Sainte-Famille
H. 2, 07. - L. 1, iO. - T. — Fig. de gr. nat.
L'Enfant-Jésus s'élance de son berceau dans les bras de sa mère assise à droite; il est adoré par saint Jean, qui lui est présenté par sainte Eliscîheih assise à gauche. Un ange ré|)and des fleurs sur la Vierge; un autre se prosterne ; à droite saint Joseph, la téte appuyée sur la main, est absorbé dans la méditation. On lit sur le bord du manteau de la Vierge : raphael-vrbinaspiNGEBAT-î-D x viii-, et plus haut , également sur le bord du manteau : romae.
Gravé par Gérard Edelinck [Cale, imp.); par G, Kousselet; par P. Brevet; par J. Chereau ; par de Poilly ; par Richomme dans le Musée royal; par Greger. — Filhot, t. 9, pl. 709. — Landon, t. 6, pl. 44.
Collection de François 1er. — Les historiens disent que François le^, dans son admiration pour le tableau de saint Michel, que Raphaël lui avait envoyé , récompensa le grand artiste avec une telle munificence, que celui-ci, à son tour, voulut reconnaître la libéralité du
^3 SaNZîO.
.«^nj^raiie en pei-nant pour lui une Sainte-FamiUe qu il le priait monarque ^"^.J^]^'^^^^^^^^ François 1er répondit a Raphaël « que
.1 accepter .1 f ! /parlageani l'immorlalilé avec les
irlnd^ r i^^^ pôusa -Il traiter avec Tux. ,.°ll accepta |e tableau dou- ^îa le D iVqiril avait donné à Tartiste pour le sasn Miche , et l m- V a^ven r a sa cour; mais Léon X s'opposa a son départ de Rome.
i /on \ mourut en 1521 , et que Ciément VII n'était pas encore pape en Î48 V r i 1 1 irad^ d'une correspondance fort curieuse publiée Tn^lcM^^^^^^ p.1/i6).Goro Gheri de Pistoia, qui fu
^^ndaiu nSié temps à la tete du gouvernement de Florence , écrit fHaldassT e T r^^ t*escia , chancelier de la cour de Rome , ami tip RSèMI un de ses exécuteurs testamentaires : - Florence, '^^mars l'i» J^fe- ai part à Son Excellence le duc de ce que vous me dit '^l' 1^^ que Raphaël d'Urbin met a travailler aux
oeinlùros 'Muman lées par Son Excellence. Je sais que le ^luc l ap- Kdra avec beaucoup d. plaisir.^ (Le duc dont parle (^h^n est Lo- V(wo de' Me-iliei, duc riiibin, alorsen France.)-'"!* avril 1oi8. Son Fxce lemu le rapoello , comme vous l'avez vu par a etlre, qu on o^ess^ api ail de terminer le plus tôt possible 1,^'^. ouvrages
au'il faiU^^^^^^^^^ Son Excellence ; et moi, je vous prie de le lui rappe er ?ouven .15 avnl 1518. J'apprends encore ce que vous mç dites
HuchaiU ce suNT Micuhl et la Notre-Daiîe que lait Raphae d Lrb n- et Son Ev^^^^^^^^ le duc l'apprendra avec beaucoup de plaisir « - a^; ma 1518. 0::ant au travail de Raphaël d'Urbin , nous croyons au 1 sera bien de l'envoyer par mer jusqu'en Provence comme c'est votre avis p rce que cela sera plus commod.; , moins cher et moins embarra^ai t. De à nous donnerons ensuite des ordres sur ce qu on doit en faire^^ - " 17 mai 1518. Quant aux peintures, j'apprends que notrese'^^^^^^^^
e plaisi ^^^Sa Sainteté. N oubliez pas de rappelera Raphae qu'il les arrange et prenne les mesures iipccssaires P«"^, M'I^^ '^'f^ nas s'abîmer en route, siirlouts'il pleuvait. » — "3ju n ^-^IS. Quani aux fabîeaux ' peintures faits par Raphaël d'Urbin , l'apprends ce^que voi s aiez arrcié et ie n'ai rien à ajouter à ce sujet Vous avez bien fai^ de les a ' èr aux ilarthalini , à Lyon . où on trouvera des ordres sur ce nn'il y aura à faire. - Goro Gheri s'adresse ensuite a Lorenzo di' Medici duc d'IIrbin (en France): - « Florence, 3 juin 1518. Les !>intiVrêî fVit's par Raphaël d^Urbin sont à Florence; demain inatin «arUron^ les mS elieri qui les transportent. Raphaël a envoyé avec
il^sun^^omVe^ j-" ^^^P^'"T^am^S?i'^^^^
Lron, à l'adresse des Barthalini. "'««^M'-'S
une série d. îet res adressées par Beltrame Costabili, ^^.^ ^l'^^^^^^'^f 3mbass'^d M.r du duc de Ferrare, Alphonse 1er a ia cour de Rome don roici deco irtsexlrails : 1er mars 1518 : ce qui 1 occup ' ^^^'^P*^'^*^,'! '^^^^fî unsain Miche' grm leur un..relle,que sa mmfee^ lu. a commande p^^^^^ être olTer' à Si ^lajesl- Très-Chrétienne. - « -i7 mai la s . Raphaël Î'U bin vion" de l.nniner l'œuvre du roi très chrétien, qui représente un sain! Aliche el ie dr;r^on sous ses pieds, et en a pareiliejnent acheté un anire po :r ^a ^l^jesié la reine d.nt le sujet J'^^ ^[f ^^^^^ afcc l'E .fant -t qua'rc autres figures d'une S-^»de bcMul^. Lomme ce sont des pei flores sur bois, St S unlelé les comple'.e par de rna- /niliques ornements, elc. - îl résulte de ces deux correspon^ 5.1c, d^jàle 2S mus '518. Raphaël ir ivaillait avec «^deur au saint aicbol; qu'il était Uni au 27 mai 1518; que le saint Michel fut lait pour
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le roi lYançois 1er el la Sainte-Famille pour la reinr ; que ces deux peintures ont élécxécutrcs à la même éin>qije; qu'elles sont arrivées ensemble en France; que Laurent de Wédieis, duc dUrbin, neveu du pape, dev.îii les offrir en préseni à Franvois I«r, dont il recherchait l'appui ; mai^ que c'est le pape qui !> s a eonmiandées et payées ; el qu'enfin il n'y a pas eu assaut de générofcilé entre l'artiste et le roi. — Un autre passage de la correspondauee de Costabili nous apprend que llaph;iéi offrit au duc de Ferrare le eailon du saini Michel, et le même ambassadeur, dans sa lettre du 21 sep'embre 1518 ajoule ces mois : « Uaph ël m'a prié de demnnder h Voire Fxcel ence quelle veuille bien ne pas faire mettre en couleur le c^rlon, le roi di' France l'ayant eu colore de sa main.» Le 28 sepu nibre, Alphonst; lépond à son ambassadeur qu'il aecepie le carton, et le 11 novembre, que le carton est arrivé la veille, et qu'il U- char<;e de remettre 25 écus à Raphaël pour fèt» r la Saint-Mai t n en peiisanf à lui. (ùe carton est aujourd'hui pet du. On trouve dans T.nventaire di- Baiily (1709 1710) cette note : «Peint sur bois el dans une bordure dorée avec deux volets doublés de velours vert, peint par dessus d'ornements rehaussés d'or. H Les volets ont dû être détruits à la îtévolulion , et le tableau a été depuis transporté sur loile. C*' tableau a été nettoyé par le Primalice (1537-1540). — \. la notice de ce peintre.
378. La Vierge , sainte Èlimhelh , V Enfant-Jésus caressant le jeune mint Jean,
H. 0, ;^8. — L. 0, 32. — B. — Fig. de 0, 35.
A droite, l'Enfant-Jésiis, debout, appuyé sur la Vierge et les pieds posés sur son berceau, prend dans ses deux nnains la tète dti jeune saint Jean que sainte Elisabeth, agenouillée, lui présente. Derrière les figures, un p;in de mur en ruines avecdes arbres. A droite et à gauche, fond de paysage.
Gravé par F. Pni'Uf; par P. Drevel ; far W. de Gutwein^ par J.-B.'L. Massard; par A,-B, Desnoyers, — Ftlhol; — Landcn^ no 107.
GollecUon de Louis XIV. — On lit dans le Catalogue raisonné du roi, par Lépieié : <• Ce tableau appartenail «n W. Loménie de Brienne, lorsque Louis XIV le fit acheter. M. Félibien croit qu'il vient de la maison de Boi sy, et qu'il a été apporté en Frmce par Adrien Gouffier, cardinal de Boissy, à qui Raphaël l'avait donné en reconnaissance des bons offices que ce prélat lui avait rendus auprès de François I*r. Il ajoute que Mazarin en avait eu un sendjlable du marquis de Fonlenay-Marruil , ambassadeur de France a«jprès d'Urbain VIII, et que ce mii.islre, persuadé par le chevalier del Pi.zzo, l'avait acheté à Rome comuie l'original, d'après lequel le lableaii que le mi a présentement avait été copié par .Iules Romain. Félibien prétend avec raisonque Raphaël n'a fait aucundeeestableajjx.etqij'ilsontété peints Tunel l'autre par des élèves de ce grand peintre, sur sesdcbsins, mais
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que celui du roi a été retouché et fini par Raphaël. » Nous ajouterons, pour compléter ces renseignements, que le même Félibien dit que ce tableau était couvert d'un volet de bois peint et orné d'une manière aussi agréable que savante. Il y a tout lieu de penser que ce volet est la grisaille inscrite sous le no 387 (V. ce numéro). Mariette [Recueil d'estampes de Crozat, 1. 1, pl. 9 , no 17) croit reconnaître dans le tableau du Louvre l'exécution du Garofolo, et suppose que cet élève de Raphaël l'avait peint d'après un dessin de son maître. On voit, par ce qui précède, que ces critiques sont bien d'accord pour attribuer cette composition à Raphaël, mais qu'ils ne sont pas aussi unanimes sur le nomdeTartiste qui a exécuté la peinture. Enfin il existe une gravure de Caraglio représentant le même sujet avec des différences; on y lit ces mots : Raphaël Vrbinas invenit. Cette estampe paraît faite diaprés un dessin. Il n'y a point de paysage. Le mur placé derrière les figures occupe tout le fond; la Vierge a la tête nue et tient une main sur l'épaule du petit saint Jean. Le reste est conforme au tableau du Louvre. Dans une copie de cette gravure, le fond représente une décoration d'architecture. Quoi qu'il en soit, il a dû être exécuté de 1517 à 1518, époque à laquelle Raphaël travaillait pour François I^r, et non en 1511, comme l'a prétendu Florent Lecomte.
378 bis. Saint Jean-Baptiste dans le désert.
H. 1, 35. — L. 1, 42. — T. ~ Fig. pet. nat.
Le saint, portant sur la tête une espèce de couronne faite d'une branche de feuillage, est assis sur un tronc d'arbre. Il tient d'une main un rouleau déployé, et de Taiitre montre une croix.
Gravé par Simon Valée, — Landon.
Ancienne collection. — Ce tableau , porté sur les inventaires de la Restauration aux inconnus de TEcole italienne, est inscrit dans l'inventaire de Bailly (1709-10) comme étant de Raphaël et placé alors à Versailles. Il est aussi donné à Raphaël dans le catalogue des tableaux du roi, par Lépicié, en 1752, ainsi que dans l'inventaire de TEmpire. En 1S20 il fut concédé, sur la demande du duc de Maillé, à Téglise de la commune de Longpont (Seine-et-Oise). Plus tard, par suite de son mauvais état, il rentra chez le duc, après la mort duquel il figura dans sa vente, et fut acheté par M. Cousin, marchand de tableaux, pour la somme de 59 francs. Revendiqué en 1837 par l'Administration du Musée , un procès s'engagea entre les héritiers de Maillé et M. Cousin, lorsqu'enfin, en 1838, un arrêt de la Cour royale restitua définitivement le tableau à la Liste civile. On voit dans la Tribune, à Florence, un tableau représentant saint Jean-Raptiste, mais la composition en est entièrement différente. Mariette, dans son texte du cabinet Crozat, nous donne les renseignements suivants sur la peinture du Louvre : « Le temps avait endommagé ce tableau, et il était devenu méconnaissable, au point que l'on n'y faisait pas attention. Le sieur Stiémart, chargé de l'entretien des tableaux du roi l'ayant nettoyé, on fut surpris de ne pas s'être plus tôt aperçu que c'était un des plus parfaits ouvrages de Raphaël. Comme ce tableau est peint sur
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toile, contre Vordinaire des tableaux de Raphaël, on juge que c est le même saint Jean que Vasari dit qu'il avait peint sur toile Pour le cardinal Colonna. Cet auteur ajoute que quoique le cardinal y tutenuerèmen> attaché, il ne put le refuser à Jacques Carpi, son rne.lecm pour récompense des soins qu'il avait eus de lui pendant une grande maladie. Au temps de Vasari, ce tableau était a Florence entre les mains de François Benintenli; ensuite il a passe dans le cabinet d 1 roi - Il nous semble que le savant iManctte fait ici confusion ; car très-probablement le tableau du cardinal Colonna est celui qui figure à la ?W/λme de Florence, et sa composition diffère entièrement de celle de la peinture du Louvre.