‹ Notice des principaux monuments exposés dans les galeries provisoires du Musée d'antiquitiés égyptiennes de S. A. le Khedive á BoulaqChapitre 292 sur 337 · I. Bijoux de la reine Aah-hotep · texte numérisé non relu

I. Bijoux de la reine Aah-hotep

Le cercueil tïe momie qu'on aperçoit à droite en entrant dans la Salle des Bijoux est celui qui contenait les deux tiers des objets précieux conservés sous la cage Titrée placée au centre de la salle. La cuve peinte en gros bleu sans aucune décoration n'ayant pas d'intérêt et prenant, d'ailleurs, une place considérable^ nous n'avons exposé que le couvercle.

iSalle des Bijoux.

Ce couvt'i'cle est momilonne et doré tout entier extérieurement. L'urœus , symbole de la royauté , se dresse sur le fond. Les yeux, et les oreilles sont rapportés. L'enveloppe des yeux est en or , le blanc est en quai'tz, la prunelle en pâte de verre noir.

Les dessins qui les couvrent sont tracés à la iX)inte. Un collier cache les épaules et la ix)itrine. Sous le collier sont placés l'uroeus et le vautour , groupe qui exprime la souveraineté sur la Haute et la Basse-Egypte. Une inscription verticale descend le long des jambes jus(pie sous les pieds , où l'on voit deux images d'Isis et de Neplithys dans l'attitude des pleureuses. Enfin, par-dessus ces ornements de détail , un système de grandes ailes enveloppe la momie tout entière.

Si l'on demande à l'inscription verticale dont nous venons de parler le nom du personnage dont ce cercueil a contenu les restes, on y voit, après les formules d'invocation à Phtah- Sokar-Osiris et à Athor, que ces restes sont ceux de la royale épouse 2)>'incipale, celle quia reçu la faveur de la couronne blanche y Aab-hotep, vivante pour l'éternité^

Notre cercueil contenait donc la momie d'une reine; et si l'on se rappelle :

1° Que les cercueils des rois Entef (XI* dynastie) conservés au Louvre et au Musée Britannique sont dorés i)ar les mêmes procédés et couverts , comme le nôtre , du même système d'ailes tracées à la pointe ;

t?° Que les uns et les autres portent sur la poitrine le groupe emblématique formé de l'urœus et du vautour , et sous les pieds les deux pleureuses agenouillées ;

3° Que des deux côtés la cuve est peinte en gros bleu , et taillée dans un tronc d'arbre évidé;

4° Que le nom à'Aah-hotep est un nom commun pour les hommes et pour les femmes sous ces mêmes rois Entef;

5" Que notre reine Aah-hotep est revêtue d'un titre {celle qui a reçu la faveur de la couronne blanche) qui appartient de préférence à la XP dynastie ;

0** Qu'elle n'est i^as dite la justifiée, omission qui est la règle sous l'Ancien-Empire et qui , sous les contemporains des Entef, est le cas le plus fréquent, on concluera a priori que, comme les Entef de Paris et de Londres, la reine Aahhotep appartient à la XI« dynastie.

A l'ouverture , la momie semble justifier ces prévisions. Sous la XI' dynastie, l'emmaillotage proprement dit est

Salle des Bijoux.

rare : les morts sont plutôt entourés de linges en forme de linceuls que serrés dans des bandelettes ; entre ces linges sont placés des objets de toute sorte en rapport avec les usages de la \ie privée ; d'autres objets Je même nature adhèrent à la peau, ou bien encore sont déposés dans les vides du cercueil. Or l'embaumement. de la reine Aali-liotep s'est fait exactement dans ces conditions. Deux barques d'or et d'argent, des haches de bronze, de gros bracelets de jambe ont été trouvés à côté d'elle, sur le bois du cercueil. Entre les linges mal^ noués étaient déposés, comme au hasard , des poignards, une hache d'or, une chaîne garnie de trois mouches d'or, un pectoral. Enfin le cadavre lui-même était revêtu d'une autre chaîne d'or ornée d'un scarabée, de bracelets, d'un diadème, etc. En un mot l'intérieur du cercueil ne démentait pas l'extérieur, et tout jusqu'ici nous porte à conclure que si les Entef de Londres et de Paris sont des rois de la XP dynastie, l'Aah-hotep de notre Musée sera une reine du même temps.

Mais dès qu'on interroge les inscriptions tracées sur les monuments divers dont je viens d'indiquer l'origine, le doute commence. La barque d'or massif, les haches de bronze portent le nom du roi Ra-oicat'-K/ieper Khamés ; les plus riches des autres objets sont marqués au ndm de Ba-nebpehti Ah'tnès-nahht ; quant au cartouche de la reine, on ne le retrouve plus une seule fois. Or Ahmès , ou Amosis , est un des rois les plus connus, et tout le monde sait que le vainqueur des Hycsos est le premier roi de la XYIIP dynastie. Les ressemblances de style (dont les tombes de Drahaboul-neggah nous ont fourni mille autres exemples) nous ont donc trompés; comme je l'ai expliqué autre part, l'Egypte est revenue, sous la XVIP dynastie, avec la plus singulière persistance au style de la XL", et la reine Aah-hotep sera désormais pour nous une contemporaine d' Amosis.

Restent à expliquer les liens de famille qui l'unissent aux deux rois nommés dans son cercueil. De ces deux rois, Amosis est le plus récent, d'où l'on peut conclure que notre princesse sera morte sous son règne. Mais Aah-hotep était-elle sa royale épouse piHnclpale, ou celle de Kamès ? Notons que nulle part Aah-hotep n'est dite soit la mère de l'un , soit réponse de l'autre. D'un autre côté, à moins que Kamès ne soit un de ces rois éphémères comme la XVIP dynastie a dû en produire, le prédécesseur d'Amosis est non pas Kamès, mais RasUenen. La lumière est donc loin d'être faite sur les

Salle dos Hijoiix 8 f 0-8 13

prublèines (jue soulèvent ces (inestions compliquées. Ce qui est probable, c'est «lu'Aah-liotei) était la femme de Kamès , et qu'elle sera morte sous le règne d'Amosis, soit que celuici ait été son fils (conjecture que semble autoriser le soin tout filial dont témoigne le luxe vraiment extraordinaire de la tombe*), soit que, 7^c.v novns et sans généalogie connue , il ait voulu laisser à la femme de l'un di3 ses prédécesseurs son titre d'épouse royale.

Quoi qu'il en soit, voici la description des bijoux exposés dans la cage vitrée qui occupe le centre de la salle dans laquelle nous pénétrons. Je rappellerai que ces" bijoux, contemporains du premier roi de la XVIII" dynastie, sont antérieurs de dix-sept cents ans environ à l'ère chrétienne, et ))ar conséquent comptent aujourd'hui un peu plus de trentecinq siècles de durée. Pour plus de clarté, je divise la cage en Face witérieure (côté de la porte d'entrée). Face postérieure. Face latérale droite et Face latérale gancJie.

Face antérieure.

810. — Bracelet d'or à double charnière. Figures d"<ii' finement gravées sur fond de pâte de verre bleu imitant le lapis. Amosis est à genoux; devant lui et derrière lui, le dieu Seb et les génies de la terre dans l'une des postures de l'adoration. Style très-fin ; un des meilleurs morceaux de la collection.

811-812. — Deux bracelets d'or et de perles. Les perles sont d'or, de lapis, de cornaline rouge et de feld-spatli vert. Elles sont enfilées sur des fils d'or. L'en.semble forme un damier dont chaque case est de deux couleurs. Une lame fendue en deux parties qui se séparent et se ferment au moyen d'une aiguillette d'or opère la fermeture. On y lit le nom d'Amosis.

813. — Un bracelet composé de deux parties réunies i>ar une charnière.

(*) Le cercueil et les bijoux d'Aah-hotep présentent d'ailleurs des anomalies si grandes que le titre de royale épouse principale (de Kamès), au lieu de royale mère (d'Amosis) peut à peine nous arrêter, surtout si Kaniôs était encore vivant à l'époque <lo la mort de celle que nous croyons avoir été sa femme.

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La partie extérieure représente un vautour , les. ailes éployées. Le jeu des plumes a été imité par des pierrettes de lapis, de cornaline et de pâte de verre de la couleur du feld-spath, enchâssées dans des cloisons d'or. Ce travail est celui que faisaient le plus communément les orfèvres égyptiens.

La partie postérieure, plus mince, est formée de deux bandeaux parallèles ornés de turquoises dont un dessin seul pourrait faire connaître la disposition.

Si ce bracelet a servi, il n'a pu, à cause de ses dimensions, être qu'à l'humérus.

814. — Un beau diadème. Si ce bijou n'avait pas été trouvé sur le sommet de la tête de la reine, en partie engagé dans ses cheveux, j'y verrais plutôt un des plus magnifiques spécimens de bracelet d'humérus que l'on puisse voir.

La décoration est très-riche. Une boite en forme de cartouche royal gardé de chaque côté par deux petits sphinx affrontés en forme le motif principal. Le couvercle de la boîte reproduit le cartouche d'Amosis^ or sur fond de pâte bleue imitant le lapis. Les deux sphinx sont aussi en or. Si petits qu'ils soient, les yeux sont rapportés par le procédé dont nous avons parlé à propos du cercueil de la reine. Le reste du diadème ne saurait être bien décrit sans le secours d'un dessin.

815. — Une magnifique chaîne à laquelle estappendu un scarabée. Elle a 0™ 90 de longueur, et se termine à chaque extrémité par une tête d'oie recourbée. D'autres exemples nous entraînent à dire que cette chaîne ne se fermait pas autrement qu'en liant les deux têtes d'oies au moyen d'une ficelle. Ici encore le nom d'Amosis se lit sur le cou de ces animaux.

Le scarabée mérite toute l'attention du visiteur. Les pattes, qui sont d'un travail si fin qu'on les croirait moulées sur nature, sont soudées au corps, qui est d'or massif. Le corselet et les élytres sont en pâte de verre bleu tendre, rayée par des lignes d'or. La flexibilité de cette chaîne atteste une habileté de main-d'œuvre vraiment surprenante.

816. — Une hache. Le manche est eu bois de cèdre recouvert d'une feuille d'or. Des hiéroglyphes y sont décou-

Salle (l«>s Hij.pux 8 f 6-8 H

pés à jour. Ces hiéroglyphes sont précieux pour la science, en ce qu'ils révèlent pour la première fois, au complet, le protocole royal d'Amosis. Des plaquettes de lapis, de cornaline, de turquoise et de feld-spath y sont encastrées et en rehaussent l'éclat.

Le tranchant est de bronze, orné d'une épaisse feuille d'or. Ce tranchant est enrichi sur ses deux faces de représentations. D'un côté sont des bouquets de lotus dessinés en pierres dures sur un champ d'or ; de l'autre, sur un fond bleu sombre donné par une pâte si compacte qu'elle semble être de la pierre, se détache la figure d'Amosis, les jambes écartées , le bras levé pour frapper un barbare qu'il a saisi par les cheveux. En dessous de cette scène est une sorte de griffon à tête d'aigle. Dans les récits de batailles, les rois sont souvent comparés au griffon pour la rapidité de leur course quand ils se précipitent au milieu des ennemis. En effet, le griffon est ici appelé Month , que nous savons déjà être le dieu des combats (voy. Salle du Centre, 174). L'expression aiMé de Month qui accompagne son image s'appli- (jue à Amosis.

Le tranchant de notre hache adhère au manche au moyen d'une simple entaille dans le bois, consolidée par un treillis en or,

817. — Un poignard d'or et son fourreau également en or. Monument sans égal pour la grâce et l'harmonie de formes. Quatre têtes de femme en feuilles d'or repoussées sur le bois forment le pommeau. La poignée est décorée d'un semis de triangles or , lapis , cornaline et feld-spath, arrangés en damier. La soudure de la lame au manche est artistement cachée par une tête d'Apis renversée.

La lame est la partie la plus remarquable de ce magnifique monument. Le pourtour est en or massif. Une bande d'un métal dur et noirâtre occupe le centre. Sur cette bande sont des figures obtenues par une sorte de damasquinage.

D'un côté est l'inscription: Le dieu bienfaisant , seigneur des deuxpaySy Ra-neh-pehti , viviflcateur, comme le Soleil , à toujours. Cette inscription est suivie par une représentation très-rare qui n'est pas exempte d'une certaine influence asiatique, celle d'un lion se précii)itant sur un taureau. Quatre sauterelles qui vont en s'amincissant jusqu'à l'extrémité de la lame terminent la scène.

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De l'autre côté on lit près de la poignée : Le fils du Soleil et de son flanc, Ahmès-nahht, vimfwateur , comme le Soleil, à toujours. Quinze jolies fleurs épanouies qui, comme sur l'autre face, se perdent vers la pointe, complètent l'ornementation.

818. — Un bracelet. Perles d'or, de lapis, etc., enfilées sur des fils d'or assez espacés pour que le jour se voie à travers. Sur le fermoir, légende d'Amosis.

819. — Un poignard. La lame est de bronze jaunâtre très-pesant. Le pommeau est un disque lenticulaire d'argent.

On se sert de cette arme en appuyant le pommeau sur la paume de la main fermée, et en laissant passer la lame entre l'index et le médium.

820-821. — Deux mouches or et argent. Décoration de collier. (Yo5\ plus bas, n" 829.)

822. — Un bracelet en or massif, épais, sans aucune décoration.

Face latérale droite.

823. — Un magnifique collier ousehh. hecoWxev ousehli est déposé sur les momies en vertu d'une prescription du Rituel. Il s'agrafe sur les épaules et ne couvre que la poitrine, qu'il cache complètement.

Celui que nous avons sous les yeux est d'une composition aussi riche qu'inusitée. Des cordes enroulées, des fleurs à quatre pétales épanouies en croix, des lions et des antilopes courant, des chacals assis, des éperviers, des vautours, des vipères ailées, en forment le dessin. Les deux agrafes, selon l'habitude, sont à tête d'épervier.

Tous ces ornements sont en or repoussé. Ils étaient cousus aux hnges delà momie par le moyen de petits anneaux so.udés par derrière.

824. — Ce pecioral est, avec le bracelet à fond bleu et le poignard damasquiné, l'un des trois objets les plus précieux delà collection. La forme générale du monument est celle d'un petit naos, ou i)etite chapelle. Au centre , Amosis est représenté debout sur une barcpie. Deux divinités, Ammon

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et Phré, lui versent sur la tête l'eau do purification. Deux éperviers planent au-dessus de la sœne comme des symboles du soleil vivifiant.

Le travail de ce beau monument est tout à fait hors ligne. Le fond des figures est découpé à jour. Les figures elles-mêmes sont dessinées par des cloisons d"or dans lesquelles on a introduit des plaquettes de pierres dures (cornaline, turquoise, lapis, pâte imitant le feld-spath vert). Ainsi disposée , cette sorte de mosaïque, où chaque couleur est séparée de celle qui l'avoisine par un brillant filet d'or, donne un ensemble aussi harmonieux que riche.

Par la finesse et la netteté de sa gravure, l'envers du naos d'Amosis, qui est d'or simple, est aussi remarquable (jue la face principale.

825. — Un collier formé de plusieurs rosaces auxquelles sont suspendus des ornements en forme d'amande. Les rosaces sont en or avec incrustations de pierres entre cloisons. Les amandes sont également en or. Les couleurs bleue et rouge qui les distinguent sont obtenues cette fois par des pâtes de ces deux nuances imitant l'émail.

826. — Les petits rectangles d'or, où l'on aperçoit encore çà et là quelques perles enfilées, sont les débris de bracelets que nous avons trouvés détruits.

827-828. — Deux anneaux creux en or, ayant probablement servi de bracelet, comme l'armille dont se paraient les femmes dans l'antiquité classique, particulièrement en Grèce. Il est sans ornements. La collection des bijoux de la reine Aah-hotep en comprend plusieurs de ce modèle.

Face postérieure.

829. — Une cliaine d'or. Trois mouches en or massif y sont suspendues. Cet ensemble constitue une sorte d'ornement de poitrine qui se portait passé au cou.

Des preuves plus solides seraient nécessaires pour bien établir que la mouche était , comme on l'a prétendu , une décoration honorifique.

830-831. — Deux tètes de lion. L'une est en bronze, l'autre en bn^nze revêtu d'or. La tète du lion est l'hiéroglyphe (lu mot pch, qui signifie vaillance. Nos deux moiui-

Salle (les Bijoux 83 i -835

ments ont sans doute été introduits parmi les objets précieux dont était enricliie la momie de la reine , parce qu'ils font partie du cartouche-prénom d'Amosis (Ra-neb-pehti) . On remarquera l'attitude fière de la tête de lion en or.

832. — Un bâton de bois noir, recourbé à son extrémité et entouré d'une large feuille d'or en spirale. Spécimen unique. Peut-être, à l'époque de Kamès et d'Amosis, était-il un signe de commandement. On le trouve aujourd'hui, exactement sous la même forme, entre les mains de la plupart des Nubiens et des Soudaniens, pour lesquels il n'a plus aucune signification symbolique.

833. — Un beau poignard à manche d'or massif, à lame de bronze pâle.

834.— Une hache. Le manche est de corne, rehaussé d'or à son extrémité inférieure. Le tranchant est d'argent.

835-. — Un chasse-mouche ou ftabellum. Le manche et le couronnement sont de bois recouvert d'une feuille d'or. Au pourtour du couronnement on voit encore les trous dans lesquels s'agençaient les plumes d'autruche qui formaient l'éventail proprement dit. Des représentations assez grossièrement sculptées s'y font voir. Le dieu Khons debout, suivi d'un urœus dres'^é, reçoit une offrande du roi Kamès. Celuici est casqué : il tient en main la croix ansée, et à son tour il est suivi de son nom d'enseigne {s-t'af-teti) surmonté de l'épervier.

S-t'af-teti signifie V approvisionneur des deux mondes. Vers le temps où Kamès régnait à Thèbes, Joseph recevait dans la Basse-Egypte, de l'un des rois de la dynastie des Pasteurs (voy. Eusèbe dans Manéthon), le nom de TsapMiath Hanéa'h (les Septante V écriy eut Psonthom-phanech). On remarquera que Tsaphnath reproduit avec une scrupuleuse fidélité l'égyptien T'af-en-to, l'approvisionneur dît monde (•). Il ne faut cependant rien conclure de ce rapprochement, si ce n'est que le nom d'enseigne adopté par Kamès a pu être

(*) Le serpent allongé , commun aux deux noms T'af-en-to et Tan (Tanis), a pour correspondant dans les deux cas le tsade hébreu. Les Grecs, ne possédant pas cette articulation , l'ont rendue par t dans Tanis, une autre fois par s dans Psonthom (on sait que le j) initial de ce nom n'est ici que l'article masculin).

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porté coin me nom propre par des particuliers, à l'exemple de iiam-teti et autres.

836. — Un miroir. Les Egyptiens ont su donner à ce meuble la forme la plus élégante (voy. Salle de l'Est, vitrine S). Le manche imite la tige et la tleur épanouie du papyrus. Le disque, quand il est sutllsiimment conservé, est revêtu d'une sorte de vernis d'or qui lui donne la propriété de réfléchir les objets.

837. — Neuf petites hachettes, trois d'or et six d'argent. Dans les hiérpglyphes. la hachetîe répétée neuf fois désigne l'ensemble des dieux.

838. — Plusieurs armilles ou anneaux de jambe en or. Ces anneaux sont plats et creux ; ils sont (jurlés à leur circonférence extérieure d'une chainette en tils d'or tressés imitant le filigrane. Plusieurs autres anneaux du même travail ont été trouvés avec les précédents.

Un dernier objet, complétant la série des bijoux de la reine Aah-hotep, est exposé à part sous le numéro suivant.

839. — Une barque garnie de son équipage et montée sur un chariot à quatre roues (voy. Salle du Centre, 532). La barque est d'or massif, le train cpii la supporte est do bois, les roues sont de bronze à quatre rayons.

Par ses formes gracieuses et légères, notre monument rappelle les barques célèbres du Nil faites, selon Pline, de papyrus, de joncs et de roseaux. L'avant et l'arrière sont relevés et terminés par des bouquets de papyrus recourbés.

Les rameurs, au nombre de douze, sont d'argent massif. Au centre de la barque est assis un petit personnage tenant d'une main la hachette et le bâton recourbé (voy. plus haut» n° 832). A l'avant , un second i)ersonnage est debout dans une sorte de petite cabine décorée à l'extérieur de plusieurs des emblèmes nommés boucle de ceinture. Le timonier est à l'arrière. Il se sert du seul gouvernail coniui alors, c'està-dire d'une rame à large palette. Une seconde petite cabine, ou plutôt une sorte de large siège, est derrière lui. Un lion passant, avec le cartouche-prénom de Kamès, est gravé sur

Salle des Bijoux 839-844

la paroi extérieure de cette seconde cabine. Ces trois personnages sont en or.

Le sens précis de ce curieux monument est assez difficile à déterminer. Le rôle de clianteur et de timonier sont bien connus, et la hachette entre les mains du personnage principal peut passer, comme on le voit sur quelques bas-reliefs de Deir-el-Medineh, pour un symbole de commandement. Mais pourquoi, contre tous les usages, l'image de la défunte, qui est censée traverser certaines contrées célestes entrecoupées de canaux et de champs à cultiver, est-elle absente ?

IL Bijoux de provenances diverses.

Face antérieure.

840. — Une paire de pendants d'oreilles. Style grecoégyptien. Rosaces en creux relevées par des ornements en filigrane. Fleurs fermées et épanouies faisant office de pendeloques.

841. — Six petites feuilles dor quadrangulaires avec inscriptions gravées à la pointe. On y lit la légende d'un roi qui se révèle ici pour la première fois et que Manéthon a introduit dans ses listes sous le nom de Smendès (voy, Ajppendice, Tanis, 21, et Salle du Centre, 551). Ces feuilles d'or ont été trouvées à Tanis, mélangées au sable qui sert de sol au sanctuaire du Grand Temple de cette ville.

842. — Plusieurs feuilles d'or imitant plus ou moins une langue humaine. On les trouve en effet sur les langues des momies gréco- égyptien nés conservées dans les hypogées de Saqqarah.

843. — Bijou représentant uneàme sous la forme d'oiseau à tête humaine. Les ailes sont étendues. Cette forme de pectoral est commune à Memphis sous les Ptolémées. Notre bijou vient de Saqqarah.

844. — Collection de bagues. On en remarque une qui est composée de trois autres bagues soudées par le milieu du corps des scarabées, qui leur servent de chatons.

Salle dt's Bijoux 845-853

845. — Une énieraude brute, ovilunne, eurerniée dans une résille d'or. Ce travail, ne jKtuvant être obtenu que par la soudure successive de chaque petite maille, frapije à bon droit l'attention des connaisseurs.

846. — Plusieurs feuilles d'or, décorées de figures repoussées en bas-relief : éperviers mitres, scarabées, dieu Bes, vases funéraires à tète humaine surmontée de la couronne Atef, etc. Ces monuments sont tous d'époque grécoégyptienne, et portent plus ou moins de traces de l'influence de l'art grec.

Face latérale droite.

847. — Une vingtaine de ])erles montées en or. Ces perles ont fait partie du collier trouvé avec les momies d'Abydos qui ont donné à notre Musée les magnifiques pendants d'oreilles que nous allons décrire. Elles ont jK^rdu tout leur éclat.

848. — Bois recouvert d'une feuille d'or. Un croissant sur une tige; usage inconnu. Trouvé à Saqqarah sur une momie gréco-égyptienne.

849. — Une statuette de Phtali. Or massif. ( Vov. Salle (lu Centre, 149.)

850. — Une statuette d'Ammon. Or massif. (Voy. Salle du Centre, 142.)

851. — Un urœus dressé sur sa quem?. Il iK)rte le disque sur ^a tête. Or massif. (Voy. Salle du Centre, 358.)

852. «- Lapis-lazuli. Amulette en forme de stèle. D'un côté, image de Phré en relief ; de l'autre, Hathor et Toum en creux. (Voy. Salle du Centre, 164, 107.)

853. — Jaspe fleuri. Pierre gnostique. Le sujet principal représente un dieu solaire, entouré d'attributs compliqués, et debout sur deux crocodiles. Les idéps égyptiennes, que nous avons expliquées à propos du groupe d'Horus sur les crocodriles, se font jour dans ce symbole. (Voy. Salle dn Centre, 380.)

Salle des Bijoux 85A'85l

854. — Plusieurs scarabées montés en bague. L'un d'entre eux est d'or massif.

Face postérieure.

855-856. — Une paire de magnifiques pendants d'oreilles en or, recouverts d'un riche vernis rougeàtre. Ces ornements pesants n'ont pu servir qu'attachés par un fil soit à l'oreille elle-même, autour de laquelle ce fil se serait enroulé, soit à la coiffure symbolique dont était décoré le personnage auquel ces pendants d'oreilles furent destinés.

Un disque lenticulaire, garni à sa circonférence d'une gorge de poulie , forme la partie principale de nos deux monuments. A ce disqu(! sont suspendus cinq urœus coiffes du soleil , qui eux-mêmes soutiennent , au bout de sept chaînettes d'or , sept urœus également munis du globe emblématique.

Le disque principal a des ornements sur ses deux faces. D'un côté sont cinq autres urœus (deux d'entre eux sont coiffés de la couronne Atef, les autres portent sur la tête le globe ordinaire ) ; de l'autre côté on lit , dessinés en fils d'or soudés au champ du disque , les nom et prénom de Ramsès XIIL Une dentelure de triangles en grenetis complète la décoration.

Un vieux sanctuaire , où les débris de la VP et de la XIP dynastie abondent,' existe à Abydos , dans la partie septenirionale des ruines de cette ville célèbre. Une moniie , sans légende qui nous fasse connaître ses titres et son nom, avait été ensevelie sous le dallage de ce sanctuaire. C'est sur cette momie qu'ont été trouvés les deux pendants d'oreilles que nous venons de mettre sous les yeux du visiteur.

857 . — Avec la même momie ont été découverts les débris d'un bel ornement de poitrine composé de petites égides d'or massif. Le travail de ces imperceptibles monuments est extrêmement fin. Les têtes symboUques de Pascht, d'Hathor, d' Anhour , de Phré , sont traitées avec une délicatesse si grande que quelques-unes d'entre elles ne perdent rien à être étudiées à la loupe.

Salle des Bijoux 858-866

Face latérale gauche.

On trouvera sur la face latérale gauche un ensemble de bijoux, d'or, d'époque romaine , découverts à Sâ-el-hagar (rancienne Sais). Parmi ces bijoux nous noterons particulièrement :

858 à 862. — Cinq bracelets composés de deux ou trois tours massifs d'or. Ils sont en forme de serpent. Les têtes sont ciselées. L'une d'entre elles est ornée d'une émeraude.

863. — Une sorte de bandeau coupé en forme d'ovale dans une feuille "d'or (0'° 20 dans sa plus grande longueur). Une chaînette, également d'or, relie les deux extrémités. Au centre du bandeau est une tète de Gorgone repoussée, La destination de cet objet, qui semblerait être un ornement de tète , est assez difficile à préciser.

863 Ms.^^\]n autre ornement d'usage également douteux. Deux disques à jour et ciselés sont reliés par quatre chaînes d "or. Deux de ces chaînes ont une agrafc commune qui permet de les détacher de l'un des disques.

864. — Un autre ornement de même travail et de même composition , mais plus petit.

Ô65, — Une chaîne d'or (environ 0"" 90 de longueur) de travail assez médiocre. '

Nous avons donné dans la Salle des BijouiV'ime place à part à la statue d'albâtre , que nous décri • vons en ces termes :

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