‹ Notice des tableaux exposés dans les galeries du musée impérial du LouvreChapitre 234 sur 583 · II. 5, 33. — L. 8, 00. — T. — Fig. plus gr. que nat · texte numérisé non relu

II. 5, 33. — L. 8, 00. — T. — Fig. plus gr. que nat

Presqu'au centre de la composition, l’empereur, vêtu d’une pelisse de satin gris bordée de fourrure, monté sur un cbeval Isabelle, laissant flotter les rênes d’une main et levant l’autre avec un geste plein de douleur, contemple le tableau sinistre qui l'environne. Parmi son état-major, on distingue, à droite, Soidt, Davoust et Murat caracolant sur un cheval magnifiquement harnaché; à gauche, Berthier, Bessières et Caulaincourt. Des Lithuaniens agi nouilles près de l’empereur implorent sa miséricorde, et l’un d’eux embrasse son genou. Plus à gauche, en se rapprochant du premier plan, un jeune chasseur lithuanien est soutenu par un aide, et un chirurgien panse le genou du blessé sous la direction du chirurgien en chef Percy. A la vue de l’empereur, il se soulève et pose la main sur son cœur en témoignage de dévouement et de reconnaissance. Des chirurgiens français vont chercher les ennemis blessés, pansent leurs plaies, tandis que des aides leur apportent des vivres et des secours. Au troisième plan, à droite, ' un canonnier mort sur sa pièce. Plus loin, on aperçoit deux chasseurs de la garde plaçant sur un de leurs chevaux un grenadier russe blessé; deux chasseurs en vedettes et un aide-de-camp au galop. Dans le fond, des lignes de troupes françaises, devant lesquelles défilent les prisonniers de guerre; le village d’Eylau en flammes, et des rangs entiers de régiments tombés à leur place de bataille et recouverts par la neige. — Signé, à gauche; Gros 1808 .

Gravé par Y allai; par Oorlman.

Musée Napoléon. — M. Denon, directeur général des Musées, dressa le programme fort détail é de ce sujet, mis au concours en 1807. Vingt -cinq esquisses furent exposées dans la grande galerie du Musée. L’Institut

GROS

donna le prix à Gros, à qui l’empcrcur fit remettre la pelisse et le chapeau qu’il portail dans cette sanglante Jot ruée ; Veyniet eut le premier accessit, et Tliévenln le second. A la suite de l’exposition de 180X, oit cette grande page produisit un effet immense, l'empereur lit une distribution de croix à plusieurs artistes, et affecta de passer plusieurs lois devant Gros sans lui adresser la paiole, puis tout à coup, revenant sut ses pas, il détacha la décoration qu'il portait et la remit dans les mains de son ancien protégé. Le Champ de bataille d’Lylau fut payé à l’artiste 16,000 fr.

276 . François I er et Charles- Quint visitant les tombeaux de l’église de Saint-Denis.

H. 2, 63. — L. 1, 66. - T. — Fig. de 1,10.

Charles-Quint, se rendant dans les Pays-Bas après la révolte des habitants de Garni , fut invité par le roi François l" à traverser la France, fit son entrée à Paris le 1 er janvier 15i0, y resta six jours, et désira visiter les tombeaux des souverains. Les deux monarques sont arrivés au bas de l’escalier conduisant aux caveaux de Saint-Denis, où un chapelain tenant deux flambeaux s’apprête à les guider. François P r montre à Charles-Quint le tombeau de Louis XII, surmonté de deux drapeaux vénitiens pris à la bataille d’Aignadel. Henri, dauphin de France, est à la droite de Charles- Quint; son frère, Charles d Orléans, à la gauche de son père. En face des souverains, au premier plan, à droite, le cardinal de Bourbon, abbé de Saint-Denis, la mitre en tête, la crosse à la main, assisté de deux prêtres. Sur les marches de l’escalier, le connétable de Montmorency, portant l’épée, entre H.mri d’Albret et le duc de Guise. Antoine de Bourbon est aussi sur la même marche. Derrière eux, le légat, les cardinaux du Bellay, de Lorraine et d’Astorgia. Dans la tribune, au fond de laquelle on aperçoit une portion du trésor de Saint-Denis, se tiennent Catherine de Médicis, M'”" d’Usez, M m ' de Brissac, Diane de Poitiers, la belle Féronnière, Amyot, Jean Goujon. La deuxième tribune est occupée par M“* d’Andelot , la comtesse de Larochefoucauld , M m * d’Elbeuf, la femme de l’auteur, ayant à sa gauche

GROS

le jeune Montaigne. Le Primatice s’appuie contre le pilastre, Pierre Leseot regarde par-des9us les tôtes des femmes placées au premier rang, Jean Bullan s’avance également pour mieux voir, et Clément Marot et Rabelais s’entretiennent ensemble. — Signé : Gros.

Gravé par il. Foriler.

Collection de Louis XVIII. — Ce tableau, exposé au salon de 1812, et commandé pour la nouvelle sacristie de l’église de Saint-Denis, fut payé, en 1816, 10,000 fr. Par ordonnance royale en date du 17 janvier 1820, le tableau de Cros qui avait pour sujet le départ de M mr la duchesse d’Angouléme et appartenait à la couronne, ayant été accordé à la ville de Bordeaux, un arrêté du ministre de l’intérieur du 28 avril suivant décida que le tableau du même auteur représentant François 1" et Charles- Quint, placé à Saint-Denis, serait donné p" échange au Musée royal, et qu’une copie de ce même tableau sérail faite par les soins de Cros pour remplacer l’original dans l’église de l’abbaye. La copie est de M. Debay. Gros en fut tellement satisfait, qu’il la signa sans y travailler. (Archives du Musée, 1820 et 1820.)

GUÉRIN (Pierre-Narcisse, baron), ne à Paris le 13 mars 1774, mort à Rome le 16 juillet 1833.

Il fut élève de Jean-Baptiste Régnault. A l’époque de la Révolution, les grands concours ayant été interrompus pendant trois années, on ouvrit, en 1796, pour les trois prix, un seul concours, dont le sujet était la Mort de Caton d’Utique. Guérin remporta un de res prix, MM. Bouillon et Boucher obtinrent les autres. Quoique la pension de liome n’eût pas été encore rétablie, le jeune artiste s'imposa volontairement tous les travaux que les règlements auraient exigés de lui. C’est alors qu’il exposa le Retour de Marcus- Sextus (n“277), qui eut un prodigieux succès. Lorsque les élèves purent se réunir il Rome, sous la direction de M. Suvéc, Guérin réclama son droit , et partit pour rejoindre ses camarades. Sa mauvaise santé l’empêcha de rester plus de six mois 5 Rome ; il alla à Naples et revint à Paris. Il n’était qu’élève lorsqu’il reçut, en 1803, la décoration de la Légion-d’llonneur. En 1815, le roi porta le nombre des académiciens de la section des beaux-arts de huit 5 quatorze, et donna à Guérin une de ces places. En 1816, il le nomma i.irecteurde l'Ecole de Rome; mai&Cuérin ne put profiter de ce témoignage d’estime, envoya sa démission, et M. Thévcnin le remplaça. Il obtint en 18191e cordon de chevalier de l’ordre de Saint-Michel, et ô l’expiration du directurat de M. Thévenln, en 1822, il lui succéda à l’Ecole de Rome. La faiblesse de sa santé ne lui permit pas de peindre pendant les six années qu il passa dans cette ville. I-oi squ’il fut de retour 5 Paris en 1829, le roi lui accorda le litre de baron, cl il entreprit de terminer le tableau de la Dernière nuit de Troie, qu’il n’avait qu’ébauché. Le désir de revoir Rome le décida à accompagner M. Horace \ ernel, qui s'y rendait en qualité de directeur de l'Académie. Guérin ne devait plus revoir la France. 11 mourut quelques mois après son départ, et fut enterré dans l'église de la Trinité-du-Mont, à côté de Claude le Lorrain. Guérin a exposé aux salons de 1799, 1802, 1808, 1810, 1810, 1817 et de 1819.

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