Paysage
Intérieur de forêt. A gauche, un groupe de grands arbres, un chêne creux, étêté, n'ayant plus qu'une branche garnie de feuilles et dépouillé à moitié de son écorce. Au premier plan, une mare. A droite, une clairière, et sur un chemin sinueux qui traverse la forêt, une femme assise qui s'entretient avec un paysan et un enfant debout.
Acquis en 1S50 de M. Nieuwenhoys pour la Somme de 18,000 fr.
fiOLHEIIf (Hans) lb Jëunë , peintre, sculpteur, graveur, architecte, né à Àugsbourg en 1498, mort à Londres en 1554. (Ecole allemande.)
Les biographes ne sont pas d'accord sur le nom de la patrie de cet homme célèbre. Les uns veulent qu'il soit né à Anvers, les autres à Gnuistadt (dans le Palatinat), d'autres à Augsbourg, et enfin le plus grand nombre à Bâie (en Suisse). Son père, qui portait comme lui le prénom de Haof ou de Johann» était d'Augsbourg, et, en 1^99, c'est-à-dire dans l'année qui suivit celle de la naissance de son fils, il y finissait une peinture pour le monastère de Sainte-Catherine. Enfin , des recherches récentes prouvent d'une manière presque certaine qu'Holbein naquit aussi à Augsbourg. Il ût bien, en 1515 et en 1516, deux s^ours de peu de durée à Bile, mais il ne s'y établit réellement pas et ne fut admis dans la corporation des peintres de cette ville qu'en 1519; c'est en 1520 qu'il reçut le titre de citoyen de Bâle, titre qu'il a souvent joint à son nom, comme le prouve l'inscription :
lOANNES HOLPENIVS BASILEENSIB SVI IPBIVft EFPIGUTOR JB XLV, placée
sur son portrait de la s^erie de Florence, inscription qui sans doute a pu contribuer à faire croire que Bâle était sa patrie. Holbein montra de bonne heure de grandes dispositions, qui furent développées par son père
HOLBËIN. 109
et d'autres membres de sa làmiUe, tous artistes. II apprit la peinture k riiuile et -en miniature, les procédés de la fonte des métaux, la sculpture, la grayure, l'architecture, et excella dans chacun de ces arts. Protégé à Bâle par Timprimeur Amerbach, dont il enrichit les éditions de compositions remanpiahles, et par Erasme, dont il fit un excellent portrait, il acquit promptement une grande réputation. Le comte d'Arundel, à son retour d'Italie, ayant eu occasion de voir des peintures d'Holbein, en fut ravi, l'engagea à passer en Angleterre, et Erasme, qui l'encouragea vivement à suivre ce conseil, le chargea de porter au grand chancelier sir Thomas More, son ami , le portrait qu'il avait fait de lui et y joignit de pressantes lettres de recommandation. Désireux de voir les ouvrages de Quinten Matsys, Holbein passa par Anvers, remit à R. iEgidius, ami commun de sir Thomas More et d'Erasme, des lettres de ce dernier, et arriva enfin en Angleterre en 1526. Le grand chancelier reçut l'artiste avec distinction, le logea dans son palais, l'occupa pendant trois ans et le présenta à Henri YUI, qui le nomma son peintre et le combla d'honneurs. Holbein fit un voyage à Bâle en 1529, puis un autre en 15S8 pour mettre ordre à ses affaires. Enfin , il parait qu'il vint aussi sur le continent en 1559, chargé d'une mission par le roi Henri YUI; mais il n'alla pas jusqu'à Bâle, et retourna à Londres, oh il mourut, quelques années après, de la peste. — La famille d'Holbein compte plusieurs artistes : iians Holbein. dit le vieux, père du précédent, ne à Augsbourg en 1050, vivait encore dans cette ville en 1505. —Sigismanil Holbein, frère d'Holbein le vieux, né à Augsbourg vers 1456, mort à Bâle en 1540. H habita cette dernière ville, fit des portraits et grava sur bois. — Ambros Holbein, autre fils d'Holbein le vieux, né à, Augsbourg vers 1484, peintre de portraits. On n'a pas de détails sur sa vie. On voit dans la galerie de Vienne des peintures de ces quatre artistes. — Les principaux élèves d'Holbein le jeune furent Cliiistoplie Amberger et Huns Asper.
206. Portrait de Nicolas Kratzer , astronome du roi d'Angleterre Henri VIU y né à Munich vers
H. 0, B3. — L. 0, 67. — B.— Fig. en buste de gr. nat.
La tète est presque de profil et tournée à droite. Il porte une toque noire, une robe de dessous noire, et pardessus, un vêtement brun. Il est assis devant une table où Ton voit des ciseaux, une règle, des équerres, un marteau, un compas, etc.; tient un compas de la main droite, et de la gaucbe un polyèdre en buis sur les différentes faces duquel sont tracés des cercles divisés par des rayons. Adroite, pendus à la muraille, à gauche, dans une niche, différents instruments de mathématiques. Sur la table est un papier où on lit : Imago ad vivam efjigiem expressa Nieolai Kratzeri monacenssis q. (qui) bauarg (bavanis)