Isabelle d'Aragon aux pieds de Charles VIII
H. 1, 21. - L. 1, 57. - T. - Fig. de 0, 80.
Charles VIII traversant la Lombardie en 1494, pour marcher à la conquête du royaume de Naples, s'arrêta
ALUNNO.
dans le château de Pavie, et voulut voir le jeune duc Jean Galéas, atteint d'une cruelle maladie. La présence de Louis Sforce, dit le More, oncle et tuteur du jeune duc, empêcha les deux princes de se parler en liberté. Le roi, dont uu page porte le manteau lleurdelisé , étend son sceptre vers Isabelle d'Aragon, épouse du duc, agenouillée devant hii, implorant la bienveillance de Charles en faveur de son rrsari el d'Alphonse son prre, roi de Naples. A gauche un autre page soulevant une portière de velours à bande d'or. Dans le fond, adroite, le jeune duc malade.
Collection de Louis XVflL— Compris dans les 100,000 fr. de tableaux acquis en 1817 de M. Quatresois de La Hante.
ALUNNO (NïccoLÔ) dt Foligno. // était né à Foligno,
On connaît des tableaux de lui datés de 1458 et de 1499. Il parait qu'il vivait encore après 1500. (Ecole ombrienne.)
Suivant une tradition, il fut élève de Bartolommeo di Toniaso
de Foligno. Contemporain du Pérugin,mais piusàsé que lui, rien ne prouve qu'il ait été son mailre, comme on l'a prétendu; cependant il est très-probable que ses œuvres ont exercé sur lui de l'influence, ainsi que sur Bernardino Pinturicchio. — Quelques critiques pensent (J lie les ouvrages sisn 's Nicolai Fulginatis npus ne sont pas tous de rmisle dont il est question ici, mais d'un autre Alunno,son conteraporain, et surnomme Desiderato.
31. Gradin d* autel divisé en six compartiments: i"* Cartouche soutenu par deux anges.
H. 0, 36. — L. 0, 15. — B. - Fig. de 0, 15.
Il contient une inscription en vers élégiaques latins, altérée parle temps, reproduite dans les Lettere pittoriche Perugine cVAnnibale Mariotti ; mais sans les î^hréviations qui se trouvent dans le texte original :
Ad lectorem, IVobile testala e pingi pia Brisida qdâ Hoc opus; 01 nimia munera grata Dbo,
aLUNNO. 17
Si petis auctoris nomen : Nicholaus Alunus
Fulginis, patrie pulcra corona suœ.
Octo quincties ccntû à millibus anni
Cu manus imposita est ultima vanuerant, Sed plus meruit (jso , te judice, lector^
Cm causa dederit Brisida et ille manum ?
Au lecteur. — Par son testament la pieuse Brisida autrefois ordonna de peindre ce noble ouvrage. 0 présent trop agréable à Dieu ! Si tu demandes le nom de l'auteur, c'est Nicolas Alunno de Foligno, digne fleuron de t^a patrie. Quinze fois cent années moins huit s'étaient écoulées lorsque la dernière main y fut apposée. Mais qui eut plus de mérite, je t'en fais juge, lecteur, de Brisida qui l'a commandé ou de la main qui l'a exécuté?
La prière au jardin des Oliviers.
H. 0, 36. - L. 0, 35. - B. — Fig. de 0, 15.
A gauche, Jcsus-Christ à genoux, auquel un ange présente le calice; à droite, sur le devant, les apôtres endormis; dans le fond. Judas montrant le Christ aux soldats.
3° La Flagellation.
H. 0, 36. — L. 0, 40. — B. — Fig. de 0, 15.
Dn bourreau lie le Christ à la colonne d'un édifice sur lequel sont inscrites les lettres s. p. q. r.
k° Le Christ conduit au supplice,
H. 0, 36. — L. 0, 64. — B. — Fig. de 0, 15.
A gauche, la Vierge soutenue par les saintes femmes. 5*" Le Christ entre les deux larrons.
H. 0, 36. — L. 0, 77. — B. Fig. de 0, 15.
Deux anges recueillent le sang qui coule des mains du Christ.
AMERIGHI.
6^ Joseph d'Arimathie et Nicodème sur le chemin du Calvaire.
H. 0, 36. - L. 0, 15. - B. - Fîg. de 0, 15.
Joseph d'Arimathie tient le marteau, et Nicodème les tenailles qui doivent leur servir à déposer le Christ de la croix.
Musée Napoléon. — Ce gradin, exécuté en 1492, faisait partie d'une décoration d'autel, commandé par Brigida di Giovanni degli Elmi, femme de Niccolô de Picchi de Foligno, pour l'église de San-Niccolo de la même ville.
AMERIGHI ou MOMGI ( Michel - Angiolo) , c/a IL Garavaggio, peintre et graveur, né à Caravaggio, près de Milan, en 1569, mort en 1609 à Porto-Ercole. (Ecole lombarde.)
Son père, qui était maçon, l'emmena à l'âge de 12 à 15 ans à Naplos. En l'aidant à préparer les murs pour des peintres travaillant a fresque, le jeune Amerighi conçut le projet d'imiter les artistes qu'il servait, et bientôt, sans rechercher les conseils d'aucun maître, li fut en état de peindre des portraits. Il alla à Venise, étudia les œuvres de Giorgion, s'établit à Rome, prit exclusivement et sans choix la nature pour modèle, prétendant que l'imitation de l'antique, de Raphaël et de Michel-Ange ne pouvait qu'exercer une intluence pernicieuse. Forcé par la misère d'aider le chevalier d'Arpino, il ne tarda pas à devenir son rival et son ennemi. Son style original, sa couleur vigoureuse que ses admirateurs opposaient à la manière légère et claire de Guide, lui procurèrent une vogue immense. D'un caractère farouche, envieux, querelleur, il voulut se battre avec Guide et le Josépin. Forcé de quitter Rome, après avoir commis un meurtre, il s'enfuit à Naples, passa à Malte, se fit recevoir chevalier. Ayant insulté un des membres les plus marquants de l'ordre, il fut jeté en prison. Il parvint à s'échapper, gagna successivement Syracuse, Messine, Palerme, et arriva à Naples, laissant partout des produits de son pinceau. Il s'apprêtait à retourner à Rome, lorsqu'après de nouvelles aventures il fut saisi d'une fièvre violente dont il mourut à l'âge de 40 ans. Le Caravage a peint avec une égale supériorité des tableaux d'histoire , des portraits , des scènes de bohémiens, de corps de garde et de musiciens en figure à mi-corps, des fleurs et des fruits. Naturaliste quand même, ses peintures ont un relief extraordinaire et souvent une grandeur étrange qui lui font pardonner son manque de distinction dans le choix des formes, ses effets exagérés et ses teintes noires sans transparence. Il exerça une «rande iniluence sur ses contemporains et même sur des artistes déià célèbres. Ribera, le Guerchin étudièrent ses ouvrages. Manfredi , le Valentin, Leonello Spada, carlo Saracinl, furent ses élèves ou ses imitateurs.
AMERIGHI.