‹ Notice des tableaux exposés dans les galeries du Musée impérial du Louvre (volume 2)Chapitre 464 sur 483 · HERRERA · texte numérisé non relu

HERRERA

et sa fille se fit religieuse. Son fils aîné, étant mort jeune, il ne lui resta, s'il faut en croire la tradition, pour l'aider dans les nombreux travaux qu'il exécutait avec une fougue extraordinaire, qu'une vieille servante qui, sans savoir peindre en aucune façon, étendait au hasard sur la loile des couches de couleur, dont le maître lirait ensuite parti avec une habileté vraiment extraordinaire, avant que cette bizarre ébauche fût sèche. Herrera a peint aussi à la détrempe et à fresque. Outre beaucoup de compositions historiques, parmi lesquelles on cite à Séville une grande Conception de la Vierge au couvent de la Merci, un célèbre Jugement dernier à San Bernardo, et à Madrid une série de sujets tirés de la vie de saint Raymond, exécutés en l6ao pour le cloître de la Marie-Chaussée; il peignit encore des intérieurs, des scènes de cabaret, des animaux et des fruits ; il grava à l'eau-forte et cisela des médailles. Accusé à tort ou à raison du crime de fausse monnaie, il dut se réfugier dans le couvent de San-Hernienegildo, appartenant aux jésuites, et y peignit le saint titulaire pour le maître autel. En 1624, Philippe IV, passant par Séville, eut occasion d'admirer cette œuvre, et gracia son auteur. Après avoir terminé dans le palais archiépiscopal de cette ville des peintures commencées en 1647, Herrera partit, en 1650, pour Madrid, où il termina ses jours à l'âge de quatre-vingts ans. Il fut enterré dans l'église de S. Ginès. — Herrera, dit el Rubio (le blond ou le rouge) , fils aîné du précédent, né à Séville au commencement du xviie siècle, fut élève de son père, peignit avec succès des tableaux dans le genre flamand et mourut jeune. — Herrera, dit il Mozzo (le jeune), né à Séville en 1622, mort à Madrid en 1685, fils d'Herrera-le-Vieux. Après avoir quitté la maison paternelle il s'établit à Rome, y étudia sérieusementla peinture, l'architecture et les procédés de la fresque. Il se distingua cependant plutôt dans les tableaux de genre où il aimait à reproduire des fleurs, des fruits et surtout des poissons, ce qui le fit surnommer, en Italie, lo spagnolo dei pesci (l'espagnol aux poissons). A la mort de son père, il revint à Séville, travailla pour les églises, fut nommé vice-président d'une académie fondé en 1660 et présidée par Miirillo. Irrité de la suprématie de ce dernier, il partit pour Madrid, où il exécuta de nombreux travaux, et fut nommé peintre du roi, titre qu'il ne faut confondre avec celui de peintre de la chambre, qu'il ne put jamais obtenir. — Le nom de Herrera a été porté par plusieurs artistes, architectes, sculpteurs et peintres. Parmi ces derniers, on peut citer Bartolouimé Herrera, frère de Herrera-le-Vieux, peintre de portraits, et Alonzo de Herrera, de Ségovie. On connaît encore don Sebastien de Herrera Barnuevo, né à Séville en 1619, fils d'un sculpteur, peintre, architecte et sculpteur lui-même.

544 bis. Saint Basile dictant sa doctrine.

H. 2, 50. — L. 1, 95. — T. — Fig. de gr. nat.

L archevêque de Césarée, assis au centre de la composition , dicte à une assemblée de religieux groupés autourde lui les inspirations qu il reçoit du Samt-Espnt. Diego, évèqu'.: d'Osma, l'un des premiers inquisiteurs, est à la droite de saint Basile; saint Bernai d , abbé de Citeaux, à sa gauche. Au-dessous, on reconnaît saint

MOHALES. 331

Dominique et saint Pierre Donfiiniquin, son compagnon. Six autres religieux assistent à Tenseignemecit du père de l'Église.

Collection de Napoléon ÏII.— Ce tableau, qui provient de la galerie du maréchal général Soult, duc de Dalmatie, est entré auLouvre après le décès du duc de Dalmatie, son fils, en 1858, en vertu d'arrangements avec l'Etat. Le saint Basile fut estimé alors 25,000 fr.

MORALES (Lois de), dit el Divino , ne à Badajoz vers 1509, mort dans cette ville en 1586.

On ignore le nom de son maître , car c'est à tort qu'on le dit disciple de l»ietro Campana, qui ne vint en Espagne que vers 4548; tandis que, suivant Bermudez, on connaît de Morales, à Badajoz, des tableaux datés de -1546. Les Espagnols lui ont donné le surnom de Divino, parce qu'il peignit surtout des sujets de sainteté, entre autres le Christ mort dans les bras de la Vierge , des Notre-Dame-des-Douleurs , etc. ; néanmoins il ne faut pas lui attribuer celte quantité d'Ecce Homo et de Vierges maigres el décharnées que l'on rencontre si souvent dans les galeries avec le nom de Morales. La plupart de ces affreuses peintures sont de ses élèves ou imitateurs qui ont exagéré ses défauts. Les tableaux incontestables de Morales sont rares , peints sur cuivre ou sur -bois, et généralement de petites dimensions ; ils ne représentent qu'une tète , un buste, une figure à mi-corps. La Vierge soutenant le Christ mort était un de ses sujets de prédilection. Il eut pour élève Juan E.al)rafior, qui a excellé dans la peinture des tleurs, des fruits et de la nature morte.

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