Abydos.-Harabat-el-Madfouneh. Calcaire
Stèle funéraire. Au sommet l'anneau , symbole des périodes du temps, entre les yeux du Soleil et de la Lune; plus bas , vingt lignes horizontales d'un texte qui , au premier coup d'œil , indique une des bonnes époques de l'art égyptien.
Jusqu'à la fin de la 13" ligne, le texte est une sorte de notice biographique du défunt. Celui-ci s'appelait Neb-oua, et exerçât à Abydos, sous le règne de Thoutmès III, les fonctions de premier prophète d'Osiris, fonctions dont il fut également revêtu sous Aménophis IL
La première ligne est la répétition d'une phrase assez fréquente , que Ton traduit habituellement : donné par les ordres du roi, ou en récompense du roi. Je croirais plutôt que la phrase est une formule laudative, une sorte d'exclamation en l'honneur et pour la louange d'un roi. On l'a trouve dans des tombeaux où elle ne peut avoir que cette signification. Dans le cas présent, donné en récompense n'aurait qu'un sens forcé : une pierre tumulaire ne serait, en effet, qu'un assez triste don. D'ailleurs, malgré le vivant à toujours qui suit le nom de Thoutmès, ce roi était mort à l'époque où la stèle fut érigée, vivant à toujours, selon les cas, s'appliquant
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aux personnages morts , comme le proclmné juste , en certaines circonstances, se place après les noms des personnages vivants. Par conséquent Thoutmès n'a pu donner la stèle. C'est la stèle au contraire qui, par ces mots : fait pour la louange du roi , évoque le souvenir du pharaon déjà défunt sous lequel Neb-oua avait passé la plus grande partie de sa vie. Remarquons au surplus que l'un des sarcophages des Entef mentionne le fait de la consécration du sarcophage par un frère à son frère, et que la formule employée n'est nullement celle qui nous occupe.
Quoi qu'il en soit, voici le texte entier gravé sur la jolie stèle de Neb-oua.
« Fait j^our la louange du roi, le roi Ra-men-Kheper (Thoutmès III), vivant à tovjours, par le premier 'prophète d'Osiris, Neb-oua. Il dit: J'ai consacré des dons nonïbreux dans le temple de (mon) père Os iris, en argent, en or, en lapis-lazuli, en cuivre et entoutes sortes de pierres précieuses, et ils étaient entièrernent sous ma dépendance. Celui qui m'a connu, j'ai été hienfaisant envers lui. J'ai rendu tous les devoirs à mon seigneur divin, en gardant le temple de mon père ; j'ai atteint les honneurs d'un vieillard, et j'ai oMenu les louanges du roi, et j'ai été nommé son trésorier, et une place m'a été faite (par le roi) parmi les grands fonctionnaires, et j'ai atteint jusqu'à loi rang distingué Des couronnes de fleurs (furent mises) à mon
cou, comme le fait le roi pour (manifester) sa louange. Et son fils, Ra-aa-Kheper-ou (Aménophis II), renouvela pour moi ses louanges. Il .me donna une statue de son père, le roi 'R2i-me\\-Kh.e]iev, vivant, (statue nommée) Khent-ef-en . . . emter-ou dans le temple du (divin) 2')ère Osiris. Que les offrandes en onguents, en huiles, en champs, en prairies..., soient maint emies dans son temple i)our la vie sainte et forte (?) du fils du Soleil, qui l'aime, Amenhotep, Vaimé d'Osiris, qui réside dans l'Amenti, seigneur d'Abydos, le vivant aujourd'hui comme toujours. — Les sept dernières lignes sont consacrées aux formules habituelles : « OMation faite à Osiris, roi éternel, à AmiMs , à Ilap-hérou, seigneur
de Toser. Qu'ils accordent les dons funéraires : vins, lait, bœufs, oies, pains sacrés, vêtements, encens, miel
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en qiicoUité, toutes les choses bonnes et pures en quantité, toutes les choses exquises qiie donne le ciel, que crée la terre, qu'apporte le Nil de sa source, à la personne du premier prophète d'Osiris Neb-oua, ledit juste. » La stèle se termine par une invocation qu'adresse le défunt lui-même, « aux vivants, aux anciens de la terre, aux prêtres, aux panégyristes, aux divins pères..., à tous ceux qui verront la stèle. Faites, dit-il, 2^our lui (c'est-à-dire /;o?«" moi) vos chants qu'aime Osiris, roi éternel, et dites aussi : Que le souffle délicieux du nord soit à la face du premier prophète d'Osiris, Neb-coua, le ptroclamé juste auprès d'Osiris. »