CIMABUE
breuse , d'où sortirent Carlo cima , son fils et son imitateur et Vittore Belliniano, nommé à tort Bellini par Vasari.
173. La Vierge et V Enfant- Jésus adoré par saint Jean et par sainte Madeleine.
La Vierge, assise sur un trône élevé contre une balustrade d'où l'on découvre la campagne de Conegliano, tient un chapelet à la main et l'Enfant-Jésus sur ses genoux. Le Sauveur se retourne ()Our recevoir les hommages de saint Jean-Baptiste; la Madeleine, en s'inclinant, présente à son divin maître un vase rempli de parfums. On lit sur la base du trône : ioanis. bapt.
CONEGLANESO OPVS.
Musée Napoléon.
CïiHABUEow GUALTIKRI (Giovanni), peintre, architecte, né àFlorence en 1240; vivait encore en 1302. (Ecole florenline.)
Vasari, attribuant systématiquement à des artistes grecs toutes les peintures exécutées en Italie antérieurement à Cimabue, en conclut que ce dernier a dû être leur élève, et, afin d'exalter davantage le mérite de la prétendue révolution opérée par lui dans l'art, il ajoute que les figures des Grecs étaient informes et monstrueuses. Les faits prouvent le peu de justesse de ces assertions trop exclusives. Les peinturesgrecques n'étaient pas toujours aussi monstrueuses que Vasari le prétend . et au xiie et au commencement du xiiie siècle il existait à Sienne, à Fisc, à Lucques, à Florence même, des artistes dont les ouvrages, qui ne relèvent pas des traditions grecques, ont pu servir de modèles à Cimabue. A l'époque de la naissance de ce peintre, les types grecs avaient même considérablement perdu de leur prépondérance dans plusieurs contrées de l'Italie, et si la réputation de Cimabue a étouffé celH des artistes ses contemporains ou de ceux qui l'avaient précédé, c'est parce que son génie supérieur a contribué puissamment à l'affranchissement de l'art déjà émancipé; c'est parce que son nom, transmis à la postérité dans les- vers de Dante, a été depuis inséparable de celui de Giotto, son glorieux disciple.