Jésus-Christ portant sa croix
H. 0, 93. — L. 0, 70. — B. — Fig. à mi-corps de gr. nat.
Il est représenté la tête de trois quarts tournée à gauche, inclinée et couronnée d'épines. Il porte une draperie noire.
Collection de Louis XVIIL— Ce tableau a été acquis, comme étant de Morales, de M. Mauco [Musée européen) en 182i . avec le S. Boticelli [no 196), le chevalier Maxime (n» 411), le Salvator (no 363), le Signorelli (no 402), le Vasari (no 456), le Jordaens (no 257), le Lingelbach (no 272), une grisaille (no 528) représentant Vénus entre Bacchus et Cérès , et un tableau de M. Le Blanc ( intérieur de l'église de Saint-Paul de Rome), moyennant la somme de 20,000 fr.— La même composition se trouve au Musée de Prague avec cette seule dififérence que le manteau est blanc. — Le Musée de Nuremberg possède une répétition attribuée à tort à Léonard de Vinci.
MURILLO
MURILLO (Bartolomé Esteban), né à Séville en 1618; mort dans cette ville le 3 avril 1682.
Le nom d'Esteban est considéré par les historiens comme faisant partie du nom de famille de Murillo, car tous ses ancêtres l'ont porté. Palominodit qu'il naquit à Pilar, à cinq lieues de Séville ; il est certain cependant qu'il fut baptisé, le i^r janvier 1618, dans la paroisse de Sainte-Marie-Madeleine de Séville. Il étudia d'abord dans cette ville à l'école de Juan del Castillo, son parent éloigné. En 1643, il vint à Madrid, se mil sous la direction de Velazquez , premier peintre du roi, qui lui facilita les moyens de copier les chefs-d'œuvre des collections de l'Escurial et des autres résidences royales. Titien , Rubens, van Dyck, Ribera, Velazquez, furent ses modèles de prédilection. Après deux ansd'absence, il retourna à Séville en 1645. Depuis cette époque jusqu'à sa mort, c'est-à-dire pendant 37 ans, il produisit une quantité innombrabled'ouvrages qui lui valurent une immense réputation et une grande fortune. C'est de 1670 à 1680 (à l'âge de 52 à 62 ans) qu'il peignit ses plus beaux tableaux. 11 fonda une académie de dessin, qui ouvrit le 11 janvier 1660. Appelé à Cadix en 1681, pour peindre au-dessus du maître-autel d'un ouvent, il tomba du haut d'un échafaud , revint à Séville, et mourut des suites de cette chute. Murillo est un des peintres les plus féconds qui aient jamais existé. Contrairement à Velazquez, qui s'appliqua surtout à la représentation des scènes de la vie humaine, à la recherche de la vérité, Murillo, aussi épris de l'idéal que de la réalité, aftectionnait les sujets religieux, les compositions mystiques, les extases des saints, les apparitions célestes. Il eut trois manières , caractérisées par les Espagnols sous les dénominations de froide, chaude et vaporeuse. Ces manières ne furent pas successives comme chez la plupart des peintres : il les employa alternativement, suivant la convenance du sujet, et quelqueffus même elles se retrouvent toutes trois dans le même tableau. Murillo a excellé dans tous les genres; et si, dans les sujets mystiques, il est régal des plus grands maîtres, il ne montra pas une moins grande habileté dans la représentation des mendiants et des scènes familières, qu'il a retracées avec une verve inimitable. Parmi ses élèves , on cite jLiitolinez, villavicenclo, o. Alonso Miguel, surtout «Sébastien €romez, dit le Mulâtre de Murillo, et Iienésè8 osorio. Totoar, né en 1678, quatre ans avant la mort d'Esteban , fut un de ses plus habiles imitateurs. Enfin E.aurenzo f^uiros, mort en 1789, et Joaeliim-Josepii cano,mort en 1784, et disciple de dom Martinez , le prirent aussi pour modèle.