‹ Notice des tableaux exposés dans les galeries du Musée impérial du Louvre (volume 2)Chapitre 340 sur 483 · La Vierge en prière · texte numérisé non relu

La Vierge en prière

H. 0, 47. — L. 0, 36. — T. — Fig. en buste de gr. nat.

La Vierge est représentée de trois quarts , tournée vers la gauche, les yeux baissés, la tête couverte d'une draperie blanche, les mains jointes, et dans l'attitude de la prière ou de l'adoration.

Ancienne collection.

SANZIO

8ALVIATI (Francesco).— Fo/r Rossi (Francesco de ).

8ALVIATI (GiusEPPE). — Voir Porta.

SANZIO (Raffaello) peintrcy architecte, ne à Urbino le vendredi saint, 28 mars 1483; mort le vendredi saint, 6 avril 1520. (Ecole romaine).

Le nom de Sanzio, consacré par l'usage, n'est pas le véritable nom de famille de cet artiste célèbre. Son père s'appelait Oiovanni {Santt ou santo, et de Santius, traduction latine de Santé, on a fait ensuite

{>ar corruption, en italien, Sanzio, nom adopté par Vasari et par es autres biographes. Giovanni enseigna les éléments du dessin à son fils , mais il ne put diriger longtemps son éducation , étant mort le 1er août 1494, lorsque l^aphacl n'avait que 11 ans et 4 mois. Ses oncles, Simone di Battista Ciarli et Bartolommeo Santi, restèrent chargés de surveiller ses éludes. On ignore le nom de son premier maître. Timoleo Vit! etLuca Signorelli, qui peignaient en 1494 et en 1495 dans les églises d'Urbino , lui donnèrent peut-être des leçons avant qu'il entrât, à la fin de 1495 ou en 1496, à l'atelier de P. Perugino , artiste célèbre établi alors à Pérouse, et dont l'atelier était fréquenté par de nombreux élèves. Le jeune Raphaëî fit les progrès rapides et surpassa bientôt ses condi ciples. En 1500^ Pérugin s'étant rendu à FlorenLC, Raphaël le quitta, alla à Città di Castello, où il peignit entre autres choses une bannière pour l'église des Dominicains , retourna à Pérouse, exécuta plusieurs ouvrages, revint à Cilla di Castello, et fit, au commencement de 1504, le célèbre sposalizio qu'on admire maintenant à Milan. Dans cette composition, il imita l'ordonnance générale du spozalizio du Pérugin, fait en 1495 pour la cathédrale de Pérouse, tableau célèbre, maintenant au musée deCaen. Il passa ensuite à Urbino, peignit pour le duc Guidobaldo les deux tableaux décrits sous les nos 380 et 381 de cette Notice, et arriva à Florence en octobre 1504, recommandé au gonfalonier Pietro Soderini par Joanna délia Rovere, sœur du duc. Vasari, Bottari et Lanzi placent ici un voyage de Raphaël à Sienne, et prétendent qu'il fit pour le Pinturicchio les dessins et les cartons des sujets de l'histoire d'Enea Piccolomini que cet artiste était chargé de peindre dans la bibliothèque du Dôme. Ce voyage à Sienne est probable, mais il n'est pas certain, et quant à la part de Raphaël dans les peintures du dôme, celle question, si controversée, a été examinée dans la biographie du Pinturicchio. Arrivé à Florence, Raphaël étudia les œuvres de Massaccio, de Léonard de Vinci, et fit, pendant son séjour dans cette ville, c'est-à-dire jusqu'à son départ pour Rome, en 1508, plusieurs excursions à Pérouse, à Urbin, excursions sur les dates desquelles les hisioriens sont loin de s'accorder. Quant à ces pérégrinations de courte durée et au fond peu importantes, voici ce qui semble le plus probable. Après avoir passé la fin de 1504 et l'hiver I de 1505 à Florence, Raphaël se rendit au printemps de cette même année à Pérouse, où l'appelaient diflerents travaux, dont il laissa une partie inachevée (notamment les fresques de San-Severo. Il se trouvait à Florence à la fin de 1305, et en 1506 il va à Urbin, fait le portrait du duc Guidobaldo, celui de la duchesse, le sien propre (aujourd'hui à Florence) et le petit saint Georges portant l'ordre de la Jarretière (voir le no 381). A la fin de l'année, il revint à Florence, C'est ici, avant l'automne de 1506, que M. Passavant suppose un voyage

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de Raphaël h Bologne (voyage hypothéti^jue dont Vasari ne p 'rie pas), afin d'expliquer sa liaison avec le Francin. D'autres critiques pensepl que les d^^ux artistes n'eiitrèren! en rela ion que par rinierniédiairé d'arnis Cwoimiins, e! par leilres. Ils s'engagèrent à échanger leurs portraits. Le Francia envoya le sien à sou jeune ami en 1508, et lui adressa ce beau sonnel qu'il termine en dismt que 1 1 n.uure. vaincue et rendiiC éloquente par ses artilîces, le proclamera seul le peintre des eiiilres. Quant à l'inlimilé directe qui s'établit entre Rapîiaël et Fra Bartolomniei) à Florence, eile est certaine; mais si le Sanzio reçut du Fr;Uc d'utiles conseils sur la science du coloris et l'art d'agencer les draperii^'s, ce ne peut être qu'après i:>06, époque où Fra Bariolommeo, après avoir abandonné la pe ntiire, reprit enfin les pinceaux à la sollicita ion de ses amis. En l'O:, Baiihnël visite encore Pérou?e. travaille dans la chapelle Baglioni dans l egli.^e des Franciscains, peint l'admirable Christ au tombeau, C(»:i maiulé par Atalanîe Baj^lioni . aujourd'hui dans la galerie Borghèse , et d< iu le carton toutefois fut tracé, pen<e-t-on , à Fb^rence. Revenu dans celte ville, il fait entre autres ouvrages la sainte Calherine que possède la NnUnnni Gall ry de Londres (le Musée du Louvre en a le car- Ion) et la Belle Jar dinière (iio 875). Enfin, en I5C8 il peint la Madonna diie de la casa Niccolini, celle de la casa (ol'nna, et, vers le milieu de l'.'nnée , il part pour Borne , où l'attendaient d'importaîilcs entreprises. L'architecte Bramante, son pareî»l, le présenta au (Kipe Jules II, qui lui donna à décorer la SdWcdclla Seijnatura^ au Vaticarî. Sa première fresfjue fut la dispute du Saint-Sacrement, et elle satisfit tellement le pape qu'il fil détruire presque toutes les peintures exécutées antérieurement. Il peignitensuile l'écoîe d'Athèlios, le Parnasse, la Jurisprudence. Ces imnieiises travaux étaient terminés en ioM. Raphaël travaillait;) la deuxième pièce des quatre salles connues sous le nom délie Slanze, lorsque Léon X, succédant à Jules il ie il marsisr.i, prit égaleruent l'artiste s(>us sa protection. La deuxième ehaïubre fiit finie en 1514, et, après avoir peinl l'incendie du boi'rgdiiis la troisième, Raphaël, accablé d'.-eeijpati(.ns, eutrecoursaux pinceaux de se.■^ savants élèves pourexéci.ter les nombreuses compos tions qu'il necessait de produire. Ladernièresallefiitachevée sur ses dessins après sa mort, par Jules Romain el le Peui i-EnlSU, il remplira Bramante comme directeur des constructions du Vatican, et Léon X le chargea de continuer les galeries nownioes les Loges, qui étaierjt à [)eine commencées. C'est pour les voûtes du portique du deuxième étage qu'il composa cinquant( -deux sujets tirés de la Bible, peints [)ar ses disciples, à l'exception d'un seul l'ait par lui comme oiorlèle. Il embellit à peu près à la nfème époque le vestibule du palais Chigi, appelé lîsainlenant la Farnésine, de fresques représentant i'histoire de l'Amour et de Psyché. En 1515, il eut la conduite des conslructi(.ns de l'église de Saint-Pierre, et en il fut nommé surintendant des édifices antiques de Rcme el chargé de la surveillance des fouilles qui se poursuivaient avec une extrême activité, Enfin, il peignit en détrempe, pour des tapisseries commandées par Léon X. les fameux cartons placés maintenant à Ham[)l()n-CourL Si l'on réfléchit qu'au milieu de ces entreprises colossales il faisait bâtir sur se^ dessins, à Rome et à Florence, plusieurs paiais, et que le nombre de ses tableaux à l'huile importants, exécutés de 1517 à 1520, tableaux dispersés dans les Musées de l'Europe, est presque incroyable, on comprendra facilement que cet illustre artiste a pu succomber à :{7 ans, victime de son dévoiiement à l'art plutôt que de l'ignorance d'un médecin et d'excès qui ne sont rien moins que prouvés, maigre le récit de Vasari. Due lettre de l»auluzzi . publiée récemment par le nrirquis Cimpori, donne un nojive ui démenti à eel!e asser lion. Le le demain même de la mort de R 'phaël. le 7 avril, Pauîu/zi écrit de Uome au duc de Ferrare : Raphaël d'Urbin a été

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enterré à la Rotonda. succombanl à une fuWre continue et aiguë Sui riIlnMua voilà h..il jours. ()n rcnwirque trois P;;»«^,i; ^ ^is- Sncles dans son .lylr : sa u.auii re V^'^^'j^'''^'^^^^^^^^^^ ^f.G'iS Hp iPiiins nui s'est pcou é dci)iii? sa sortie de l atelier du Perugin ,Wà sorarr.v '^^^^ deuxic^me manière. dite llorentine,

ie lerm ' a dispute du Saint-Facreu.eni ; à partir de la fresque dl rérole d'Alliènes il entr^î dans une n uvelle voie, et probablement iUllai ènc o^e m^^^^^ «"rsq.;!! n;ourut. Raphaël Inlle chej

d'une école fameuse où se fornu reni plus dc nOpeinires tous bons et suivant 1 expression de Vnsari. Parnu eux il f:»ul surlouldiss

dr?aJiabaUiiil,<iiovaniil da Udiiie, artistes <^\\'*'»>''^'s, 9';.' "aillèrent pour leur propre comptée! ne consentirent a être gravé, qu 'apn's laSi)ort du maître auquel ils s ôla.enl ^'^^^^J^^^^^^^^^ - La destinée de Raphaël est uniqiir d- ns les f-stes de l;i peinture- En qucCè années, il épuisa les rweurs de L fortune ; sp. morl premàturée fut un d. uil pour Tari; et U postérité, enu.tab e cette ois, s'empressa de diviniser son nom. S il s est montre digne de cette apothéose, ce n'est point qu il ail réuni d'M'^s «es œuvres, conime on 1 a dit souvent, les diverses qu 'lit^s qui brillent d un si yif éclat dans celles de Léonard, de Titiei:, de Micliel-Ani;e, du Correse; ce nés Tas en un mot parce en 11 est le plus correct et le plus sayan §e tous u"i?e litres; m -h c'est p-^ree nue seul il est toujours eleve sans (flort, umain nus trivialité, i;r cirux sans anétenc passionné gansexasérati.>n: c'est parce que ses compositions les plus simples et les plus vastes portent éf^alement I empreinte d'une création spontanée, pleine de vie, de grandeur et de beauté.

375. La Vierge, VEiifanl-Jésm et le jeune saint Jean; composition connue sous le nom de la Belle Jardinière.

n. 1,22.— L.O, 80.— Cintré par le haut.— B. -Fig.pet. naU

La Vierge, assise, vue de trois quarts tournée à gauche, contemple rErifant-Jcsus, (jui est debout, appuyé sur elle, ei la regarde; le jointe saint Jean, à genoux devant le Christ^ à droite , tient luie petite croix de jonc. On aperçoit dans I cloigncMuent, du même côté, une ville et des'clocl.ers ; à gauche, une rivière qui coule aux jncds de montagnes é'evces. On lit sur le bord de la robe de la V ierge: kaphaello. VKB.,et plus haut, sur la b«)rdure du vêtement, dert ière le coude du bras gauclie : m. d. viï.

Gravé par fhérenu ; p^r E. Knvsselet; par N. PoiHy ; par Audnuin dans U Musée français; par M. Boucher Desnouers [Cale. iwp.\ ; par L"ngier; par Gustave f evy; par Josrpli Bal; par Sasso; par Aurelto. — tilhol, l, b, pL 427. — Landon , L 6, pl. 47.

Colleclion de François 1er. - Plusieurs critiques ont pensé que

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cette Vierge, de la deuxième manière de Raphaël et de sa période florentine, pouvait être celle qui lui fut commandée , suivant Vasari [Vies de Haphaël et de Ghirlandajo) , par un gentilhomme siennois nommé Filippo Sergordi, et qu'il laissa, lors de son départ de Florence pour Rome, dans les mains de Ridolfo Ghirlandajo, afin que ce peintre terminât une draperie bleue. D'autres critiques prétendent au contraire que le tableau dont Vasari veut parler est celui connu sous le nom de la Madonna di Casa Colonna, et qui se trouve maintenant au Musée de Berlin. Quoi qu'il en soit, et pour résumer la discussion, nous ferons observer qu'un artiste ne signe pas un ouvrage inachevé, et que le départ de Raphaël pour Florence n'ayant eu lieu que dans l'été de 1508, Ghirlandajo, en finissant le tableau et en le signant pour Raphaël, l'aurait daté de 1508, et non de 1507, époque à laquelle Raphaël était encore à Florence. La date de 1507 est irrécusable : plus on l'examine, moins on peut admettre la supposition toute gratuite de M. Passavant, qui veut qu'un I ait été effacé, et elle prouve que la peinture du Louvre n'est pas celle terminée par le Ghirlandajo. Lépicié fait observer que cette Vierge a dû être peinte à Florence, vers le même temps que le Christ porté au tombeau, exécuté par Raphaël dans cette ville pour Atalanle Baglione, parce qu'on trouve des études pour ce dernier tableau au verso d'un excellent dessin que M. Mariette possédait du tableau du roi. Cette observation est surabondante, puisque le tableau du Christ mort est daté de 1507. — Un dessin original à la pierre noire, un peu plus petit que le tableau, se trouve à Holkham (en Angleterre). — [| existe un grand nombre de copies anciennes de ce tableau. L'une d'elle, ayant appartenu, dil-on, à Mazarin, se trouvait en 1831 dans les mains d'un américam nommé William. Il en existait un autre dans la galerie du cardihal Fescli. On en voit encore dans les galeries de Dresde, de l'Ambrosine du duc de Milan, du duc de M rlborough, à Bleinheim: du prmcede Lichtenstein, à Vienne; au palais Gaelano Cambiaso, à Gènes ; au Musée d'Avignon, dans les appartements de l'Escurial.

376. La Vierge, V Enfant-Jésus endormi ^ le jeune saint Jean.

H. 0, 68. — L. 0, U. - B. — Fig. de 0, 60.

L'Enfant-Jésus repose sur un drap et un oreiller placé à gauche, sur une pierre; la Vierge, vue presque de profil le front ceint d'un diadème, accroupie et tournée vers son fils, soulève le voile dont il est couvert pour le montrer au jeune saint Jean représenté de profil, agenouillé à droite, et les mains jointes dans l'attitude de 1 adoration. Dans le fond, des édifices en ruines et plusieurs figures.

Gravé par A. Poilly ; par J. Frey ; par Du Flos; par t. uorsi; par Ing ouf dans le Musée français; par M. Desnoyers; par J.-J. Massard; par L.-C. Recotti ; par P. Melzmacher. - Filhol, t. U, pl, 217. - Landon, /. 6, pl. 40.

<:ollection Louis XV. - On a désigné cette composition de plu-

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sieurs manières. Lépicié dit qu'elle est connue sous le nom du Silence de la Sainte-Vierge; d'anciens catalogues lui donnent le nom de Vierge au Linge; on l'a appelée aussi la Vierge au Voile, au Diadcme, ou le Sommeil de Jésus. On sait peu de chose sur l'histoire de ce tableau, qui n'est pas cité parVasari. Voici ce qu'en dit Germain Brice [Description de la ville de Paris; Paris, 4752, t. i, p. 4:i5), en parlant de l'hôtel bâti en 1620 par Raymond Phélypeaux de La Vrillière, secrétaire d'Etat, acquis en 1713 par Louis Alexandre de Bourbon, comte de Toulouse, prince légitimé : » L'on y a vu longtemps une suite d'excellents tableaux des plus grands maîtres que ce grand ministre avait rassemblés, et qui donnaient une grande idée de la justesse de son goût. Un des principaux était un beau tableau de Raphaël, représentant la Sainte-Vierge qui considère l'Enfant-Jésus endormi, lequel a passé, en 1728, dans le cabinet du prince de Carignan, et dont on a une si belle estampe gravée par FrançoisPoilly.» Ce tableau est en effet porté sur l'état des peintures de la collection du feu prince de Carignan, choisies par le peintre IL Rigaud et achetées en 1742 pour le roi par Noël Araignon, écuyer valet de chambre de la reine. 11 fut alors t^stimé 2,000 livres. La vente du prince, annoncée par le premier catalogue pour le 30 juillet 1742 n'ayant pas eu lieu , elle fut remise au 18 juin 1743, et l'on publia un deuxième catalogue , fidèle reproduction du premier. Il existe des copies anciennes de ce tableau dans la galerie Bridgewater à Londres (elle vient de la galerie d'Orléans), dans la collection de M. Agard, de Londres (provenant du duc de Choiseul), dans la sacristie de la cathédrale de Tolède.

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