‹ Notice des principaux monuments exposés dans les galeries provisoires du Musée d'antiquitiés égyptiennes de S. A. le Khedive á BoulaqChapitre 293 sur 337 · Thébes.-Karnak, Albàlre, Hauteur · texte numérisé non relu

Thébes.-Karnak, Albàlre, Hauteur

Ce magnifique monument représente une reine qui a joué un rôle important dans les affaires de l'Egypte au temps de

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l'occupation éthiopienne (XXV* dynastie). Elle s'appelait Améniritis.

Le premier roi de cette dynastie , qui régna à la fois , sur l'Ethiopie et sur l'Egypte, fut Sabacon. Sabatoka et Tahraka le remplacèrent sur le trône. Puis parut la dodécarchie, qui enleva à un quatrième roi , nommé Piankhi, les provinces septentrionales de l'Egypte , le laissant maître de la Thébaïde et de l'Ethiopie. Enfin , à ce prince et aux douze rois confédérés succéda Psammétichus, sous lequel l'Egypte reprit ses frontières naturelles.

Améniritis fut mêlée à ces grands événements. Fille du roi Kaschta (voy. plus haut, 555 , et , selon un bas-relief de Karnak , sœur de Sabacon , elle fut , du vivant de ce prince , revêtue du titre de régente, et en cette qualité prit le double cartouche. Plus tard elle apporta les droits à la double couronne de l'Egypte et de l'Ethiopie à l'usurpateur Piankhi, qu'elle épousa, et dont elle eut la princesse Schap-en-ap , qui devint la femme de Psammétichus I". On ignore ce qu'Améniritis devint quand Piankhi fut refoulé en Ethiopie et quand sa fille, héritière de ses propres droits à deux trônes , passa ses titres à Psammétichus.

La statue de Karnak a été érigée à l'époque où Améniritis était régente. L'inscription . gravée sur le socle de granit l'appelle en effet la Reclrice du Nord et du Sud. A ses pieds sont placés ses deux cartouches. Elle s'y dit en même temps roijale sœur rf2O'02 ( nom martelé ) vivant à toujours, et royale fille du roi (nom martelé) le justifié, c'està-dire mort. Le premier de ces cartouches est celui de Sabacon, le second est celui de Kaschta. Le nom de la reine seul a été conservé intact. Psammétichus, qui venait de se substituer à la dynastie éthiopienne, devait en effet poursuivre la mémoire des rois étrangers, mais- en même temps respecter le nom de la mère de Schap-en-ap.

Comme nous l'avons dit, la statue est d'albâtre; mais son socle, qui est encore adhérent, est de granit gris. C'est sur ce socle que figurent les titres de la reine. La longue inscription gravée sur le pilier auquel la statue est adossée est une invocation aux dieux. On y voit que notre statue, quand elle était complète, devait être surmontée de deux longues plumes, peut-être en or, qu'elle a perdues aujourd'hui.

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Rien n'égale l'élégance de ce joli morceau. Les formes en sont chastes, pures et en même temps aussi justes qu'on peut l'attendre d'une statue égyptienne. La reine est coiliée de la grande perruque des déesses. Elle tient le fouet de la main gauche, et de la droite une sorte de bourse. On remarquera le travail fini de ses bracelets.

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