‹ Notice des principaux monuments exposés dans les galeries provisoires du Musée d'antiquitiés égyptiennes de S. A. le Khedive á BoulaqChapitre 63 sur 337 · Memphis -Saqqarah. Basalte vcrl · texte numérisé non relu

Memphis -Saqqarah. Basalte vcrl

Hauteur totale 1 88

Couvercle et cuve d'un cercueil de momie gravés au nom de Hor-em-heb, fils de sa mère Terou. Quoique d'une gravure très-soignée, ce joli monument n'est déjà plus du beau temps de l'art des Saïtes ; il doit en effet apiiartenir à la période historique qui le vit éclore comme une renaissance de la nationalité égyptienne sous les pharaons prédécesseurs d'Alexandre. Du reste, ce n'est pas seulement la grâce et le fini des légendes qui recommandent ce monument à l'attention ; on remarquera aussi que les patients artistes auxquels l'exécution en fut confiée semblent s'être imposé la tâche de ne laisser aucune partie de l'intérieur et de l'extérieur du cercueil sans y marquer la trace de leur burin.

Selon l'habitude, toutes les légendes sont relatives à l'immortalité promise à l'âme du défunt dans le monde nouveau où elle pénètre sous la conduite des divinités protectrices des morts. Sur la poitrine, lame de Hor-em-heb est figurée par un épervier à tête humaine tenant dans ses serres les deux anneaux de l'éternité. Au-dessus d'elle, comme une image de la nouvelle vie qui attend le défunt, se lève le soleil rayonnant du matin , assisté dans son cours par Isis et Nephthys. La scène est couronnée par une figure du scarabée de la résurrection. Le même anneau de l'éternité et les deux longues plumes, signes mystérieux de la victoire que l'âme a dû remporter sur les génies du mal avant d"être admise à jouir de la lumière éternelle, sont près de lui. Enfin, des pattes de devant de l'insecte régénérateur s'échapi)ent les trois emblèmes de la pureté, de la stabilité et de la vie divine.

Le dessous de la cuve est orné de longues prières en faveur de Hor-em-heb, fet, au milieu des représentations qui décorent cette partie du monument, on aperçoit les images des quinze pylônes que gardent des génies armés de glaives, et dont le défunt doit successivement franchir les portes en justifiant de ses bonnes actions sur la terre.

Les deux faces intérieures du couvercle et de la cuve n'ont pas été oubliées dans l'ornementation du monument funéraire de Hor-em-heb. Sur la partie supérieure (voy. le dedans du n° 85) est l'image du ciel sous la forme d'une femme, les bras étendus au-dessus de la tète, nageant dans les espa-

Grand Vestibule 86-90

ces célestes. La partie inférieure (n° 86) est au contraire occupée par ce que nous appelons l'enfer, représenté par une femme les bras pendants, le signe hiéroglyphique de VAmenti sur la tête. Quand la dépouille mortelle de Hor-emheb était encope enfermée dans son cercueil, le défunt était ainsi comme suspendu entre le»ciel supérieur qui représente la course radieuse du soleil, et le ciel inférieur que l'astre parcourt pendant la nuit. Toutes les croyances égyptiennes sont là. La vie est semblable au soleil, qui accomplit audessus de nos tètes sa resplendissante carrière ; le soleil nocturne, qui lutte silencieuseuient sous nos pieds contre les ténèbres, est l'image de la mort. Ces épreuves accomplies, l'àme déclarée pure reparaît brillante à l'horizon oriental, et commence pour l'éternité une seconde vie qui n'aura pas de mort.

Les sarcophages comme ceux de Hor-em-heb et d'Ankli- Hapi sont aussi communs à Memphis qu'ils sont rares à Thèbes et à Abydos. L'humidité du climat de la Basse- Egypte, et particulièrement la constitution géologique de la montagne voisine de Memphis, qui a forcé les habitants de cette ville à creuser les tombes dans un schiste argileux très-friable, suffisent à expliquer ce fait, Thèbes, dont le ciel est toujours si admirablement serein, n'a eu besoin que de sarcophages en bois.

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