Le Christ descendu de ia croix
IL 1, 00. — 1» 2, 01. — B. — Fig. de 0, 80.
Au milieu de la composition, le Christ mort, couché par terre devant la Vierge agenouillée. Derrière ce groupe, à gauche, l'abbé Guillaume, avec la chape; une sainte femme en pleurs, tenant un mouchoir. A droite, debout, saint Jean, les mains jointes; saint Joseph d’Arimathie, la tète coitTée d’une espèce de turban, ayant dans les mains la couronne d’épines. Au premier plan, du même côté, la Madeleine agenouillée, tenant un vase sur lequel on lit : i.v cipio af. A gauche, une autre sainte femme, également agenouillée, les mains jointes. Auprès d’elle, un os et une tète de mort. Dans le fond, l’abbaye de Saint-üermain-des-Prés, la rivière, le Louvre, Montmartre. A droite, le Calvaire, avec les trois croix.
Collection (le louis- Philippe. — Ce tableau était place 1 à Saint-Denis avant d’entrer au I ouvre en 18Ù5. Voici ce qu'en dit le bénédictin Jacques Houillarcl, dans son Histoire de l’abbaye de Saint-Gerinain-dcs-Prés (liv. iv, p. 169) : • Enfin, on voit dans la sacristie un ancien tableau qui a servi autrefois dans quelque chapelle, oii l’abbé Guillaume (mort en I!il8) est représenté & genoux, soutenant avec respect, par-dessous les liras, un Christ détaché de la croix, accompagné de plusieurs autres figures assez, rt il dessinées, selon la manière de ce Icmps-là, mais dont les tètes sont bonnes et le coloris d’une grande fraîcheur. Ce qui est le plus à estimer dans ce tableau, c’est le lointain oii l’abbaieest leprésentée au milieu des prés, environnéc de tours rondes, de hautes murailles et de fossés profonds, comme Richard, prédécesseur de l’ablté Gu.llaume, les avait fait faire. Le I .ou vie, avec scs grosses tours, y parait de l’autre côté de la rivière, dans le même état qu’il avait été construit sous Pltil ppe-Auguste. le l’etit-llourbon, à présent le garde-meuble du roi, y est dépeint de la même manière qu'il est encore aujourd’hui, surtout du coté de ia rivière. On voit encore plus loin, derrière ces édifices la hutte Montmartre et au sommet l’ancienne église
INCONNUS
avec tes monastères des religieuses, tels qu’ils <5ti»icftt pour lors.» A l'époque de la Révolution, M. Alexandre l.cnoir sauva le tableau et le lil porterait ilépdt national des monuments français. Dans le catalogue des peintures réunies à ce dépôt, catalogue ad.essé au comité d'instruction publique le i 1 vendémiaire an III, on voitque cet ouvrage était attribuée Van Kyck.et que Al. lenoir croyait que t a briiio , peintre vénitien qui vint à la cour de Charles VII , en était l’auteur. Quant à nous, nous pensons que celte peinture, exécutée à la lin du xiv siècle ou au commencement du xv, est d’un artiste fiançais soumis à l'influence de l’école flamande M. de Chirac ,dans son Musée de sculpture (t. i, p. 243), par des considérations trop longues à rappoi ter ici, lixe la date de ce tableau entre 1370 et 1380, époque de a mort de Charles V. I.’inscriplion placée sur le vase que tient la Madeleine n’indique pas le nom du peintre. Il aura sans doute voulu faire preuve d’érudition. Malheureusement, outre qu’il a mal écrit le nom de Scipion, aucun des deux personnages qui l’ont porté avec le surnom d'Africain n’avait le prénom de Lucius; eiilin, à la mort du Christ aucun consul ne s’appelait Scipion.