BRENET
mille cinq cents ducats. Le chevalier ne voulut pas accepter cette offrande, dota les deux jeunes filles et fit donner cinq cents ducats au couvent des religieuses qui avait le plus souffert. » ( Livret de 1783.) — Bayard debout présente une bourse aux deux jeunes filles, dont l’une est agenouillée à droite. Derrière le chevalier, à gauche, deux personnes de sa suite, regardant sur la table le coffre ouvert renfermant de l’or.
Collection de Louis XVI. — Ce tableau, exécuté pour la Manufacture des Gobelins, fut exposé au salon de 1783.
BRUAJNDET. On ignore la date de sa naissance. Il est mort en 1803.
Cet artiste, sur lequel on n'a pas de renseignements biographiques, a peint souvent dr s vues de Paris et a cherché à imiter Rutsdael.
53 . Vue prise dans la forêt de Fontainebleau ; étude d’après nature.
H. 1, 00. - L. 1, 18. - T. — Fig. de 0, 08.
A gauche, des moutons paissent et une femme assise sur un tronc d’arbre s’entretient avec un voyageur. A droite, de l’autre côté et au bord du chemin, un bûcheron qui se repose. Dans le fond, un homme, monté sur un âne, causant avec une femme qui marche près de lui. — Signé : L. Bruandet 1785.
Collection de Louis-Philippe. — Acquis en 1840 de M. l'ouquet, pour la somme de 1,500 fr.
BRUN (Charles le), peintre, graveur, architecte, né à Paris le 24 février 1019, mort aux Gobelins dans la même ville, le 12 février 1690.
Dès sa plus tendre enfance, il donna des preuves de ses dispositions extraordinaires pour le dessin. Son père, qui était sculpteur, le mit d’abord sous la direction de Perrier , surnommé le Bourguignon. Lorsqu’il eut 11 ans, le chancelier Pierre Séguier, qui fut toujours pour lui un protecteur , le logea dans son hôtel et l’envoya 5 l’école de Voiiet. 11 alla
BRUN (le).
ensuite â Fontainebleau étudier les belles peintures appartenant 4 ta couronne, et, à l’âge de 15 ans, exécuta pour le cardinal de Richelieu plusieurs compositions remarquables, qui reçurent l’approbation de Poussin, alors à Paris. Vers la même époque, il fit cadeau â la communauté des maîtres peintres et sculpteurs de Saint-Luc, pour leur église du Saint-Sépulcre de la rue Saint-Denis, d’un tableau représentant saint Jean l’évangéliste plongé dans une chaudière d’huile bouillante. Doué d’une activité infatigable, il peignait sans cesse, composait des dessins de thèses, gravait à l’eau-forte et modelait en cire. Le chancelier Séguier, charmé des progrès de son protégé, le mit à même de faire le voyage de Rome. 11 lu! accorda une pension de 200 écus, le confia à Poussin qui retournait en Italie et donna au jeune artiste des conseils dictés par une science profonde. Le Brun arriva à Rome le 5 novembre 1642; accueilli par le cardinal Barberini, à qui il était recommandé, il fut présenté au pape Urbain VU1, et admis chez tous les grands seigneurs. 11 étudia l’antique, les maîtres, et peignit plusieurs tableaux qu’on voulut attribuer à Poussin lui-même. Après un séjour de plus de quatre ans 4 Rome, il partit pour la France sans visiter Venise, passa par Lyon, oii il laissa quelques ouvrages, et revint à Paris précédé d’une réputation méritée. A partir de cette époque, le nombre de travaux de tout genre exécutés par le Brun devient si considérable que, dans l'impossibilité de les signaler, nous ne citerons que ceux qui fixent par des dates les principaux événements de sa vie. En 1647, il fit un tableau votif représentant le Martyre de saint André, offert par la corporation des orfèvres 4 l’église de Notre- Dame, le l* r mai. En 1648, Il prit une part des plus actives à l’établissement de l’Académie royale de peinture et de sculpture, institution importante dont nous avons raconté sommairement l’histoire dans l’Introduction placée en tête de ce volume. 11 occupa successivement tous les grades dans cette compagnie célèbre. En sa qualité de l’un des douze anciens fondateurs de l’Académie, il fit les fonctions de professeur ; mais, comme à cette époque les charges de professeur, de chancelier, de recteur, étaient mobiles selon les décisions du sort, il les exerça alternativement, en fut souvent démis, et y fut souv< nt réintégré. Ainsi, il cessa les fonctions de professeur le 2 septembre 1651, les reprit le 2 mars 1652, fut nommé recteur et chancelier le 6 septembre 1655, réélu recteur le 4 janvier 1659, chancelier à vie le 4 mars 1663; en 1668, les charges de recteur et de cbancelierayanl été réunieselrenduesimmuables,elleslulfurent déférées; enfin, il devint directeur le 18 septembre 1683. En 1649, il travailla, en concurrence avec le Sueur, à l’hôtel du président Lambert; le surintendant Fouquet lui fit une pension de 12,000 livies et lui confia les peintures de •on château de Vaux. Ce fut chez le ministre que le Brun connut le cardinal Mazarin, qui le présenta à Louis XIV. Quelque temps après, la reine-mère lui commanda un tableau pour son oratoire (le Christ aux Anges, n° 62), tab eau qui contribua beaucoup à ses su cés i la cour. En 1651, le Brun fut choisi de nouveau par la corporation des orfèvres pour peindre un deuxième tableau votif du inoisdemaii Notre-Dame; il représenta le Martyre de saint Etienne (n° 65). Lors du mariage de Louis XIV avec l’infante Marie-Thérèse d’Autriche, les décorations qu’il fit, place Dauphine, pour l’entrée du roi et de Lr reine i Paris, le S août 1660, par ordre des échevins, méritèrent une approbation universelle. Dans la même année, Colbert le nomma directeur des Gobelins, où étaient établis les ateliers de tapisseries, de meubles, de pièces d’orfèvrerie, de mosaïque et de marqueterie de la couronne. Le Brun donnait les dessins de tous ces objets et en surveillait l’exécution. En 1660, le roi , se trouvant 4 Fontainebleau, lui commanda de peindre des sujets tirés de l’histoire d’Alexandre. Le tableau de la famille de Darius , fait sous les yeux du monarque, fut le premier de cette suite remarquable et le fondement de la fortune de l’artiste auprès du souverain. Les quatre autres compositions, destinées également 4 être reproduites en tapisserie, furent peintes le* années suivantes aux Gobelins. Louis XIV témoigna 4 Le Brun sa salis.
BRUN (le)
(action du tableau de Darius en lui donnant son portrait enrichi de diamants, en le nommant, au mois de juillet 1662, son premier peintre, avec des appointements de 12,000 livres, en l'anoblissant par des lettres de grâces au mois de décembre 1002 ; enfin en lui conliant la direction et la garde générale des tableaux et des dessins de son cabinet, avec mission d’acheter tous les ouvrages de peinture et de sculptuie qu’il jugerait dignes d’enrichir la collection royale. Après le Fatal incendie qui détruisit, le 6 février 1661, la petite galerie, dite galerie des Peintures, au Louvre, on chargea le Brun de présenter un plan complet de restauration : l’histoire du dieu qu’il y traita allégoriquement et par allusion & la devise du roi, valut ii celte galerie le nom de galerie d’ Apollon , qu’elle a conservé depuis. Aucune entreprise ne fut plus souvent entravée, interrompue. Le Brun fit tous les dessins des peintures, sculptures et ornements; mais il ue peignit que quatre tableaux de sa main, Enfin la création de Versailles, qui préoccupa bientôt le roi exclusivement, port t un coup funeste à celte galerie, qui resta inachevée. En 1666, le Brun profita de son immense faveurauprèsde Louis XIV pour obtenir la fondation d’une école française à Rome. En 1677, il accompagna le roi pendant les campagnes de Flandre, et, au retour de Lille, il peignit plusieurs compositions pour le château de Saint-Germain, oii, en 1668, il conduisit tous les travaux de décoration qui s’exécutèrent dans la cour, le 2U mars, à l’occasion du Iraptémc du Dauphin. En 1672. le chancelier Séguicr étant mort, l’Académie, dont il avait été le protecteur, ordonna un service magnifique dans l’église des Pères de l’Oratoire de la rue Saint-Honoré, et choisit le Brun pour présider à tous les détails d’art de cette cérémonie. En 1676, l’Académie de Saint- Luc, à Bonte, l’élut prince, c’est-à-dire directeur, quoique absent, et contrairement à scs statuts. Les travaux que le Brun exécutait et dirigeait à celte époque étaient gigantesques; non content de peindre le château et les pavillons de Sceaux, appartenant à Colbert, de donner les dessins des fontaines et des statues du parc, de faire des tableaux pour le roi, de décorer l'escalier de Versailles, de peindre les façades des pavillons de Marly, il entreprit, en l'>79, la peinture et l’ornementation de la grande galerie de Versailles, qui a plus de 80 mètres de longueur sur 12 mètres de largeur : il y travailla pendant quatre ans, et représenta, dans vingt-un grands tableaux et six bas-reliefs feints, des sujets tiiés de l'histoire de la vie du roi; puis il peignit tes salons de la Paix et de la Guerre, qui terminent chaque extrémité de la galerie. Le marquis de Louvois succéda à Colbert, moitié 6scptembic 168.1, dans la surintendance des bâtiments; mais jaloux de son prédécesseur pendant sa vie, il se trouva naturellement disposé d’une manière très peu favorable à l’égard de ceux qu’il avait protégés. Aussi opposa -l-il Milliard à le Brun, dont il critiquait tes ouvrages, et à qui il suscitait des entraves cachées et sans cesse renaissantes. Bien que le roi témoignât toujours à son premier peintre une faveur marquée, lui accordât de nouvelles gratifications, le grand artiste ne put résister à ces tracasseries, cessa d’aller à la cour, et tomba dans une maladie de langueur. On le ramena expirant de sa maison de .Montmorency aux Gobclins, oh il mourut, il fut enterré à l’église de Saim-Nicolasdu-Chardonnet, dans la chapelle de Saint-Charles qu’il avait décorée. Pendant tout le temps oh il jouit de la faveur royale, le Brun exerça un pouvoir despotique sur l’art. Peintres, sculpteurs, décorateurs, quel que fût leur talent, devaient se résoudre à ne travailler que sur ses dessins ou d’après ses avis. Aussi toutes les œuvres de cette époque offrent-elles un caractère uniforme de style, privé peut-être de cette finesse et de cette grâce qui caractérisent Page d'or de la renaissance, mais auquel on ne peut refuser la science et la grandeur. Malgré la faiblesse de son coloris rouge et somhre, la lourdeur de son dessin, la mollesse de son exécuLion, le Brun n’en doit pas moins être considéré comme un artiste éminent par son inépuisable fécondité et la noblesse de scs conceptions. Ses principaux élèves ont été : son frère Gabriel, Claude Audran, Verdier, nouasse, Vcrnausul, Vlvlaul, le Fevre, Joseph Vivien et Charles
de I* rosse. Presque tous ses ouvrages ont été gravés par d’habiles artistes, parmi lesquels on distingue surtout G. et C. Rousselet, F. et N. Poilly, F. Chauveau, G. et R. Audran, G. Fdclinck, E. et R. Pieart, A. Masson, S. le (1ère, I» de Cliàlillon, C. et Siinonncau, M. ï.asne. — Gabriel le nrun, peintre-graveur, frère et élève du précédent, naquit en 1625; on Ignore la date de sa mort, et l'on n’a pas de renseignements sur sa vie. — Nicolas le nruu, pc-ntrc paysagiste, frère de Otaries, né en 1615, mourut en 1660.