Portrait d’un jeune militaire
H. 0, 81. — L. 0, 5S. — T. — Fig. en buste de gr. nat
Il est vu presque de dos ; la tète, tournée de trois quarts vers la droite, regarde à gauche. Il porte une
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large toque de velours ornée d’une chaîne d’or et d’une grande plume, une fraise à trois rangs rabattue, une cuirasse et un manteau rouge jeté sur l’épaule droite.
Ancienne collection.
GROS (Antoine-Jean, baron), né à Paris le 16 mars 1771 , mort le 26 juin 1838.
n était Gis de Jean-Antoine Gros, peintre en miniature, et témoigna, dès son enfance, de grandes dispositions pour le dessin. Vers la Gn de 1785 il entra à l’école de David, concourut une seule fois pour le prix de Rome en 1792, et se vit préférer son compétiteur Landon. Son père étant mort au commencement de la Révolution, après avoir perdu sa fortune. Gros fut obligé d’interrompre ses études sérieuses pour donner des leçons et faire des portraits au Gxé. Au commencement de 1793 il prit la résolution de se rendre en Italie, et obtint un passeport, grâce à la protection de David et de Régnault. Après avoir surmonté une foule d’obstacles qui s’opposaient à son départ, il parvint à Gênes en 1793, alla ensuite à Florence, puis revint à Gênes, où les ouvrages de Rubens, de van Dyck, de Pugct, excitèrent son admiration. A la Gn de 1796, il connut dans cette ville M” e Bonaparte, qui l’emmena avec elle à Milan et le présenta au général en chef, son mari. Jusque-là Gros n’avait guère exécuté que de petits portraits à l’huile; la bataille d’Arcole, gagnée le 15 novembre 1796, lui fournit un sujet qu’il traita de manière à faire présager ce qu’il serait un jour. Il représenta Bonaparte portant le drapeau tricolore et traversant le pont à la tête des grenadiers. Le portrait plut au général ; il le ût graver à ses frais par le Milanais I-onghi et donna la planche au jeune artiste, que dès ce moment il admit dans son intimité. Afin de lui procurer une position dans l’armée, il l'attacha à son quartier-général comme inspecteur aux revues, fonction nominative qui lui permettait de porter un uniforme, et le désigna dans le mois de nivôse an V (1797) pour faire partie de la rommission chargée de la recherche et du choix des objets d’art qui devaient venir enrichir la galerie du Louvre. Gros exerça ces fonctions difDciles à Pérouse, à Modène , à Bologne, avec autant de délicatesse que de probité, et arriva à home le 5 germinal an V ( 25 mars 1797). 11 séjourna quelques mois dans cette ville, retourna à Milan, reprit, le 1" frimaire an VI (21 novembre 1797), les fonctions d’inspecteur, et peignit encore des portraits qui, malgré l’exiguïté de leurs dimensions et la Gnesse des détails, ont toute la largeur de la grande peinture. Pendant que Bonaparte remportait des victoires en Egypte, nos armées éprouvaient de cruels revers en Italie. Le9 floréal an VII (1799), Gros, ainsi que les autres Français, obligé de quitter Milan, gagna Gênes, avec des peines inGnies, le même mois. Retenu dans cette ville pendant le terrible siège que Masséna y soutint, il était sur le point de succomber de faim et de misère, lorsque, le 16 prairial (û juin 1799), il trouva le moyen de monter sur un vaisseau anglais. 11 débarqua à moitié mort à Antibes, et se Gt transporter à Marseille, où les soins d’un ami le rappelèrent à la vie. EnGn, vers le commencement de l’an IX(1801), après neuf ans d’absence. Gros revenait à Paris à l’âge de 30 ans. Jusqu’à cette époque, il n’avait peint que des petits portraits et des sujets antiques, lorsqu’un arrêté des consuls, ordonnant l’exécution d’un tableau repré-
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sentant le combat deNazareth.oü Jnnot, à la tête de 500 hommes, défit une armée de 6,000 Turcs et Arabes, lui offrit l'occasion de traiter un de ces sujets de l'histoire contemporaine dans lesquels il montra toujours une immense supériorité. Un concours fut ouvert en 1801 ; son esquisse , donnée au Musée de Nantes par M. (Jrvoy de Sainl-Bedan , remporta le prix; mais le tableau, qui devait avoir 07 pieds, ne fut pas exécuté. Puis vinrent les Pestiférés de Jaffa, en 1800 ; la Charge de cavalerie à la bataille d’Aboulcir par Murat, en 1806; le Champ de bataille d’Eylau, en 1808; la Bataille des Pyramides, en 1810; François 1" et Charles V visitant les tombeaux de Saint-Denis, en 1812; sans parler de portraits équestres ou en pied, et d’autres compositions moins importantes comme dimension ou comme mérite. Ce fut vers celte époque qu’il reçut de M. de Monlalivct, ministre de Napoléon, la commande des peintures de la coupole de Sainte-Geneviève. Cette immense entreprise , interrompue par deux compositions importantes, le Départ de latins XV 111 le 20 mars (actuellement au Musée de Versailles), l’Embarquement de la duchesse d’Angouléme à Pouillac le 1 er avril 1815 (1 Bori.eaux) , ne fut terminée, après bietf îles vicissitudes et des changements exi és par les événements, qu’en 182'i, et valut à Cros le titre de baron. En 1815, David, obligé de s’exiler & Bruxelles, lui confia la direction de son école. En 1816, il fut nommé successivement membre de l’Institut, conseiller honoraire des musées royaux, professeur & l’Ecole des beauxarts. En 1819 il reçut le cordon de chevalier de l’ordre de Saint-Michel, et en 1828 la croix d’officier de la l,égion-d’lionueur. Malgré lanlde triomphes et d’honneurs, David, du fond de son exil, ne cessait de recommander à son ancien disciple d’abandonner le s sujet» futile» et le» tableaux de circonstance pour se livrer h la création de beaux tableaux d’hitloire. Elève soumis, quoique âgé de 50 ans. Gros, qui avait voué à David une piété liliale, qui en 1822 lit frapper une médaille à son effigie, ne put résister au bonheur d’aller l’embrasser à Bruxelles en 1825, et tenta en vain de lui faire signer une pétition pour demander son retour en France. Gros n’écouta que trop, pour sa gloire et son bonheur, le conseil de son maître. Le portrait de Charles X exposé en 1827, les plafonds du Musée créé par ce souverain, surtout un Hercule et Diomède (salon de 1835), furent critiqués de la manière la plus violente, et jetèrent l’artiste dans un sombre découragement; il se regarda comme un homme déshonoré, et ne pouvant survivre à la honte qu’il croyait attachée désormais à son nom, il alla chercher la mort dans un petit bras de la Seine, au bas de la colline de Meudon. l’eu d'écoles ont été aussi nombreuses que celle de Gros. De 1816 à 1835, il forma plus de quatre rents élèves. Il exposa aux salons de l’an VI (1797), de l’ail IX (1800), de 18(11,1804, 1806, 1808, 1810, 1812, 1817, 1819, 1822, 1824, 1827, 1831, 1833 et de 1835.
274 . Le général en chef Bonaparte visite les pestiférés de Jaffa (11 mars 1799 ).
H. 5, 32. — L. 7, 20. — T. — Fig. plus gr. que nat
Au deuxième plan, vers le centre de la composition, dans l’intérieur d’une riche mosquée entourée d une vaste cour et convertie en hôpital , le général en chef, suivi des généraux Berthier et Bessières, de l’ordonna-
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teur en chef Daure et du médecin en chef Desgenette, touche sans crainte les tumeurs pestilentielles d'un matelot debout, à moitié nu. A droite, un soldat entièrement nu, soutenu par un jeune Arabe, est pansé par un médecin turc agenouillé ; un otlicier attaqué d’ophthalmie s’approche à tâtons en s’appuyant sur une colonne. Tout à fait au premier plan , un malade succombe sur les genoux de Masclet, jeune chirurgien français (ami intime de Gros), qui expire lui-méme atteint par la contagion. En allant vers la gauche, des malades étendus par terre ou accroupis, dans le paroxysme de la douleur. Au second plan, du même côté, deux Arabes distribuant des pains à des convalescents. — Signé, à gauche : Gros 1804 à Versailles.
Gravé par Laugier, et, en plus petit, par Queverdol et Pigeot — Landon, li. F. il., 1. 1, pl. 38 et 39.
Musée Napoléon. — Ce tableau a été exécuté dans la salle du Jeu-de- Paume, 3 Versailles, en moins de six mois, sur la moitié de la toile oit Gros avait déjà tracé le combat de Nazareth, décommandé, et dont il ne reste que l’esquisse, donnée au musée de Nantes par M. Urvoy de Saim-Bedan. Le premier consul, en dédommagement, chargea Gros de le peindre visitant les pestiférés, ignorant que M. Denon avait déjà prévenu Guérin qu’it lui réservait ce sujet. Guérin, en apprenant le choix de Bonaparte, s’empressa, dit-on, d’applaudir lui-méme à cette préférence, et M. Denon raconta à l’artiste comment la scène qu'il avait à retracer s’était passée réellement. Gros lit en quelque sorte, sous la dictée de 31. Denon , un premier essai différent de celui qu'il exécuta ensuite. Le général y est représenté prenant dans ses bras le corps d’un pestiféré soutenu par un Arabe, qui essaie de le détourner de cet acte de courage. La scène a lieu dans une chambre éclairée par quelques fenêtres. C’est là le fait historique, que Gros crut devoir rendre plus saisissant en entourant le général de plus de pompe, en renversant les murs d’une salle sombre, pour montrer une architecture pittoresque et la ville qui s'élève en amphithéâtre près de la mer. M. le docteur Larrey possède le croquis primitif, et M. Delestre a la même composition frottée au bitume sur une toile. — Le tableau de Gros, exposé au salon de 1800, et payé 10,000 fr., eut un immense succès; les artistes attachèrent au sommet une longue branche de palmier, et .e public couvrit le cadre de couronnes. Un banquet, présidé par Vieil et David, fut offeit à Gros le 2 vendémiaire an X1J1. Cirodet y lut un pompeux éloge en vers, et M. Denon, directeur général du Musée, adressa à l’empereur, à son quartier-général en Allemagne, un rapport spécial extrêmement flatteur pour l’aitiste. M. Debay, un des élèves de Gros,qui a le plus fidèlement reproduit sa manière, a fait, des Pestiférés, une copie qu’il racheta à la vente de Gros.
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275 . Napoléon visite le champ de bataille d’Eylau (9 février 1807 ), avant de passer la revue des troupes.