Les Israélites recueillant la manne dans le désert
H.0, i». - L. 2, 00. — T. — Fig. deO, Si
Au milieu d’un désert où s’élèvent des roches escarpées, sur un plan un peu éloigné, Moïse debout montre le ciel chargé d’épais nuages à plusieurs Hébreux prosternés devant lui, tandis que d’autres, les mains élevées, implorent la clémence divine. A côté de Moïse, son frère, le grand prêtre Aaron, adresse au Seigneur des actions de grâces. A droite, au second plan, deux jeunes garçons se disputent la manne répandue à terre. Près d’eux, un homme en porte une corbeille remplie à un vieillard assis du côté opposé, qu’une jeune femme agenouillée au premier plan, vue de dos et tenant un petit enfant sur un bras, lui désigne. Derrière celle-ci, deux hommes et une femme recueillent la manne sur la terre , et une jeune fille étend sa robe pour recevoir celle qui tombe du ciel. A gauche , au second plan , un malade couché se soulève en s'appuyant sur un bâton. Au premier plan, une femme assise nourrit sa mère de son lait et se penche avec tendresse vers son enfant. Près de ce groupe, un homme debout dans l’altitude de l’étonnement et de
POUSSIN
l'admiration. Dans le fond, des tentes, des feux allumés, des figures éparses.
Gravé par G. Chatteau en 1680 ; par B. Audran ; par Bern; par il. Testelin. — London, l. 3, pi. 10.
Collection de Louis XIV. — Ce tableau, terminé à nome au mois de mars 1639, fut envoyé à Paris, au mois d’avril de la même année, à M. de Chan* telou, maître d’hôtel du roi, pour qui Poussin l’avait exécuté. Dans une lettre du célébré artiste, écrite à Stella, on remarque le passage suivant : «J’ai trouvé une certaine distribution pour les tableaux de M. de Cliantelou, et certaines altitudes naturelles, qui font voir, dans le peuple juif, la misère et la faim oit il était réduit, et aussi la joie et l’allégresse oii il se trouve ; l’admiration dont il est touché, le respect et 1a révérence qu’il a pour son législateur, avec un mélange de femmes, d’enfants et d’hommes d’àges et de tempéraments différents; choses, comme je crois, qui ne déplairont pas à ceux qui les sauront bien lire. » Cette superbe composition, dont le Brun, en 1667, dans une conférence des membres de l’Académie de peinture, fît l’objet d’une dissertation publiée par Félibien, passa dans la collection de la couronne, et ornait en 1709-1710, à Versailles, le petit appariement du roi.