‹ Notice des tableaux exposés dans les galeries du Musée impérial du Louvre (volume 2)Chapitre 390 sur 483 · La Vierge et V Enfant- Jésus · texte numérisé non relu

La Vierge et V Enfant- Jésus

F; 1, 30. — L. 0, 71. - B. — Fig. pC, na'.

La Vier^ze, assise sur uîi trône , tient sur ses genoux l'Enfant- Jésus. Deux anges, agenouillés de chaque côté

VANNUCCHI.

du trône, jouent, l'un de la viole, l'autre du psaltérion; au-dessus d'eux, d'autres esprits célestes en adoration. — On lit dans la partie inférieure de ce tableau : TvRiNvs Vanmis de Pisis me piqsit.

Musée Napoléon. — Ce tableau est peint sur fond doré.

TANNUCCIIÎ (Andréa), dit Andréa del Sarto, né à Florence en 1488, mort dans la même ville en 1530. (Ecole florentine.)

Andréa, surnommé (?e/ Sarto à cause de la profession de son père, qui était tailleur, fut mis, à l'âge de il ans, en apprentissage chez un orfèvre, qu'il quitta bientôt pour se livrer exclusivement à l'étude du dessin et de la peinture, sous la direction de <iio. earile, peintre médiocre, mais habile sculpteur en bois. Il resta trois ansdans l'atelier de ce maître, entra ensuite danscelui dePietro di Cosimo, étudia avec ardeur les frcsquesde Massaccio, de Ghirlandajo, el surtout les fameux cartons de Léonard de Vinci et de Michel-Ange. S'él ant lié intimement aveclerranciabigiojes deuxamisprirent pendant quelque temps un atelier commun et exécutèrent en compasnie de nombreux travaux. Des I année 1511, Andréa passtiit pour un de:^ plus habiles artistes de l^lorenre, et les peintures importantes qu'il fit à fresque et à l'huile, pour la confrérie dello Scalzo, pour l'église de San-Gailo, dans le couvent des Servîtes, dans le monastère de San-Salvi, et pour une loule de seigneurs qui recherchaient ses ouvrages avec empressement, mirent le sceau à sa réputation. Deux de ses tableaux ayant été apportes en France, François 1er les vil, les admira, el appela Andréa a sa cour. M arriva en France, accompagné de son élève Andréa Sguazzela, a la fin de mai 1318. Le roi lui fit de riches présents, lui assigna une pension considérable, el rétribua magnifiquement ses travaux, qui jusque-là, malgré leur immense mérite bien reconnu, n'avaient été que très médiocrement payes. André jouissait à la cour de la fortune la plus briiîanle, lorsqu'unelettre de sa femme, qu'il aimait passionnément, lui fit prendre la résolution de retourner à Florence. 11 demanda un congé au roi, l'obtint, jura sur l'Evangile de revenir sous peu de mois, et partit en 1519, chargé par le monarque de faire des ac(iuisitions d'objets d'art pour une somme assez considérable. Arrive a Florence, Andréa dissipa en folles dépenses l'argent que le roi lui avait confié, et il n'osa plus revenir à Paris. Hetombé dans la gene, il se mit au travail avec ardeur, agrandit encore sa manière, el à chaque nouvel ,iivrage prouva qu'il faisait un nouveau progrès. Florence, assiégée en 1529, ayant été obligée de capituler, l'armée ennemie entra dans la ville, y apporta la peste. Andréa tomba malade et mourut a A2 ans, prive de toute espèce de secours, abandonné de sa femme et *les médecins, que la peur de la contagion avait fait fuir de sa maison. Il fut surnommé par ses contemporains le peintre sans défauts, senza errori. Sa profonde originalité, l'élégance naturelle et exquise de son style, le charme de son exécution, et non 1 absence de tout défaut, qualité négative qui est rarement l'apanage des plus grands gé'nies, lui ontmérilé une placeglorieuse parmi les plus illustres maîtres de l'art italien. — Si nous avons continué à donner a Andréa del Sarto le surnom de Vannucchi comme nom de famille, cest uniquement pour ne point jeter une trop grande perturbation

VANNUCCHl.

2et

dans l'ordre des numéros de ce volume. G. Cinelli,dans ses additions aux Bellezze di Fir^r.ze de F. Bocclii (1677), est le premier qui le dil fils d'un Michelagiio Vannucchi, ai)|)uyaiil son hypothèse sur le monogramme ^ a - dont Andréa >'>'st servi quelque^ is. Mais on fail observer à jusle litre qu'AruIrea, en si;;nant , n'a jamais pris le nom de "^^ ^ Vannucchi; (pj il ne lui fjsl donné dans aucun acte; que ses contomporanis rappelaient invarîablemcnl Andréa fiel Sarto (en latin Andréas Sarlius) ou Andréa di Agunln del >Vir/o. Enfin, son père est toujours nommé Jwi7('/o (jamais iUjc/te%wo/o) ou Angelo di Francesco Quant au niono.^ramme , il est formé de deux A et non d'un A et d'un V, car 11 est tracé sur deux tableaux de la façon suivante c'esl-à-dirc avec deux barres intérieures. 11 signifie donc ' Andréas Anqdi (Andréa fils d'Ani^clo). Parmi les nombreux

^ élèves d'Andréa, on compte surlont Francesco Salviali, Giorgio Vasari Andréa Sguazella, (iiacomo da Pontormo, le ivannoccio. noinenico Pullgo, iiarco-AïUonio Franciabigio , furent ses imitateurs et l'aidèrent dans ses travaux.

Page 1