire ornées de la figure de Bes gravée à la pointe {Salle du Centre, 188), des génies des morts {Salle du Centre, 141), etc., etc.

Le morceau le plus saillant est la grande plaque de bronze qui occupe le centre de la vitrine. Elle représente une déesse debout vue de profil ; ses bras sont étendus ; sa main droite est fermée et tenait ({uelque emblème qui a disparu, peut-être la plume de justice ; sur sa tête devait être posé le disque solaire. Les inscriptions des temples nomment cette déesse Khou-t (la directrice). C'est une forme d'Isis.

Ce beau monument n'est pas seulement incomplet par les emblèmes qu'il a perdus : on remarquera qu'en certaines parties le 1)ronze est évidé et a dû recevoir des ornements travaillés en pierres dures de couleurs variées , appliquées à la manière des mosaïques. L'effet de la plaque ainsi restaurée se devine.

Il est d'ailleurs probable que la plaque elle-même devait faire partie d'un ensemble plus grand . et qu'à son tour elle était encastrée soit dans un mur couvert d'ornements de pièces rapportées, comme on en trouve encore quelques restes dans les temples , soit dans la paroi de l'un de ces beaux meubles en usage dans les cérémonies religieuses.

Yitrine K.

Cette vitrine contient une collection d'animaux sacrés. Le symbolisme de la plupart d'entre eux a déjà été expliqué à

Salle du Centre Vitrines K-M.

propos des monuments conservés dans la Cage A. (Voir plus haut) .

Au sommet de la planche est une curieuse collection de singes.

Dans le bas sont rangés divers animaux précieux soit i)ar leur variété, soit par le fini de leur exécution. On citera une vache de jaspe rouge, emblème d'Hatlior, un chien en agate, un hippopotame en lapis-lazuli, etc., etc.

Vitrine L.

Collection d'emblèmes. On ne trouve ces monuments que sur les momies

D'après le chapitre 159 du Rituel, une colonnette de feldspath vert devait être placée au cou de chaque défunt , comme un symbole de rajeunissement de son âme. Pour les pauvres , ces amulettes étaient simplement en porcelaine.

Les sceaux de lapis-lazuli et de feldspath vert sont d'autres amulettes qui accompagnent les momies bomme une promesse d'éternité. Le sceau est , en effet , le symbole des périodes du temps.

Les disques de pâtes rouge placés sur le caractère /no/iiagne symbolisent le soleil levant , c'est-à-dire l'arrivée do l'âme au séjour des bienheureux.

Les bœufs couchés et liés par les quatre jambes rappellent les sacrifices par lesquels , à certains anniversaires, on devait honorer les mânes des défunts. On sait déjà que ces sacrifices s'accomphssaient dans la'partie extérieure des tombes fVoy. Avant- Propos , page 27.)

Vitrine M.

Suite de la collection des emblèmes. On remaniue dans celle-ci les angles , symbole de mystère et d'adoration , les triangles , symbole d'équilibre , les chevets destinés â marquer la quiétude éternelle qui attend l'homme juste dans la sphère des âmes.

Vont' a, ou anl mystique, est un emblème qui est répandu à profusion dans toutes les tombes, particulièrement dei)uis la XXVI'" dynastie. On l'appelle tantôt l'œil d'Horus , tantôt

Salle du Centre Vitrines M-0.

l'œil du soleil et de la lune. Dans le grand combat d'Horus et de Typhon , celui-ci arrache l'œil de son ennemi , l'avale , puis le rend au soleil. C'est l'éclipsé passagère de l'âme succombant sous le péché ; mais l'âme ne sort que plus brillante des 'ténèbres qui l'ont un instant enveloppée : ses épreuves sont maintenant accomplies ; elle va jouir de la plénitude des biens célestes. L'out'a semble ainsi signifier le terme resplendissant de la période de justification que l'on doit traverser avant d'être admis dans le sein du dieu suprême.

Vitrine N.

Continuation de la série des emblèmes religieux. Ici se trouvent les taf, les croix ansées ( improprement appelées clefs du Nil) , les boucles de ceinture. D'après le Rituel, ces objets devaient , comme les colonnettes de feldspath , être suspendus au cou des momies.

La croix ansée est l'emblème de la vie éternelle. Le symbolisme de la boucle de ceinture n'a pas encore été bien expliqué. Il en est de même du tat, qu'on regarde, peut-être à tort , comme un emblème de stabilité.

Au bas de la planclie sont rangés des cœurs de toutes dimensions et de toutes matières : or, améthyste , cornaline , hématite , feldspath vert, etc. Dans les idées égyptiennes , le cœur était le siège de la vie. Quand , après la grande scène du jugement , l'âme déclarée pure vient chercher le corps pour s'unir de nouveau à lui , c'est au cœur qu'elle donne le premier souffle d'existence. Aussi quelques-uns de nos cœurs portent-ils , gravée sur un de leurs côtés , l'image du scarabée , symbole de la génération céleste , et , par suite , de la résurrection. La présence de l'oiseau Beanou. sur plusieurs autres a pour origine le même symbolisme. L'oiseau Bennou est le phénix de la tradition classique. Selon la remarque de M. Chabas , il se crée lui-même pour l'éternité , ce que les Grecs ont exprimé en disant qu'il renaît de ses cendres. Comme le scarabée , il devient un excellent symbole de la nouvelle vie promise anx défunts.

Vitrine 0.

Choix de coiffures divines.

Salle du Centre 385

Au sommet de la planche , rangées sur deux lignes parallèles , sont les coiffures de la Haute et de la Basse-Egypte en porcelaine. De leur réunion est formé le psche^it, grand diadème que les rois portaient , selon l'inscription de Rosette;, « quand ils entraient dans le temple de Mempliis pour ac- « complir les cérémonies du couronnement. »

On reconnaîtra parmi les autres la coiffure formée du diadème Atefet du disque lunaire , plus spécialement réservés à Thotli ; la coiffure formée de deux longues plumes droites sur lesquelles est posé le disque flanqué des deux cornes de vache, emblème de.la déesse Thouëris ; la gerbe épanouie que les monuments placent sur la tête d'Anoukis, déesse d'Eléphantine, etc. La tresse roulée appartient, comme on le sait déjà, à Harpocrate. La barbe caractérise Osiris. (Voy. ci-dessus la notice de ces divinités, Cage A, 105et suiv.)

Enfin nous terminons la série des monuments religieux exposés dans la Salle du Ce?itre-psir la description des quatre statues suivantes, que leurs dimensions nous ont.permis de placer sur des socles à part.

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