‹ Notice des tableaux exposés dans les galeries du musée impérial du LouvreChapitre 114 sur 583 · COUSIN · texte numérisé non relu

COUSIN

rrac Ibrie Bowyer, ainsi que l'attestent de* papiers de famille, non» par* cent k croire que U date approximative que nous donnons de sa naissance ne doit pas s’écarter beaucoup de la vérité. Jean Cousin, qui avait épouaé en premières noces Marie Rlcher, fille de Christophe Ricber, secrétaire de François I*', depuis son ambassadeur en Danemark, ne naquit point au château de Monthard, comme plusieurs écrivains l’ont prétendu, et quelques détails pulsés dans les archives de la famille Bowyer, par M. De* tigant, avocat h Sens, tout en indiquant la source de cette erreur, permettront de la rectlüer. Le cliâteau de Monthard appartenait en 1500 à Henri Bowyer, fils de Jean Bowyer, Anglais d’origine, établi en France sous le règne de Cbarlet VII, mort en 1470. Henri mourut en 1527, laissant une fille nommée Marie, qui épousa en troisièmes noces Jean Cousin, et un fils nommé Etienn ■ (premier du nom), qui hérita du domaine de Monthard. En 1545, ce domaine pssa dans les mains de Simon, fils d’Etienne. Simon fpt tué au aiége de Sens, sous Henri IV, et le fief de Monthard échut k Etienne (deuxième du nom), frère de Simon, qui épousa, en 1552, Marie Cousin, fille unique de Jean Cousin, issue de son deuxième mariage avec Christine Rousseau, fille de l-ubin Rousseau, lieutenant-général du bailliage de Sens, compromis dans l’émeute du jeu de Taquemain, en 1573. La double alliance de Jean Cousin avec la famille Bowyer, te séjour qu’il dut faire, k plusieurs reprises, dans le château de Monthard, dont sa fille était devenue châtelaine, les vitraux qu’il y peignit, la découverte qu’on y fit, du temps de Féilbien, dans un charbonnier, d’une peinture de sa main représentant une Femme nue couchée par terre sur une draperie, près d’uue grotte et accoudée' sur une tête de mort, tableau portant celte inscription : Eva prima Pandora, toutes ces circonstances rapprochées confusément, furent cause, sans aucun doute, de l’erreur oii sont tombés les écrivains sur le lieu de la naissance de Jean Cousin. Pour terminer ce qui concerne la famille Bowyer, nous ajouterons, d’après des renseignements inédits fournis par M. Hesme, ancien notaire k Sens, qu’après la mort d’Etienne Bowyer, le domaine de Monthard rut divisé; les derniers débris en furent adjugés, le 21 août 1526, par un arrêt du parlementde Paris, k Christophe-Guillaume de Richrbourg, que, par suite de ventes successives, représente aujourd'hui la famille Fauvelet Débonnaire. One lettre d’un M. Bowyer, descendant «le Jean Cousin, écrite de Tours le 91 mai 1825, n >us apprend qu’k cette époque ce descendant possédait, de la main du grand artiste, un portrait de Jean Bowyer, son beau-frère ; •n portrait (FEiienne Bowyer, son gendre; un de Marie Bowyer, sa fuie! un autre de Jean Bowyer, leur fils et petit-fils, et enfin, un deSavinienne de Bornes, femme de Jean Bowyer, petite-fille de Jean Cousin. D’Argenvllle parle de plusieurs de ces portraits; mais que sont devenues ces peintures? Puissent ces renseignements mettre les amateurs jaloux de nos gloires nationales, sur les traces de précieuses découvertes. Il parait que Jean Cousiu se livra d'abord k la peinture sur verre, et qu’il eut pour maître dans ce genre Jacques Hympe et Tassin Grassor, peintres-verriers, qui exécutèrent les t veaux vitraux du portail du midi de la cathédrale de Sens, de 1512 k 1515, ainsi que le prouvent les comptes du chapitre, déposés aux archives du département de l’Yonne. Jean Cousin surpassa ces maîtres habiles. Les vitraux de la cathédrale de Sens, datés de 1550, représentant la Légende de saint Eutrope, le Jugement dernier de la chapelle de Vincennes, les quatre compositions du chœur de l’église de Saint-Gervais, k Paris, datées de 1551, le Jugement dernier de l’église de Notre-Dame de Villeneuve-sur- Yonne, pour ne point parler des autres verrières que l’on voit dans l’église de Mnret et dans ta chapelle du château de Fleurigny, près de Sens, qui lui sont attribuées, prouvent sa grande expérience dans cet art difficile , et donnent une haute idée de son style. H peignit aussi (de 1552 k 1500) dans le château d'Anet, appartenant k Diane de Poitiers, cinq vitraux en grisaille; fit, pour l’église des Cordeliers, k Sens, un Christ en croix et le Serpent d'airvln, gravé par Etienne Delaune; enfin, il travailla pour les églises de

Page 1