Mariage mystique de sainte Catherine d'Alexandrie
H. 1, 05. — L. 1, 02. — B. — Fig. à mi-corps de gr. nal.
Sainte Catherine reçoit un anneau de l'Enfant-Jésus, assis sur les genoux de la Vierge. A droite, saint Sébastien tenant des flèches est debout derrière sainte Catherine. On aperçoit dans le fond, à gauche, le martyre de ces deux saints.
Gravé par Êlîenne Picart [Cale, imp.]; par Giovanni Folo dans le Musée royal. — Filhol, t,7,pL U'A9, — Landon^ t. 1, l)/.25.
Collection de Louis XIV. —.Vasari parle de ce chef-d'œuvre dans la vie de Girolamo Carpi. « Etant arrivé dans cet endroit (Modène), il resta émerveillé à leur vue (des tableaux du Corrège); mais Tun d'eux surtout le frappa de stupéfac tion; ce fui ce grand tableau, ouvrage divin, qui représente la Vierge avec l'Enfant-Jésus épousant sainte Catherine, saint Sébastien , et d'autres figures avec des airs de tête si admirables qu'elles semblent faites dans le paradis. Il est impossible de voir de plus beaux cheveux, déplus belles mains et un coloris plus charmant , plus naturel. Ce tableau était en la possession du docteur Grilenzoni, grand ami du Corrège, et Girolamo ayant
ALLEGRl.
obtenu la permission de le copier, s'acquitta de cette tâche avec tout le soin et toute l'habileté possible. » L'épithète de ^rand, donnée à ce tableau par Vasari , si ce n'est point une inadvertance, ne s'applique pas évidemment à sadimension, mais à sa valeur comme œuvre d'art. 11 passa ensuite, par l'entremise du cardinal Luigi d'Esté, des mains de Grilenzoni dans celles de la comtesse S. Fiora , qui le laissa à sa famille. Une note marginale de l'exemplaire du Vasari de la bibliothèque Corsini nous apprend que cette peinture se trouvait, en 1614. chez le cardinal Sforza, à Rome. Enfin, vers 1650, elle appartint au cardinal Antonio Barberini, qui l'emporta en France et la donna au cardinal Mazarin. Elle figure sur l'inventaire de ce dernier avec l'estimation de 15,000 livres, et fut acquise des héritiers par Louis XIV, Nous ferons observer, toutefois, qu'un mariage de sainte Catherine par le Corrège est cité dans le catalogue de la collection du comte de Brienne, rédigé par lui en latin et publié en 1662. Ou de Brienne a possédé pendant quelque temps ce tableau après la mort du cardinal arrivée en 1661, ou celui qu'il avait n'était qu'une copie. L'inventaire des tableaux de Charles 1er indique aussi un Mariage de sainte Catherine, copie ancienne qui appartient maintenant au duc de Buckingham, et qui doit être le tableau porté au no 171 sur l'inventaire de Jacques II.