Portrait de M. de Nanteuil-Lanorville
H. 1, 27. — L. 1, 02. — T. — Fig. presqu’en pied de gr. nat.
Il est représenté assis dans un fauteuil, tourné à droite, la tête nue, les cheveux poudrés. Il porte une redingote verdâtre avec le ruban de la Légion-dTIonneur à la boutonnière, un gilet jaune, une culotte collante de couleur grise et des bottes montantes avec des
PAGNEST
glands. Devant lui, à droite, est une table sur laquelle sont posés des papiers, des livres, un foulard. — Signé: Pagnest 1817 .
Collection «le Charles X. — Ce tableau fut exposé au salon de 1817, et acquis par le Musée, en 1830, pour la somme de 6,000 fr.
PARROCEL (Joseph), peintre, graveur, né à Brignollet (en Provence ) en 1648, mort à Paris le 1 er mars 1704.
Il n'avait que 12 ans 3 l’époque oii son père Barthélemy parrocel, assez, bon peintre, mourut ; et comme son frère aîné l.ouls Parrocel, établi dans le tanguedoc, jouissait de la réputation d’artiste habile, il alla le trouver, afin de se mettre sous sa direction. Après y être resté trois ans, il s’échappa de la maison fraternelle, vint à Marseille, fit quelques travaux assez lucratifs, et prit la résolution de voyager. Son premier dessein était de passer en Italie ; mais ayant appris que son frère Louis se trouvait à Paris, il se dirigea vers cette ville, dans l’espoir que ce dernier pourrait lui faire connaître des artistes dont les avis ou l’innuence lui viendraient en aide. Louis n’était plus à Paris, et, à la suite d’une grave maladie, avait été obligé d’aller s'établir à Avignon. Joseph s’arrêta néanmoins à Paris pendant quatre années, et acquit par ses talents l’estime des plus grands artistes. Il retourna ensuite en Provence, passa en Italie, s’arrêta assez longtemps à home, où il se lia avec le bourguignon, peintre de batailles, qui lui donna d'excellents conseils; puis il parcourut les autres villes d’Italie, séjourna à Venise, étudiant avec soin les procédés des maîtres de cette école. Enfin, après avoir passé huit ans en Italie, il revint en Provence et se rendit à Paris pour la deuxième fois en 1675. Il fut agréé à l’Académie royale de peinture et de sculpture, le 29 février 1676 ; reçu le 15 novembre suivant, sur le Siège de Maestrich (maintenant à Versailles), on le nomma conseiller en 1703. M. de Louvois lui fit peindre un des quatre réfectoires de l’hôtel royal des Invalides, et divers sujets de bataille peur Versailles et Marly. Parrocel ne fit pas seulement des batailles; il a peint aussi des tableaux d’histoire. Eu 1690, il fut chargé par la compagnie des orfèvres «l’exécuter le tableau votif qu’ils offraient le l* r mai à l’église de .Notre- Dame ; il représente la Prédication de saint Jean dans le désert, et se trouve encore maintenant dans cette cathédrale. On voyait de ses ouvrages aux Petits-Pères place des Victoires, à l’hôtel de Soubisc et à l’hôtel de Toulouse. Il fut enterré dans l’église de Saint-Sauveur, sa paroisse, vis-à-vis de la chapelle de Saint-Joseph. Joseph Parrocel a exposé au salon de 1699. — Hartliéleiny parrocel, père du précédent et souche de cette nombreuse famille d'artistes, naquit à Monthtison et mourut à Brignolles, en 1660, dans un âge peu avancé. Destiné à l’état ecclésiastique, sa vocation l’entraîna vers la peinture. Il résolut de visiter l'Italie, et rencontra eii route un grand d’Espagne qui l’emmena avec lui dans son pays. Après un séjour de plusieurs années en Espagne, il s’embarqua pour l’Italie et fut pris par des corsaires d’Alger. Mais le capitaine étant de la connaissance du consul français, un prompt échange rendit le captif à la liberté. Il se dirigea sur I'omè, y étudia quelques années, revint en France, et s’établit à Brignolles. — Son fils aîné, nommé comme lui Rartliélemy, mourut fort jeune. — Charles parrocel, peintre-graveur, né à Paris en 1688, mourut dans la même ville (au* (îobelins) le 20 mai 1752. 11 était l’aîné des douze enfants de Joseph Parrocel, et le seul qui fût peintre. Ayant perdu son père fort jeune, ilétudia sous la Fosse, obtint plusieurs prix à l’Académie, se rendità Home,
PARROCEL
d'abord à scs frais, etobtt, t ensuite la pension du roi. Il se fit connaître avantageusement en Italie par plusieurs compositions historiques; mais % peine revenu à Paris, il se consacra presque exclusivement à la représentation des scènes militaires et des batailles, genre oit il acquit autant de réputation que son père. Peu de temps après son retour en France, l’Académie le reçut, le 22 févricrl721, sur un Combat d’infanterie et de cavalerie. La même année, le roi lui ordonna de peindre deux tableaux de 22 pieds de long, représentant, l’un l’entrée de l'ambassadeur turc dans le jardin des Tuileries ; l’autre, la sortie du même ambassadeur par le Pont-Tournant après son audience. Ces deux tableaux, remplis d’un nombre immense de figures, placés maintenant à Versailles, furent exécutés plus tard en tapisserie aux Cobelins. Il fut nommé adjoint à professeur le 31 janvier 17!i 4, et professeur le 30 octobre 1745. Bien qu’il eût obtenu déjà beaucoup de succès dans le genre qu’il avait adopté, il prit la résolution de servir dans la cavalerie et de faire plusieurs campagnes, afin de mieux étudier les mouvements et les évolutions militaires. En 1744 cl 1745, il eut commission d’accompagner le roi et de peindre ses conquêtes en Flandre. Ces tableaux, placés dans diverses maisons royales, lui firent le plus grand honneur. Quoique Charles ail traité les mêmes sujets que son père, on ne peut confondre leurs ouvrages : ceux du fils sont généralement d’une couleur plus fraîche, plus brillante; scs tableaux ont aussi moins soutien. Les ombres des out rages de Joseph Parrocel ont beaucoup noirci, ainsi qu’un certain bleu qu’il a employé dans les ciels. Chai les a exposé aux salons de 1737, 1738, 1745 et de 1746. Ses ouvrages ont été gravés par Dcsplaces, Cochin, Thomassin, Crespy, G. Scotin. — I.ouls Parrocel, second fils de Barthélemy, frère de Joseph, fut un peintre distingué, se retira en Languedoc après avoir séjourné en Provence et à Paris. — pierre Parrocel, peintre, graveur, fils de l-ouis, né à Avignon en 1664, mort en 1739, était élève de son oncle Joseph et de Carie Maralte à Home. Il revint en France, parcourut le Languedoc, la Provence et le comtat d’Avignon, où il laissa des tableaux. Il fut agréé à l’Académie en 1730, comme peintre d’histoire. Ses ouvrages les plus importants se trouvaient à l’Iiùtcl de Noailies et 5 Saint- Germain-en-Laye, où il représenta l’histoire de Tobie en treize tableaux. — Ignace Parrocel, fils de Louis, né en 1668 5 Avignon, mort à Mous en 1721, élève de son oncle Joseph, voyagea en Italie et en Autriche. L’empereur et le prince Eugène le chargèrent d’un grand nombre de travaux. Le duc d’Aremberg l’appela ensuite dans les Pays-Bas. 11 peignit des batailles. — Joseph -Ignace -François Parrocel, fils de Pierre, né à Avignon en 1705, mort le 15 décembre 1781, fut agréé à l’Académie, comme peintre d’histoire, en 1753. — Les historiens parlent aussi d'un Étienne Parrocel, sur lequel ils ne donnent aucun renseignement, et qui aurait exposé aux salons de 1755, 1757, 1759, 1761, 1763, 1765, 1767, 1771, 1779 et de 1781. Les livrets citent bien à ces dates des ouvrages d’un Parrocel auquel il n’est joint aucun prénom : il y a tout lieu de penser qu’il y a confusion, qu’Etienne n’a jamais existé, et qu’il s’agit de Joseph-Ignace- François. Ce dernier n’eut que des filles : l’aînée, M"" i»e valsaureaux, peignit des Ocurs, des animaux, et mourut dans un âge très avancé.