Mariage mystique de sainte Catherine d' Alexandrie
H. 2, 12. — L. 1, 45. — B. — Fig. de gr. naL
La Vierge, assise sur un trôneexhaussé d'une marche, tient sur ses genoux l'Enfant-Jésus, qui passe l'anneau nuptial au doigt de sainte Catherine d'Alexandrie, agenouillée à gauche, appuyée sur un fragnf)ent de roue et tenant une palme. Derrière sainte Catherine, saint Antoine de Padoue, une branche de lis d'une main, un cœur del'autre. A droite, saint Françoisd' Assise debout, portant un livre et un crucifix. Sur la marche du trône, entre deux figures sculptées, un cartouche où on lit la date : A D.M D.XLVIII
Musée Napoléon.
ALLEGIU.
ALLEGRI (Antonio), dit il Correggio, né à Correggio {dans le duché de Modêne) en 1494, mort dans la même ville le 5 mms 1534. (Ecole lombarde.)
Vasari, contemporain du Corrége, n'a pu, malgré ses recherches, donner beaucoup de détails sur la vie de cet illustre artiste et nous transmettre le nom de ses maîtres. Bepuis, le.'i nomiireux biographies d'Allegri, loin d'imiter une pareille réserve, se sont efforcés déclaircir ce point mystérieux, et presque tous ont attribué à des personnages difTércnls l'honneur de lui avoir enseigné les premier^ éléments de la peinliire. Malheureusement, comme aucun de ces biographesn'a pu apporter jusqu'à présenldes preuves certaines à l'appui de son opinion, on en est encore réduit à de simples conjectures. Que I^OPeiizo AllegTj, oncle du Corrége, qu'AiHonlo BartoloUi dit il Tognino, exeiçant tous deux ta' peinture à Correggio, aient été s^s premiers maîtres, de toutes les hypothèses celle-ci peut paraître u«e des plus vraisemblables; que le jeuwe Antonio se soit ensuite perfectionné en étudiant à Modène, à Parme, à Rcggio, les seules villes où nous avons la certitude qu'il ait été, les ouvrages de Mantégne, (te^Francesco Bianchi, de Costa, de L.iun-Bruno, du vieux Dosso et les- antiquités réunies dans cabinet d'Isabelle d'Esté; que dans les gpemiers ouvrages on retrouve peut-être quelque sécheresse et l'ina^>ence du style ancien, cela n'a rien que de fort naturel. Mais si les «rtisies qui se distinguent par une originalité saisissante ont tou- P^irs commencé par être pliis ou mo/iis imitateurs, il faut reconnaître que Corrége l'a été moins longtemps qu'aucun aut're. Chezlïii, la période d'imitation est si courte qu'on peut à peine l'apprécier; la transformation si radicale, qu'elle tient du prodige. Des critiques qui enlreprennenl la lourde tâche de toutexpliquer, même le génie, n'ont pas voulu admettre qu'il se soit formé seul, par l'étude, et qu'il n'ait rien dù aux autresgrands artistes de l'Italie. S'il est habile dessinateur, c'est à Raphaël qu'il le doit; sa science profonde des raccourcis, il la tient de Michel-Ange; Léonard lui a dévoilé les secrets du clair-obscur; €riK>rgion, Titien, ceux de la couleur. Il a vu les aîiticrues à Rome; M a visité Florence, Milan, Venise, elc. Il est inutile de réfuter de pareilles assertions que rien ne justifie, que les faits même démentent our la plupart. Ce que l'on sait de certain sur le Corrége se réduit ce qui suit : sans être d'une famille noble et riche, comme quelques auteurs l'oni prétendu, ses parents n'étaient ni f)auvres, ni de basse extraction, comme d'autresbiographes le disent. Son père,Peliegrino Allcgri, marchand jouissant d'une honnête aisance, lui fit donner une éducation soignée pour sa condition. Quel que fût le maître d'Antonio dans l'art de la i)einture, il fit des progrès rapides; car en 1314, bien qu'il n'eût que 20 ans, il jouissait déjà d'une réputation assez considérable pour que les religieux du couvent de Saint- François lui confiassent l'exécution du tableau destiné à décorer le maître-autel de ieuréglise. Ce tableau, terminé dans l'espace de 6 mois, connu sous le nom du Saint François du Corrége, se trouve maintenant dans la galerie de Dresde , et la beauté de cette coujposition justifiepleinemenl lechoix fait parles pères Franciscains d'un si jeune artiste pour exécuter une œuvre à laquelle ils attachaient beaucoup d'importance. Après avoir fait un grand nombre de peintures, tant à ITiuile qu'à fresque, pour des églises et des couvents, il entreprit, en 1520, de peindre, dans la coupole de Saint-Jean des Bénédictins de Parme, l'Assomption du Christ, et acheva son travail en 1524. En 1523 il fit, en six mois, pour Briseide Colla, femme d'Orazio Bergonzi, le
ALLEGKl.
fameux tableau de Saint Jérôme, qui lui fut payé, suivant les conventions, 400 livres impériales, monnaie d'or du temps ; il reçut en outre, à titre de récompense, deux charretées de fagols, quelques mesures de blé et un porc gras. AvanH52B il commença à représenter dans la coupole de Parme rAssomplion de la Vierge, peinture colossale, achevée en 15*30, qui mil le sceau à sa gloire. Vasari prétend que, misérable, désireux d'épargner et chargé d'une nombreuse famille, Allegri mourut pour s'être fatigué à porter, de Parme à Correçgio, une somme de 60 écus qu'on lui avait payée en monnaie de cuivre. L'exactitude de cette anecdote, accréditée depuis sans examen, loin d'être démontrée, parait fiussc de tout point. Sa nombreuse famille se composait de quatre enfants; il avait perdu sa femme en 1529, elles biens laissés par son père, mort après lui, le 1er mars 1542, éloignent toute idée de pauvreté. Aucun peintre n'a poussé plus loin que leCorrège la grâce de l'expression, la magie du clair-obscur, la suavité de l'exécution, l'audace des raccourcis. <> Seul entre tous (pour nous servir des expressions d'Annibal Carrache) , il est original. Ses tableaux sont les enfants de sa pensée, de sa conception. Il a tout tiré de sa tête et inventé par lui-même , tandis que les autres s'appuient sur quelque chose qui ne leur appartient pas, celui-ci sur le modèle, celui-là sur les statues, ceux-ci enfin sur les estampes.»— Roiiiponlo Alieg^rl, fils d'Antonio, né le 3 septembre 1521, n'avait que 12 ans à la mort de son père , et de même que celui-ci prit quelquefois le nom de Lielo ou Lœtus, traduction latine du mol iuWcn Allegri ; il signa presque toujours, même danslesactes publics, Pomponio Licli. Il fut élevé par son aïeul, et l'on croit (|u'il reçut des leçons de ïTaiicesco-Maria itoudaDl, élève d'Antonio. Il s'établit à Parme, fut chargé de travaux importants et jouissait d'une certaine réputation. 11 vivait encore en 1590.