INTRODUCTION. XLIX
développées tout au long et avec plus d'opportunité dans un autre ouvrage où les pièces du procès seront soumises au tribunal de l'opinion publique.
Il nous reste peu de chose à ajouter pour terminer Thistoire abrégée du Musée du Louvre. Jusqu'à la révolution de 1848, il fit partie de l'apanage de la liste civile. Louis XVIII , au commencement de son règne, distribua entre les églises de Paris et de la banlieue prés de 300 tableaux, et partagea 120 objets d'art classiques entre les divers musées ou écoles des départements. AGn de combler ces vides, la galerie de Rubens et d'autres peintures quittèrent le Luxembourg pour rentrer au Louvre , et le 24 avril 1818 on les remplaça par des ouvrages de peinture et de sculpture de l'école moderne française. La Notice publiée à cette époque signale 1\ tableaux modernes, plus 17 tableauxanciens, qui ne furent réintégrés au Musée que le 23 mars 1821. On sait que depuis lors le Luxembourg fut uniquement destiné à l'exposition des ouvrages acquis des artistes à la suite des salons, et que ces ouvrages, après leur mort, viennent au Louvre continuer l'histoire de la [jeinture française.
Le roi Louis-Phiiippe, qui se montra si généreux pour le Musée de Versailles, contribua peu, ainsi que nous le verrons tout à l'heure, à l'accroissement des gaieries de peintures du Louvre. Une collection nombreuse de tableaux espagjiols acquis à grands frais, ceux provenant du legs de M. Franck Hall Standish y avaient été déposés ; mais à la suite des événements de 1848 ils firent retour au domaine privé.
La révolution de Février changea les destinées des Musées. Ils deviennent propriété de l'État, l'administration est établie sur des bases nouvelles, et d'immenses travaux s'exécutent dans toutes les parties du Louvre. Résumons en quelques lignes ceux opérés dans le département de la peinture, puisqu'il est le seul dont nous ajons à nous occuper. Les faits sont trop récents et trop connus pour qu'il soit nécessaire de les exposer avec détail; de simples dates suffiront. Le 1^^ jum, clôture de la dernière exposition des artistes vivants au Louvre; réorganisation immédiate dans les galeries, suivant le projet remis au directeur dès le 21 avril 1848 par le conservateur des peintures. — 27 aoiît, ouverture du grand salon et de la grande galerie ; exposition dans la salle d'entrée des peintures byzantines et primitives; dans le grand salon, des tableaux choisis parmi ceux des trois écoles; dans les deux pre-
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mières travées, des maîtres italiens; dans le 1" petit salon, des artistes allemands anciens; dans les 3» et 4» travées et le 2e petit salon, des flamands et des hollandais ; dans le 3e petit salon, des peintres anciens français; dans les 5e et 6e travées, de l'école française jusqu'à Louis XIV inclusivement. Les tableaux sont classés chronologiquement autant que les dimensions des cadres et des localités le permettent; les ouvrages d'un même peintre sont réunis. - 21 novembre, ouverture des salles du bord de l'eau, ou se déroule la série des artistes français depuis Louis XV jusqu'à nos jours - delà salle des Sept-Cheminées, où brillent les grandes pages de l'école de l'Empire. - 7 décembre, rapport fait à l'Assemblée nationale au nom de la commission chargée d'examiner le projet de loi relatif à un crédit de 2,000,000 demandé pour la restauration de diverses salles au Louvre, par M. Ferdinand de Lasteyrie. Vote de ce crédit; 1,066,000 fr. sont consacrés à la galerie d'Apollon le reste est destiné à l'embellissement du grand salon, de la salle des Sept-Cheminées, etc. - le' janvier 1849, fermeture du grand salon. -14 janvier, les tableaux du grand salon sont livres au public dans les salles du musée espagnol. - 16 juillet, fermeture de la salle des Sept-Cheminées. - 2 août, les tableaux de cette salle sont rendus à l'étude dans les salles espagnole, des séances et du musée Standish. - 11 décembre, fermeture des salles du bord de l'eau pour le parquetage. - 7janvier 1850, fermeture de la dernière travée de la grande galerie qui menace ruine. - 21 avril, ouverture des salles du bord de l'eau avec un choix des peintures qui y étaient exposées auparavant, et les tableaux de la dernière travée de la grande galerie. - 10 juin, fermeture delà grande galerie pour l'éclairage par le haut des deux travées sombres. - 16 janvier 1851 , fermeture de toutes les galeries de peintures pour l'achèvement des travaux. -3 avril, réorganisation des tableaux dans les galeries et dans le grand salon. -5 juin, inauguration par le Président de la République de la galerie d'Apollon, du grand salon delà grande galerie, du salon de l'école française moderne (anciennement salle des Sept-Cheminées), des salles du bord de l'eau - 16 août, ouverture des salles de la Colonnade (autrefois musée espagnol), avec des tableaux des trois écoles qui n'ont pu prendre place dans la galerie à cause de la clôture définitive de la
dernière travée. , . ,
Dans les pages précédentes nous avons montré par quels achats, par quelles vicissitudes la collection de François Jet s'était accru