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Vue d'un village au bord d'un canal

H. 0, 43. — L. 0: 32. — B. — Fig. de 0, 03.

A droite, sur une route qui borde un canal, un château, et plus loin une église. Au premier plan, un seigneur et une dame se promenant ; des paysans, assis sur le parapet qui longe le canal, regardent une barque chargée de marchandises qui s'approche du bord. Au milieu du canal, deux petits bâtiments à l'ancre. — Les barques sont de AVillem van den Velde, et les figures de son frère Adriaan.

Gravé par Daudet dans le Musée français. — Filhol, t. 8, pi. ôH. — Landon, t. 4, pi. 23.

Collection de Louis XYI.

HOBBE^Li. (3IEI>DERT ow ^ITVDER-HOUT), florissait en 1663; la dernière date connue de ses ouvrages est celle de 1669. (Ecole hollandaise.)

La date certaine de naissance de cet artiste célèbre , celle de sa mort et le nom de sa patrie, sont inconnus. Un biographe le fait naître en 1611 à Anvers, un autre à Harlem en 1629. Van der Willegen et van EjTiden, auteurs d'un dictionnaire des peintres publié en 1816, le disent né au village de Coeverden (dans la Gueldre ); enfin le village de ^liddelharnis a été aussi indiqué comme sa patrie. Quand bien même Hobbema serait d'origine allemande, ainsi qu'on l'a aussi avancé , on ne peut nier qu'il n'appartienne entièrement par son style et son exécution à l'école hollandaise, et si Salomon Rulsdael fut son premier maître , comme on l'a dit , il y a tout lieu de croire que Jacob Ruysdaël , son ami , lui a aussi donné des conseils, car sa manière a beaucoup d'analogie avec celle de ce maître. On a prétendu que, possesseur d'une honnête fortune, cet artiste n'avait peint que par amusement et donnait ses tableaux ; cependant aucun renseignement authentique ne vient justifier ce récit et jeter quelque lumière sur l'obscurité de sa vie. Adriaan van den Velde, Philips et Peter Wouwerman, Berghem, Lingelbach, Stork, Helstockade, B. Ciaël, Helmbreker, ont souvent peint des figures dans les paysages d'Hobbema. Ceci prouverait qu'il vivait à Harlem ou dans les environs, et que ses œuvres jouis-

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saicnt dt'jà d'assez de considération pour que les premiers artistes de son époque ne dédaignassent pas d'y travailler. Son nom ne se trouve cependant pas sur les registres de la compagnie des peintres de Harlem , et, chose digne de remarque, c'est qu'aucun historien, pendant plus de cent ans après sa mort , n'a parlé de lui. Dans les 220 catalogues des principales ventes faites en Hollande, de 168^ à 1738, publiés par Hoel, on ne trouve pas un seul de ses ouvrages ; le premier apparaît en 1739, et quoique annoncé comme magnifique, il ne fut vendu que 71 florins. Pendant tout le xviii"= siècle, les œuvres d'Hobbema se vendaient à si bas prix, qu'afin d'en tirer une somme plus élevée, on effaçait souvent sa signature pour y substituer celle de Ruïsdael ou de Decker. Par suite de ces inexplicables vicissitudes, trop fréquentes dans l'histoire des beaux-arts, les tableaux d'Hobbema sont poussés maintenant à un prix excessif dans les ventes, et une toile importante de lui s'y paye de GO à 100,000 fr.

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