HISTOLOGIE
55. Mémoire sur le développement des spermatozoïdes, des cellules et des éléments anatomiques des tissus.
Lu à la Société Philomathique, le xo juin 1848- (Journal l’ Institut , n° ^5g du ig juillet 1848; Paris, vol. XVI, page 214.)
La première partie du Mémoire est relative aux faits dont il est question dans le précédent travail. La deuxième partie montre que la théorie de Schwann, sur la métamorphose des cellules embryonnaires en éléments anatomiques (fibres musculaires, tubes nerveux, etc.), est fausse. Chez les végétaux, ces cellules se métamorphosent bien directement en éléments anatomiques (trachées, vaisseaux ponctués, etc.); mais chez les animaux, après avoir vécu un certain temps sous (orme de cellules, elles se dissolvent, et les fibres musculaires, tubes nerveux, etc., se substituent de toutes pièces à ces cellules. Ainsi, chez les végétaux, il y a métamorphose directe des cellules en éléments anatomiques ; chez les animaux, il y a substitution des éléments aux cellules embryonnaires. Chez les animaux toutefois, les produits (épiderme, ongles, plumes, etc.), qui ont moins les caractères de l'animalité que les autres tissus de l’économie, se forment aussi par métamorphose directe des cellules, et en cela se rapprochent de ce qui se passe chez les plantes.
Ainsi, en se reportant au Mémoire précédent, on voit que les phénomènes primitifs, relatifs aux deux ordres de fonctions communes aux végétaux et aux animaux (reproduction et fonctions de nutrition), sont analogues dans les deux classes d’ôtres vivants. En effet, d’une part nous avons la formation d’un ovule chez les mâles et les femelles, segmentation de leur vitellus, d’où résultent les cellules embryonnaires, puis les spermatozoïdes chez les mâles par un mécanisme analogue de part et d’autre. Enfin, en second lieu, les tissus dérivent chez les uns et les autres des cellules embryonnaires des femelles. Les différences commencent à partir do celles-ci , puisque, chez les végétaux, elles se métamorphosent directement en éléments anatomiques, et, chez les animaux, il n’y a que celles des produits, tissus insensibles, non vasculaires, (pii naissent par simple
changement de forme des cellidesj les éléments anatomiques des vrai» tissus (cellulaires, nerveux, musculaires, etc.) , au contraire se substituent a des cellules qui les précèdent et leur préparent un blastème convenable, plus animalisé que les piécédents.