‹ Notice des tableaux composant le Musée de CaenChapitre 13 sur 127 · XX NOTICE HISTORIQUE · texte numérisé non relu

XX NOTICE HISTORIQUE

notable des livres qui se trouveraient en sa possession après sa mort, mais l'avait aussi

nement dans le type artistique qu'il s'était proposé de suivre. Mais il songeait enfin à produire aussi son œuvre, et la tristesse calme de Venise lui paraissait favorable à la méditation sérieuse. Il entreprit sur de grandes proportions un martyre de saint Sébastien. Cette toile à demi-terminée, devenue la propriété de notre ville , ne donne qu'une idée imparfaite de ce que le talent de l'auteur, nourri de tant d'études austères, serait devenu plus tard, nous ne saurions en douter.

Pendant le temps qu'il passa à Venise, G. Lefrançoîs fit connaissance avec les moines arméniens dont le couvent, sentinelle avancée de J'Orient, occupe, au milieu des flots de l'Adriatique, une île bien connue de tous les voyageurs. Son ancien goût pour l'élude des langues s'était réveillé, et, sous le professorat des bons Pères, il apprenait le turc et l'arménien ; possédant déjà le grec moderne, qu'il parlait avec facilité, il méditait pour l'avenir un voyage en Orient, pensant trouver dans ces contrées lointaines des inspiralions locales qui ouvriraient à ses pinceaux des horizons nouveaux.

Hélas I un accident terrible allait venir arrêter ces travaux. Un malin du mois de juin 1839, en compagnie de deux jeunes peintres, il se baignait sur la plage du Lido, illustrée par les souvenirs de lord Byron. Le vent soufflait avec violence. G. Lefrançois, qui n'avait jamais appris à nager, se fiant sur sa taille élevée, s'avança trop loin dans la mer, malgré la recommandation de ses amis aussi inexpérimentés que lui. Une vague le renversa, et il périt sous leurs yeux, sans qu'ils pussent le secourir. Des gondoliers, attirés par leurs cris de détresse, accoururent, il est vrai. Le cœur de G. Lefrançois battait encore quand ils retirèrent son corps des flots, mais sa vie n'était déjà plus qu'un souffle» Quelques moments plus tard, il s'éteignait sans retour.

Le corps de G. Lefrançois fut reporté dans la chambre qu'il occupait dans la maison d'un Français, celle-là même où Léopold Robert avait si tristement terminé sa carrière. Bien des pleurs, assure-t-on, accompagnèrent ses funérailles, car il possédait je ne sais quoi de sympathique^ dont il était difficile de se défendre, l\ repose dans l'Ile de Murano, où

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