XLVIII INTRODUCTION
et des peintures de 40 artistes au moins, pour la plupart allemands, flamands, hollandais, inconnus en France, y font leur entrée triomphale. Le Musée , fondé depuis quelques années seulement, est à i'apogée de sa gloire, et la notice de 1810 nous apprend que nous n'avons plus de chefs-d'œuvre à envier à l'Europe. La galerie, d'après l'ordre de Napoléon, ouvre pour la première fois, partagée en neuf travées; les écoles sont classées séparément, et le grand salon peu de temps après (1814-1815) reçoit les ouvrages des maîtres primitifs allemands et italiens.
Paris ne devait pas se réjouir seul de nos conquêtes. Dès le 6 frimaire an Vïl, Heurtaut de Laneuviile, dans une séance du conseil des Cinq-Cents, avait demandé , au nom de^ comndssions d'instruction publique^ la fondation^ dans ies provinces, d'écoles de peinture, de sculpture et d'architecture, ainsi que l'établissement de collections d'objels d'art près de ces écoles. Ce projet avait é!é ajourné, et il était réservé à celui qui avait doté la France de tant de richesses d'en faire la répartition. Pendant les dernières années du Consulat, 22 Musées départementaux furent créés, et reçurent, del803 à 1805, de nombreuses toiles provenantde l'ancien cabinet du Roi, des églises de Paris et des conquêtes. Plus tard , un décret de l'Empereur, du 15 février 1811, suivi d'une décision du ministre de l'intérieur du 21 mars suivant, accorda une nouvelle livraison de tableaux à six villes de l'empire. C'est ainsi que 950 peintures sortirent du Louvre.
Les choses restèrent en cet état jusqu'à l'avènement définitif de Louis XVIII au trône, et la France, confiante dans les traités de 1814etdel815, traités qui consacraient formeilementà deux reprises difl'érentes le resiieci des propriétés publiques et particulières, ne pouvait s'attendre à la violation des conventions solennelles par ceux même qui, vainqueurs à leur tour, en avaient arrêté les articles à leur gré. Vain espoir, tout ce qui était notre possession légitime nous fut ravi par la force, malgréle refusdu Roi de délivrer aucun des objets d'art dépendant alors de sa liste civile, malgré les protestations de M. de Fvichelieu, malgré les efl'orts du directeur général, M. Denon, qui, menacé d'être envoyé dans une forteresse de la Prusse occidentale, n'en résista pas moins jusqu'au dernier moment, et fit constater par les commissaires étrangers euxmêmes, à chaque page du procès-verbal d'enlèvement, qu'il ne cédait qu'à la force des baïonnettes. Mais ce n'est pas le lieu de discuter ces tristes questions de droit et d'équité : on les trouvera