‹ Notice des tableaux exposés dans les galeries du Musée impérial du Louvre (volume 2)Chapitre 17 sur 483 · INTRODUCTION. XXV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXV

une Léda, une Lucrèce, et que de retour en Italie il envoya au roi , dans l'espoir d'apaiser son ressentiment , un saint Jean-Baptiste demi-Qgure, le Sacrifice d'Abraham , le Christ mort soutenu par des anges.

Quels sont donc les tableaux qui manquent à cette liste pour la rendre plus complète? Quel fut le sort de ceux que nous y voyons inscrits et qui ont disparu du Louvre? L'espace nous manque pour jeter quelque lumière sur ces questions intéressantes; nous esquissons à grands traits l'histoire générale de la collection, et nous ne devons pas nous laisser entraîner à des recherches minutieuses et déplacées ici (1).

Le cabinet du roi de France, à l'avénement de Louis XIV au Irône, ne renfermait pas 200 tableaux; à sa mort, le nombre des peintures s'élevait à plus de 2,000. Colbert fut chargé de veiller à Taccroissement de cette collection, et il n'épargna ni soins, ni argent, pour répondre aux vœux du monarque qui s'était déclaré le protecteur des artistes et des savants.

Nous allons indiquer rapidement les principales sources où le ministre puisa à pleines mains :

Charles 1", roi d'Angleterre, avait payé 80,000 livres sterling (2 millions) la collection des ducs de Mantoue, collection qui passait, à juste titre, pour la plus magnifique qui existât en Italie. De précieuses acquisitions vinrent encore augmenter ce trésor, et après la fin tragique du prince, on inventoria 1,387 tableaux, 399 statues, distribués comme ornements dans les châteaux royaux. Le

(1) Comme dans ces notes rapides nous n'aurons plus occasion de parler de Fontainebleau, nous croyons utile de rapporter ici le passage suivant, qui constate l'heureuse influence exercée sur Tart par les merveilles qu'on y voyait réunies :

« Peut-être même trouvera-l-on que j'ai moins augmenté que diminué les éloges de ceux qui nomment Fontainebleau la petite Rome, et qui assurent avec raison que, depuis le règne de François 1er, il y avait toujours eu plus de trente peintres qui y étudiaient comme on fait à Rome ; qu'il en est sorti un grand nombre de très-habiles maîtres qui y étaient nés, et que le seul cabinet des peintures, dont on a tiré la plus grande partie des tableaux qui ornent Versailles, et dont l'autre a été brûlée en 1702, renfermait plus de peintures et de dessins originaux des grands maîtres qu'aucun cabinet des peintres de l'Europe. » (Description historique des château, bourg et forest de Fontainebleau, par M. l'abbé Guilbert,P. D. P* du roy, t. 1er, avertissement; Paris, 1731.)

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