II. 1, 26. — L. 1, 72. — T. — Fig. de
Au milieu du tableau , des femmes et des liomrnes regardent un paysan et une paysanne dansant sur une pelouse, an son d’un tambour du basque que frappe une femme assise par terre. Parmi ces spectateurs, on en remarque un debout enveloppé d’un grand manteau, coiflé d’un chapeau à liante forme et tenant un fusil. Plus loin, à droite, une ville ombragée par des arbres élevés ; dans le fond, une vaste plaine bornée à l’horizon par des collines. Au premier plan , à droite, un pâtre assis par terre au pied d’un tronc d’arbre coupé. — Signé, à gauche : Michallon 1822.
Collection de louis XVIII. — Ce tableau Tut acquis à la suite du salon de 1822 pour la somme de 2,000 fr. On trouve dans le livret cette indication: • L’artiste s’est inspiré de la vue de 1 rascati. •
MIGNARD (Pierre) . né à Troyrs dans le mois denovembrs 1610, mort à Paris le 13 mai 1693.
Son père, suivant l’abbé de Monville, biographe de Mignard, était d’origine anglaise, s’appelait Pierre More, vint en France et fut présenté i Henri IV a*ec ses six frères, tous de si lionne mine, que le loi leur donna le surnom de Mi tuir r, qu’ils tinrent à honneur de o nserver à l’exclusion tle leur nom véritable. I es documents découverts récemment prouvent que le pèie des de ix peintres poitaii te nom de V ignartl dès le commencement de la I iguc, bien autel ieurcment à la vente de Henri IV b Troyes, et infirment l’assertion de Faillie de Monville. Quoiqu'il en soit, il avait été décidé que Pierre Mignard sciait médecin son frère aîné ayant déjà pris la profession de peintre, ais Pierre montra tant de dispositions
F mur le dessin, que e r, pôle fut forcé tir céder à soi désir, il l’envoya, b 'âge de 12 ans, .. Rompes, cites un peintre nommé Itoticher ; apiès une innécdc séour dans cette ville, I revi l à Tioyes, puis alla à Fontainebleau étudier pendant doux ans les Lréso.s de peinture cl de sculpture renfermés alors (laits ce palais, il Ut de tels progrès, qu’il fui en étal, b son retour b
MIGNARD
Troycs, de peindre ta chapelle du château de Coubcrt, appartenant an maréchal de Vitry. Ce grand seigneur, charmé du travail du jeune artiste, le plaça chez Vouel, premier peintre du roi, qui vo lut lui donner sa fdle en mariage. Quelque avantageuse que filt une paieille union. Mignard préféra ion art à son intérêt, et se décida à partir pour Home vers la (in de 1035. U arriva dans celle ville en 1036, y retrouva du I resntty, son ancien condisciple cher. Vouet. Il lit avec lui de sét ieuses études d’après l'antique e. d’après les maîtres. I.es premiers ouvrages qu'on vit de Vignard furent deux grands tableaux représentant, l’un la famille de M. Hugues le l ionne, alors plénipotentiaire de France près des princes d'Italie, et l’autre M\i. Arnaud. Ces deux portraits établirent sa réputation et lui valurent l’honneur de peindre le pape Urbain VIII. A la mort de ce pontife, en 1654, Alphonse- Louis du Plessis, cardinal de Lyon, frère ainé du cardinal de Bichelieu, vint à Rome avec Mlcola* «lignard, qui ne resta que peu de temps prés de Pierre et retourna à Avign n. Le cardinal chargea Pierre de lui copier la galerie du palais l arnèse peinte par Anuihal Cari : ch •, travail qu’il exécuta en huit mois. A cette époque, Vignard lit un grand nombre de portraits «le personnages célèbres, entre autres celui d’innocent X , et commença à s’occuper d'ouvrages de sa composition. Ses premières peintures historiques, qui tenaient beaucoup t e la manière du Carraclie, et ses fresques, furent très-eslimées des Romains. Vers la fin de 165.3 du Fresnoy quitta Rome pour retourner en Fiance, passa par Venise oit il s’arrêta dixbuit mois, et invita son ami à venir l’y trouver. Alignai d partit au printemps de l'année suivante, visita Itiinini, Bologne, Modène, Parme, Mantoue, accueilli avec distinction par les grands seigneurs et par les artistes les plus célèbres. A peine ai rivé à Venise, auprès de son ami.il fut forcé de se rendre h Modène , où le grand duc, désireux d’avoir plusieurs portraits de sa main, l’appelait. IX 1 retour h Venise, il étudia les peintures de cette ville, y séjourna huit mois, se sépara de du Fresnoy et reprit la route de Rome. Un rie ses premiers ouvrages fut le portrait du nouveau pape Alexandre Vil, puis il peignit un grand nombre de Vierges qui reçurent le surnom de mgnnraei. Il habitait Rome depuis près île vingt-deux ans, lorsque le roi te rappela en France. Il arriva à Marseille an mois d’octobre 1657, et, attaqué d’une grave maladie, il fut forcé de s’arrêter pendant sept à huit mois 5 Avignon, aupiès de son frère. Ce fui dans cette ville qu’il contracta avec Molière une amitié qui dura autant que leur vie. Mignard rétabli continua son voyage, peignit plusieurs portraits & i.yon, qu'il put ii peine terminer, ayant reçu l’ordre de se rendre sans retard à Fontainebleau, où M. de Lionne le présenta au cardinal de Maxarin, qui lui commanda de faire le portrait du roi. il fut teru iné en trois heures, et expédié tout de suite à Madrid 4 l’infante d’Fspagne, que lxiuis XIV devait épouser. Arrivé à Paris. Mignard prit un logement avec du 1 resnoy, peignit le duc d’Epcrnon, qui lui donna 1,000 éces pour son portrait, cl 40,000 livres pour la décoration d’une chambre de l'hôtel de Longueville, qui lui appartenait. A partir rie celte époque, la famille royale et tous les grands seigneurs voulurent avoir leurs portraits de la main de Mignard. Ix reine mère le chargea de peindre 5 fresque le dôme du Val -de-C race. 11 y représenta le Paradis. Cette vaste composition, oit il introduisit plus de 200 figures, au moins trois fois grandes comme nature, et pour laqualle il se servit de l’aide de son ami du Fresnoy, prouva à ses détracteurs qu’il pouvait s’élever au-dessus du genre du port tait, et fut célébré par un poème de Molière. La coupole terminée, il alla dans le Comtal; puis, 5 son retour A Paris en 1664, l’Académie de Saint-Luc, qu’il avait préférée à l’Académie royale parce qu’il ne voulait pas occuper un gra c inférieur à celui de le Brun qui en était directeur, le prit pour son chef. Il décora l’hôtel d’Ilervar, et du Fresnoy y fit des paysages. Mignard perdit cet ami l’année suivante, et publia le poème latin sur la peinture qu’il laissait manuscrit et auquel il avait travaillé pendant toute sa vie. En 1677, il peignit 4 Saint-Cloud pour Philippe d Orléans, frère unique du roi, le grand salon et une Descente de croix dans la chapelle. 11 orna de ses
MIGNARD
compositions, en 1658, à Versailles, la petite paierie détruite en 1756 les salons qui en dépendent, puis le cabinet de Monseigneur, abattu en 1728. Os compositions sont gravées par fi. Audran. Mignard succéda à le Brun le 1" mais 1 690, comme premier peintre du roi. Dans une seule séance, le 5 mars. l’Académie, la première fois qu’il s’y présenta, lui conféra les grades d'académicien, de piofesseur, de recteur, de d recteur et de chancelier. Enfin on le nomma directeur des manufactures. En 1691, M. de I .ou vois, voulant faire peindre le dôme des Inval des, crut devoir consulter Mignard, alors Agé de 81 ans, ne pensant pas qu’il pût avoir l'idée de se charger d’une pareille entreprise. I. 'artiste octogénaire remit au bout de deux mois au ministre un grand dessin oli il avait retracé la composition qu’il demanda t à exécuter. O dessin fut agréé, mais la mort empêcha Mignard de réaliser s n projet. Dans ses dernières années, il peignit M”' de Maintenon en sainte Françoise, l.ouis XtV pour la dixième fois, la famille royale d'Angleterre, un saint Mathieu pour Trianon, et un saint l.uc dans la composition duquel il se représenta n" 555). l a mort le surprit à 85 ans, au moment oit il terminait cet ouvrage dans lequel il ne laissa qu’un bout de tapis imparfait. Mignard travailla pendant soixantetreize ans et acquit une fortune considérable. \x roi Panoblif en 1687. Une grande jalousie subsista toujours entre lui et le Brun , et l’on a accusé Mignard, lors de l’avéneraent de i ou vois, son protecteur au ministère, d’avoir, par ses intrigues, hâté la mortde son rival, dont il se lit concéder les places et les revenus. Ses élèves furent i.aurenl Fauehler, Morlay, Nicolas t ouché, un Flamand nommé Carré et son neveu l»lerre Mignard. Ses ouvrages ont été gravés par G. Audran, les Poilly, Roullet, Nantcuil, V assoit, Michel lasne, van Sclmppen, Scottin, A. loir, Chauveau, Drevel, Jeaurat. — Nicolas Mignard, peintre-graveur, frère aîné du précédent, né à Troyes en Champagne veis 1605, mourut à Paris le PO mars 1668. Il fut d'abord élève d’un peintre de l'ioyes, puis vint étudier à Fontainebleau pendant plusieurs années les ouvrages de Fréminet, du Primati e, du Rosso. Il alla ensuite à l.yon, à Avignon, oli le cardinal de I.yon, frère du cardinal de Richelieu, ayant vu cher un amateur une galerie peinte par lin, le prit un affection et l’emmena à Rome. Après deux années d'étud s dans cette ville. Mignard revint à Avignon et prit le nom de Hitjn ird d’Avi non, pour se distinguer de son fi ère qu'on appelait Mignard le Ho main. Fin 1660, quand louis XIV passa par cette ville pour aller épouser l'infante d'Espagne, le cardinal de Ma/arin lit peindre le jeune roi par Mignard. Ce portrait plut tant ou roi qu’il appela l’artiste à Fontainebleau pour faire celui de la reine. Outre un nombre considérable de portraits de grands personnages, Mcolas Mignard exécuta aussi des tableaux d’histoire, el décora plusieurs pièces aux Tuileries. Il fut nommé académicien le 3 mars 1662, adjoint à professeur en 1665, professeur le 26 juin 1665, adjoint A recteur le 16 août 1665, recteur le 8 mars (690. U eut deux (ils: le premier, nommé Rlerre, élève de son oncle, fui d’abord peintre de Marie-I hérèse. puis architecte du roi. Il était un des huit membres fondateurs de l’Académie d’architecture, créée le SI décembre 1671, et mourut en 1725. Iæ second, appelé Paul, né A Avignon, mort le 5 octobre 1691 à l.yon, peignit, entre autres ouvrages, pmtrson tableau de réception à l’Académie, le 11 juin 1672, le portrait de son père. Ses compositions ont été gravées par Antoine Masson, van Schuppen, Boulanger.