‹ Notice des tableaux exposés dans les galeries du Musée de Lyon au Palais des ArtsChapitre 160 sur 231 · C. card. Consalvi. C. card. Consalvi · texte numérisé non relu

C. card. Consalvi. C. card. Consalvi

Il est facile de voir, par le contenu de cette gracieuse et très-précieuse lettre, combien le pape Pie Vil tenait k recouvrer tous les objets d'art, soit en peinture, soit en sculpture, que son prédécesseur avait été dans l'obligation de céder par le traité de 1797, et combien il y était excité par les vives instances de ses sujets. Les expressions dont se sert le cardinalministre démontrent avec la plus complète évidence que le Pape ignorait entièrement la division de l'œuvre du Pérugin, et le don de ces parties détachées. Il croyait si bien que nous possédions cette œuvre tout entière, qu'en nous la donnant il n'a point réclamé pour Rome les parties qui en avaient été séparées,

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ce qu'il n'aurait pas manqué de faire, puisqu'il s'est fait rendre par le Gouvernement les douze bustes de saints qui entouraient le tableau. Aurait-il abandonné le couronnement et les trois tableaux de la prédelle de V Ascension, si la donation en faveur de Lyon s'était bornée au panneau principal?

Et si le Pape n'avait pas accueilli la demandé de M. le comte de Damas et ne nous eût pas donné le chef-d'œuvre du Pérugin, peut-on croire qu'il se serait contenté du panneau principal, et n'aurait pas exigé la remise du tableau complet? NON, CERTAINEMENT.

Il était du devoir du Directeur du Musée de Lyon, en 1816, d'avertir l'Administration et de réclamer de suite et avec fermeté les parties complémentaires du tableau que le pape Pie VÎI nous donnait si généreusement. Il ne l'a pas fait, et son silence a été fatal.

De même l'inaction de son successeur, nommé en 1833, a aggravé le mal.

Lorsque, après la mort de ce dernier, arrivée en 1870, le Musée de peinture et de sculpture furent, par arrêté préfectoral du 19 avril, réunis à ceux d'archéologie sous notre direction unique, nous cherchâmes ce qu'étaient devenus le couronnement et la prédelle du tableau de V Ascension du Pérugin; ce ne fut qu'en 1872 que nous parvînmes à les retrouver. Mais alors le temps considérable qui s'était écoulé depuis 1816 (cinquante-six ans), rendait le succès d'une réclamation bien difficile, car les détenteurs qui avaient profité du silence de nos prédécesseurs, pouvaient invoquer la prescription, si toutefois il peut y avoir prescription pour les propriétés communales. Cependant, à cette époque, l'Administration lyonnaise instruite du fait, nous chargea de faire toutes les démarches utiles.

Jusqu'à présent, si elles n'ont pas atteint le but, elles ont eu un grand retentissement. Mais comme elles intéressent nonseulement le Musée de Lyon mais l'art en général, et, parfaitement convaincu de la justice de notre réclamation, appuyée sur un acte authentique et irrécusable (la donation du Pape), nous ne cesserons jamais d'en appeler à la. conscience des

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détenteurs et au tribunal de l'opinion publique. Si de notre vivant nous n'avons pu réussir, nous lesterons à nos succèsseurs à la direction des Musées Tobligation^ nous dirons même le devoir^ de faire toute leur vie les efforts les plus persévérants pour obtenir la remise, au Musée de Lyon, des parties d'une œuvre capitale qui lui a été lég^itimement donnée.

143. Saint Ercolano (Herculaii), évêque de Pirouse et saint Jacques le Majeur^ premier apôtre martyr.

Placé à gauche du spectateur, saint Ercolano est debout, les mains jointes, et dans l'attitude de la prière. Il est vêtu du manteau épiscopal et coiffe de la mitre; à la crosse qu'il tient dans le bras gauche, est attaché un fanon sur lequel se voit le Griffon de Pérouse.

Saint Jacques le Majeur, premier apôtre martyr, comme patron des pèlerins, a le bâton dans le bras gauche, et de ses deux mains tient un livre.

Bois, haut. 1 m. 66 c.^ larg^. 0,92 c. — Donné par le Gouvernement en i803.

Pendant longtemps bien des erreurs ont été commises au sujet de la désignation du premier de ces deux personnages. Les uns en ont fait un saint Philippe, d'autres un saint Grégoire. Personne n'a pris garde que ce personnage portait à sa crosse les armes de la ville de Pérouse, dont il était évêque.

C'est encore à l'obligeance de M. Adamo Rossi, dont nous avons parlé à Tarticle précédent, que nous devons ce renseignement.

Ce tableau n'est qu'une partie d'un grand tableau à compartiments autrefois à l'église de Saint->Augustin, à Pérouse. Les différentes pièces qui le composaient ont été données à plu-

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sieurs villes : le Louvre^ Saint-Gen'ais^ à Paris^ Toulouse et Lyon s'en sont enrichis.

VANNUGFII (Andréa), surnommé del Sarto (fils du tailleur), né à Florence en 1488, mort de la peste dans la même ville en 1530. Élève de Giovanni Bel- Uni, de Giorgiône, puis de Michel-Ange. (École florentine.)

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