‹ Notice des tableaux composant le Musée de CaenChapitre 12 sur 127 · NOTICE HISTORIQUE · texte numérisé non relu

NOTICE HISTORIQUE

dès 1834, donné à sa ville natale, non-seulement toutes les toiles et la partie la plus

plus intimes vint Punir à cet illustre maître. Placé sous une direction aussi ferme, il s'imposa des études longues et persévérantes, pour s'approprier cette forme austère dans sa grandeur et toute nourrie des traditions de l'art antique, qui fait le mérite des tableaux de M, Ingres. G. Lefrançois, du reste, naturellement réservé dans l'éloge, ne mettait plus de borne à ses louanges quand il parlait des ouvrages de son maître.

A la fin de 183/1, M. Ingres ayant été nommé, par le roi Louis-Philippe, directeur de l'Académie française des beauxarts à Rome, le maître illustre et le disciple enthousiaste résolurent de ne pas se séparer. G. Lefrançois fit le voyage d'Italie dans la voiture de M. Ingres. Arrivé à Rome, il prit son logement au Palais de France, dans cette antique villa des Médicis, dont les bosquets de chênes verts dominaient le Vatican et la majeure partie de la Cité éternelle.

Avec un guide tel que M. Ingres, qui a passé, on le sait, toute sa jeunesse en Italie, G. Lefrançois ne pouvait manquer d'apprécier, comme ils le méritent, tous ces trésors d'art et de poésie qui donnent au séjour de Rome un charme si puissant. Cependant Florence, avec ses chefs-d'œuvre inappréciables de l'école italienne primitive, Venise, la patrie du Titien et de Paul Véronèse , sollicitaient son imagination. Après un an de résidence à Rome, il quitta cette ville et la table hospitalière de M. Ingres, pour un voyage qui, dans ses projets, devait durer trois mois à peine, et qui, dans la réalité, hélas I ne devait pas avoir de retour.

Cette Florence, que G. Lefrançois comptait explorer en quelques semaines, le retint dix-huit mois entiers. C'est alors qu'il peignit de petites copies très-soignées, que notre musée est heureux de posséder. La vision d'Ezéchiel, par Raphaël; le miracle de saint Zanobio ressuscitant un enfant, par Chirlandaio; une Madone et des saints, par Andréa del Sarto, figurent, en effet, parmi les tableaux les plus importants des musées de Florence.

Arrivé à Venise au commencement de 1838, G. Lefrançois copia d'abord avec ardeur les plus belles productions du Titien, dont la manière si noble et si grande rentrait plei-

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