La lente de Darius
H. 2,98. — L. 4,53. — T. — Fig. de gr. nau
Alexandre, vainqueur et maître du camp des Perses après la bataille d’issus, visite, accompagné seulement d’Ephestion, les princesses demeurées prisonnières. La reine, épouse de Darius, lui présente son fils. Statira et sa jeune sœur se jettent à ses pieds. Sysigambis, mère du monarque vaincu, confuse d’avoir pris Ephestion pour Alexandre, reçoit du héros cette réponse : Non, ma mère, vous ne vous êtes pas trompée, celui-ci est un autre Alexandre. Une suite nombreuse de femmes, de prêtres, d’eunuques, expriment, par leurs gestes et par l’altération de leurs traits, les sentiments de crainte, d’espoir ou d’admiration dont ils sont pénétrés.
Gravipar Girard Êdelinck (Cale, imp.); par G. Audran. — Filhol, t. 1, pl. 55. — Landcm, I. 1, pl. 61.
Collection de Louis XIV. — «La même année 1660, le roi étant è Fontainebleau, commanda & M. le Brun de travailler sur quelque sujet tiré de l’histoire d’Alexandre, et Sa Majesté voulut bien se faire un plaisir de donner quelques moments de ses heures de relâche pour le voir peindre; ainsi ellele fit loger dans le château, et si proche de son appartemeni qu’elle le venoit voir dans des moments inopinés lorsqu’il tenoit le pinceau 4 la
40 BRUN (le).
mai», et daignait même s’entretenir avec lui sur tes plus grandes actions de ce héros. M. le Brun y fit le tableau de la Famille de Darius, et y représenta Alexandre qui, sortant victorieux de la bataille d'issus, vient rendre visite aux princesses de la maison royale de Perse, que celte victoire avait fait captives. Ce tableau jeta les fondements de la fortune que M. le Brun lit auprès du roi.» (Guillet de Saint-Georges, Mémoires inédits sur la vie et les ouvrages des membres de l’Académie royale, 1. 1, p. 24, 25, 26.) — « Le roi voulut voir jusqu’oii pouvait aller la force du génie de ce peintre et l’obligea de peindre, sur-le-champ, la tête de Parysatis, ce qu’il iitau premier coup etavec succès.» (Florent Lecomte, t. lit, p. 132.) Félibien dit que cette peinture fut placée 4 Versailles, dans le salon de Mars, et ensuite aux Tuileries, sur la cheminée du grand cabinet du roi, en fece du tableau des Pèlerins d’Emmaiis de Paul Véronèse. (Voir la note du n°70.)