RAOUX
litre de peintre d’histoire, Raoux, sentant qu’il ne pourrait aborder de vastes entreprises, se borna à des sujets de caprices : il fit des noces de village, des dessus de portes, de petites compositions tirées de la fable, et un grand nombre de portraits hulorirt; car il n’eût jamais consenti à peindre simplement un portrait en buste. Le cardinal Dubois voulut l’envoyer en Espagne en qualité de premier peintre du roi ; mais Raoux n’accepta pas et envoya son maître Ranc à sa place. 11 passa en Angleterre au mois de septembre 1720, et revint huit mois après à Paris. Il peignit alors un assez grand nombre de portraits en pied d’actrices, sous la figure de prêtresse, d'Amphitrite, de bacchante, de naïade, de muse. Quant aux dames de la cour, il les représentait habituellement en Cérès, en Poinone, en Vénus, en Diane, et quelquefois en vestales. Ia?s fonds de paysage de ses portraits étaient généralement bien composés et les études habilement rendues. 11 peignit aussi beaucoup de fêtes galantes, des suites représentant les saisons, les heures du jour, les éléments, les quatre parties du monde, et des demi-figures allégoriques, telles que les sciences, les vertus, les muses, les grâces personnifiées; enfin des sujets de fantaisie, comme une femme cachetant une lettre, une autre qui lit ou qui chante, etc. Bien que Raoux se plût à peindre surtout des femmes, on connaît de lui des portraits d’hommes importants; on remarqua parmi ceux-ci celui du grand-prieur, son protecteur, en général des galères, ceux des évéques de Montpellier et de Séncz, terminés tous deux pendant un voyage qu’il fit en 1723 à Montpellier et dans l’Auvergne. Raoux a beaucoup produit; il passa une partie de sa vie au palais pricural du Temple, dont il décora plusieurs appartements, et n’en sortit que trois ans avant sa mort, pour aller demeurer dans la rue Saint-Honoré, près des Feuillants. Chevalier et Mondidirr furent ses meilleurs élèves. Jacques Oiereau, C. Dupuis, Dupuis le cadet, Poilly, Lépicié, Ricoias Dupuis et Moyreau, ont gravé plusieurs de ses ouvrages. Quoique de l’Académie, ses ouvrages n’ont pas figuré aux expositions.
464. Télémaque raconte ses aventures à Calypso en présence d’Eueharis et des autres nymphes.
H. 1, 14. — L. 1, 48. — T. — Fig. de 0, 80.
Au milieu de la composition , Calypso , entourée de ses compagnes , assise sur un tertre , le bras gauche appuyé sur un coussin, écoute le jeune Télémaque, assis auprès d’elle et accompagné de Mentor. A gauche, au premier plan, une nymphe tenant une lyre. Dans le fond, du même côté, la grotte de Calypso, des femmes dressant une table et occupées aux apprêts d’un repas. A droite, la mer et un vaisseau échoué à la côte.
Ancienne collection.— Ce tableau fut peint pour le duc d’Orléans, récent, et placé au Palais-Royal. 11 entra ensuite au Louvre, pour en lessortir en 1817. Donné alors par Louis X VIII au duc d’Orléans, ou le raya des inventaires, et il aura sans doute été rapporté au Musée sous le règne de Louis- Philippe.