Le crucifix aux anges
U. 1,71. — L. 1,28. — T. - Fig. de 0,70.
Des anges soutenus par leurs ailes dans les airs, et d’autres agenouillés sur la terre, sont en adoration devant le Christ crucifié et expirant. Au pied de la croix, la couronne de France posée sur un coussin de velours bleu fleurdelisé.
Gravé par Gérard Êdelinck et par Pierre Brevet.
Collection de Louis XIV. — On lit dans la biographie de le Brun, par Guillet de Saint-Georges ( Mémoires inédits sur In rie et les ouvrages des membres de l'Académie, t. t, p. 21) ; « La reine-mère, Anne d'Autriche, s'étant un soir appliquée à une dévote méditation, se forma l’idée d’un Christ élc\é i la croix, où les anges le viennent adorer, et comme elle en eut fait un récit, il. le Brun, qui s’y trouva présent, alla travailler cil sceiol sur celte pensée, et lit le tab’eati qu'on appelle le Crucifix aux anges Quand il l’eut fini, il vint le présenter !i la reine,
Ï ui, satisfaite de voir ses idées si bien exprimées, donna son portrait ans une boité de diamants h iM. le Crun, et voulut bien le lui attacher elle-même. Ce tableau, qui est aujourd'hui à Versailles, fut mis d'abord au Louvre, en l’oratoire de la reine, dans l’appartement des bains. ■ Plus loin, dans un autre mémoire, Guillet de Sautt-Georges reparle de ce tableau et dit, page <S4:« le mémo jour, ti avril 168(1, M. le Brun lit encore porter à Versailles le tableau du Crucilix des anges qu’il avait autrefois fait pour la reine-mère, mais qu'il avait agrandi pour le rendre de mesure propre à mettre dans le lieu où il étoit destiné, et même y avoit raccommodé quelque chose qui étoit gâté, et retouché quelques lêtes, en sorte même que, comme il n’a fait ce que je viens de dire qn'après que la
P lanche a été gravée, il se trouve quelque chose de dissemblable entre estampe et le tableau. Ce tableau fut admiré autant que l'autre, et regardé comme quelque chose de nouveau, quoiqu'il y eût trente ans et plus qu’il avait élé fait. Sur quoi, SI. le Brun prit encore le sujet de combattre ce sentiment, que l’on votdoit insinuer, que la jalousie de M. Mignard lui faisait faire de plus beaux ouvrages, puisque dans le temps qu’il avait fait ce tableau il n’avoit |>oint cette prétendue jalousie. » Cette peinture, en 1709-1710, était placée & Versailles, dans le cabinet des tableaux.
BRUN (le).