DE L^HISTOIRE DU PALAIS DE VERSAILLES. XXV
beaux et richement meublés, et la grande diTersité d'animaax rassemblés à la Ménagerie. — {Gazette de 1664.)
12 octobre. — Toute la cour se rend à Versailles où Ton prend, dit la Gazette^ le dWertissemeut de la chasse et tous ceux que peut fouruir la beauté du lieu et de la saison. La reine y était allée en chaise à cause de sa grossesse ; elle accoucha à Paris^ le 16 noTembre, d'une princesse nommée Marie-Anne, qui mourut le 26 décembre suitant.
13 mars. — Le roi et la reine , accompagnés de Mademoiselle de Montpensier et de grand nombre de dames de qualité, Tont à Versailles prendre le divertissement de la chasse du cerf; toute la compagnie est ensuite régalée d'une magnifique collation^ à laquelle prend part le comte de Lira, envoyé d'Espagne.
13 juin. — Divertissement organisé dans le petit parc de Versailles par Vigarani. Le roi , la reine et Madame Henriette , accompagnés de toutes les dames de la cour, y assistent. « Après que le Roi eut fait voir à la Keine les beaux apt>artement8 de cette délicieuse maison, ils descendirent dans un grand salon où se trouvoit une collation de toutes sortes de fruits et de confitures en cinq grandes machines dont l'une étoit de diverses figures de glace et de différentes couleurs. » Puis toute la cour s'étant placée dans un grand théâtre élevé dans l'allée du milieu du parc^ la troupe du roi représenta le Favori, tragi-comédie, composée par M»® de Villedieu^ et entremêlée d'intermèdes et d^entrées de ballets avec des concerts de Toix et d'instruments. «Ensuite il y eut au même lieu grand bal, puis on entra dans un labyrinthe de plusieurs allées, au milieu desquelles étoient dressées quatre grandes tables qui furent tenues par le Roi, la Reine, Monsieur et Madame. A trois heures du matin, la conr retourna à. Saint-Germain. »
Juillet. — La cour s'était rendue à Versailles le 7. Le 9, Madame Henriette, duchesse d'Orléans, y accoucha d'une fille qui, étant venue avant terme, mourut immédiatement. Madame y resta trois semaines, pendant lesquelles la reine d'Angleterre, sa mère, qui demeurait à Colombes^ vint la voir plusieurs fois.
Septembre. — Arrivée de la cour à Versailles le 13. Le 14^ le roi, la reine et leur suite se rendent en calèches dans le parc; la reine, Ma-
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dame, Mademoiselle de Montpensier, Mademoiselle d'Alençon et lei autres dames, têtues en amazones, prennent le divertissement de la chasse suivi d'une comédie entremêlée de ballets. Retour au Louvre le 17.
Du 11 au 15 octobre. — Séjour de la cour.
Novembre. — «Le 2,lo Roi et la Reine, avec lesquels étoient monseigneur le Dauphin, Monsieur, Madame , Mademoiselle d'AIençon et plusieurs autres princesses et dames de hante qualité allèrent à Versailles, et le lendemain y firent la fête de St-Hubert par une chasse solennelle où Madame et la plupart des princesses étoient à cheval. La cour revint à Paris le 7, après avoir encore pris le jour précédent le divertissement de la chasse au cerf. » — {Gazette de 1665.)
Janvier. — Anne d'Autriche meurt à Paris le 19; le roi et la reine se retirent à Versailles où ils sont visités le 22 par la reine d'Angleterre, Monsieur, Madame et toute la cour.
Avril. — Séjour de la cour du 3 au 15. Le 6 avril, le roi prend le divertissement du vol des oiseaux de la grande fauconnerie.
Octobre. — Le roi se rend à Versailles le 3. Le 14, dit la Gazette, « Sa Majesté visita la verrerie royale du faubour;^ Saint-Antoine, où elle vit travailler avec beaucoup de satisfaction le sieur de la Grange qui en est le maître, et d'autres gentilshommes, à quantité de vases des plus rares; puis, elle entra au cabinet où sont les pièces curieuses dont elle choisit grand nombre pour son château de Versailles. » Le 15, le roi le rendant de Vincennes à Saint-Germain, dine à Versailles.
Le 6 janvier, fête de TÉpiphanie, « le Roi alla au château de Versailles, où il traita à dîner Monsieur et Madame et les autres principales dames de la cour avec une magnificence extraordinaire. Le 24, sadite Majesté, avec laquelle étoient Monsieur, Madame, et les principaux seigneurs de la cour, alla au château de Versailles où elle traita magnifiquement Leurs Altesses Royales et plusieurs danies de qualité qui eurent ensuite le divertissement du bal accompagné d'une collation des plus galantes. » — {Gazette de France.)
Février. — « Le Roi, ayant choisi Versailles comme le lieu le plui
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igrtable pour les dWertissements des derniers jours de carDayal, y arrifa le 20 février avec toute la cour et y traita à dîner Monsieur, Madame, Mademoiselle (de Montpensier) et plusieurs autres princesses et dames BTec une magnlGcence extraordinaire. Le soir, il y eut bal dans le Testibule du château, qui fut commencé par Sa Majesté avec la Reine et continué par Monsieur arec Madame, puis par le duc d'Enghien avec la duchesse son épouse (Anne de Bavière) et par les autres seigneurs et dames, vêtus et masqués d'une manière des plus superbes, notamment le Roi qui avoit un habit, moitié h, la persienne et moitié à la chinoise, chargé de pierreries, et ce divertissement fut suivi d'un souper servi encore avec une somptuosité vraiment royale.
« Le lendemain, tout ayant été préparé pour les courses, dans la place devant l'Orangerie où Sa Majesté avoit fait, en quatre jours, préparer le camp environné de balustrades, sur lesquelles étoient disposées des tètes en divers endroits, la Reine s'y rendit sur les quatre heures du soir, aussi richement que galamment déguisée, avec un habit éclatant de pierreries et de broderies, accompagnée de Mademoiselle (de Montpensier), non moins magnifiquement habillée à la turque, de la duchesse d^Enghien et des autres princesses et dames en un équipage des plus avantageux. Aussitôt que Sa Majesté se fut placée en un fauteuil, ^nsi que sa compagnie, à droite et à gauche sur des bancs, l'on aperçut une nombreuse troupe de chevaliers qui entroient par la porte du petit parc ani fanfares des trompettes et au bruit de deux timballiers, le duc de Saint-Aignan, des mieux vêtus à la persienne et très-bien monté, étant à la tête en qualité de maréchal de camp général, précédant les principales beautés de la cour, toutes admirablement équipées et sur des chevaux choisis, conduites par Madame, avec une veste des plus >uperbes et sur un cheval blanc housse de brocart, semé de perles et de pierreries, ainsi que son habit. Le Roi marchoit après, ne se faisant pas moins connoitre à cette haute mine qui lui est particulière qu'à son riche vêtement à la hoogroise, couvert d'or et de pierreries, avec un Cf^que de même, ondoyé de plumes, et à la fierté de son cheval, qui sembloit plus superbe de porter un si grand monarque que de la magnificence de son caparaçon et de sa housse pareillement couverte de pierreries. Monsieur joignoit Sa Majesté, richement vêtu à la turque et monté sur un cheval blanc, caparaçonné et housse, avec quantité de perles. Le duc d'Enghien étoit à côté de Son Altesse Royale, superbement habillé en indien et monté à l'avantage ainsi que les autres Higiieurs qui suivoient en dix quadrilles, o
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Les deux troupes firent le tour du camp, passant devant la reine pour la saluer, puis les dames s'étant ranges hors la barrière d'un côté, et les chevaliers de Vautre, le roi fit la première course et après lui les autres chevaUers. « Les courses terminées, les deux troupes se retirèrent en bel ordre parlamèipe porte qu^elles étoient entrées; toute la compagnie se retira aussi des plus satisfaite de ce divertissement qui fut vu d'un nombre infini d'étrangers entre lesquels il y avoit quantité de seigneurs allemands placés sur de grandes balustrades et terrasses qui sembloient avoir été préparées à cet effet, quoique ce soient les ornements ordinaires d^ ce beau lieu.
« Le 22 février, les réjouissances furent terminées par un bal qui dura depuis neuf heures du soir jusqu'à six heures du matin avec un merveilleux concours des plus beaux masques pour lesquels, par l'ordre du Roi, il y eut toujours quatre tables servies soir et matin avec une singulière magnificence. » La cour ne retourna de Versailles à SaintrGermain que le 28 février, « y ayant eu, durant huit jours , plus de vingt tables outre les quatre principales^ incessamment servies avec une égale abondance et politesse. » — (Gazette de 1667.)
Novembre. — <c Le 9^ Leurs Majestés retournèrent à Paris pour passer rhiver en leur beau palais des Tuileries, après ayoir fait au château de Versailles les réjouissances de la fête de Saint-Hubert avec beaucoup plus de solennité que les autres années, ayant pris pendant six jours le divertissement de la chasse^ où la Reine et Madame étoient à cheval, superbement vêtues en amazones, ainsi que toutes les dames, et ensuite^ ceux des concerts^ de la comédie et du bal avec une pastorale nouyelle^ sur des théâtres des plus magnifiques, le. tout précédé et suivi de festins où toute la cour étolt traitée avec une somptuosité digne de la magnificence royale. » — (Gazette de 1667.)
Après la rapide et glorieuse campagne de la Franche-Comté , suivie du traité d'Aix-la-Chapelle , qui assurait à la France la possession des conquêtes de Flandre , Louis XIV « pour réparer en quelque sorte, dit Félibien , ce que la cour avoit perdu dans le carnayal pendant son absence^ résolut de faire une fête dans les jardins de Versailles. » Cette fête dut se composer d'une collation, d'une comédie, d'un souper, d'un bal et d'un feu d'artifice. Elle commença le mercredi 18 juillet, vers
DB l'histoire du PALAIS DE VERSAILLES. XXIX
sept heures du soir. Après une collation servie dans une des allées du parc, la cour se rendit dans une salle de spectacle construite à Tendroit où se trouve aujourd'hui le bassin de Saturne ou de l'Hiver. Le spectacle se composait d'une pastorale en trois actes^ les Fêtes de l'amour et de Bacchus, dont les paroles étaient de Quinauit et la musique de Lulli, et de la comédie de Georges Dandin, jouée par Molière et sa troupe. Les actes de la pastorale servaient d'intermèdes à ceux de la comédie et s*y reliaient par des chants et des entrées de ballet. Après la comédie, on passa d'abord dans une salle de festin^ située à l'endroit ou se trouve aujourd'hui le bassin de Flore ou du Printemps; puis dans une salle de bal construite sur remplacement du bassin de Gérés ou de l'Ëté. A deux heures du matin^ le bal finit et le spectacle des illuminations et des feux d'artifices commença. Le pourtour du parterre de Latone, la grande allée, la terrasse et la façade du château étaient décorés de candélabres, de vases^ de statues et de termes^ éclairés d'une manière ingénieuse, qui les faisait paraître enflammés à l'intérieur. Le bassin de Latone, dont la disposition a été changée depuis, était rempli de feux grégeois au milieu desquels des figures de paysans et d'animaux lançaient de l'eau. Deux feux d^artifices furent tirés à la fois l'un à droite, du côté du grand étang qui devint plus tard la pièce d'eau des Suisses, l'autre à gauche^ vers l'endroit^ où se trouvent aujourd'hui les réservoirs et qui était alors occupé par une pompe ou tour d'eau qui faisait jouer les fontaines du parc. Les fusées de ces deux feux d'artifices se croisaient au-dessus du château^ et lorsque toutes ces lumières s'éteignirent^ dit Félibien en terminant le récit de cette fête « l'on s'aperçut que le jour, jaloux des avantages d'une si belle nuit, commençoità poindre. » (1).
Juin. — a Le 29, Leurs Majestés, accompagnées de tous les seigneurs et dames de la cour, allèrent coucher au château de Versailles.
(1] n existe trois relations de cette fête. La piemière, composée par Félibien, pour accompagner les cinq estampes gravées par Lepautre et le plan dessiné et gravé par Lapointe, dont les planches existent encoreàlaCalcographie du Louvre. La seconde, écrite par ordre de la reine pour être envoyée au marquis de Fuentes, à Madrid, est due àTabbé de Montigny, depuis évoque de Laon; elle est manuscrite et sp trouve & la bibliothèque de l'Arsenal, dans les papiers de Conrart. La troisième est en langue espagnole et a pour titre : Descripeion del esplendidp bantpute que Sa Magestad chrtstianistima el rey Luis IIV dio a las senoras de su corte en A real Htio de Versalla [por Pedro de la Rosa). — Paris, 1668, in-4*.
ABBÉGÉ GHRONOLOGIQUB
Le lendemain , elles y prirent le diTertissement de la promenade du parc^ et après une superbe collation quileur y fut servie> la continuèrent sur le canal^ dans une berge magnifiquement ajustée et suivie de deux grands bateaux où se faisoit un très-beau concert de ¥oix et d'instruments, à l'issue duquel et d'un splendide souper, Leurs Majestés retournèrent à la promenade dans leurs calèches, d
Août. — « Le 11, Leurs Majestés, avec lesquelles étoient Monsieur, Mademoiselle d^Orléans, Madamede Guise et plusieurs des principales dames de la cour, allèrent à Versailles où le prince de Toscane se rendit aussi, accompagné du duc de Guise. Cette illustre compagnie s'y promena en calèches, puis alla dans la grotte (l) où elle eut le divertissement d'une excellente musique avec un beau régal de fruits et de confitures, en de grands bassins posés sur des guéridons, dans tous les angles de ce lieu, qui étoit éclairé d'une infinité de lumières à Tentourde la corniche. De là, tout ce beau monde étant ailé à l'Orangerie, qui étoit aussi très-bien éclairée , les divertissements y furent continués par la comédie françoise, représentée sur un théâtre des plus galants, puis on passa en un vestibule de verdure où il y eut bal, auquel les dames parurent extraordinairement parées. Ensuite la compagnie fut régalée d'une superbe collation sur une tabie qui prit la place du théâtre , et tous les divertissements se terminèrent par un très-beau feu d'artifice dans le parc et un concert de trompettes et de timbales. »
2 novembre. — « Leurs Majestés, avec lesquelles étoient Monsieur et Madame, et grand nombre de seigneurs et dames^ allèrent à Versailles pour y célébrer la fête de Saint-Hubert, comme elles firent le lendemain par la chasse au cerf et une chère merveilleuse^ et les autres réjouissances ordinaires en pareille occasion » — {Gazette de 1669).
20 juin. — Le roi et la reine , accompagnés du dauphin , de son jeune frère le duc d'Anjou, et de Madame Henriette, qui était arrivée de son voyage d'Angleterre le 18, se rendent à Versailles. Neuf jours après,
(1) Cette gn^otte se trouvait sTir remplacement qu'occupe actuellement le vestibule de la chapelle. Elle a été gravée par Lepautre et Cliauveau en dix planches, qui M trouvent k la Galcographle du Louvre.
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Di l'histoirb du palais dk vbrsaillks. xzxi
Madame^ de retour à Saint-Cloud, y meurt subitemeot dans la nuit du 29 au 30 juin. « Leurs Majestés^ dit la Gazette, ne forent pas plutôt averties de son indisposition, qu'elles se rendirent auprès d'elle et lui firent connoitre, par les témoignages de la plus grande tendresse, la part qu'elles prenoient en ses douUurs. » Le !« juillet, dit encore le même recueil, «Leurs Majestés et monseigneur le Dauphin Tinrent de Versailles au Palais-Royal voir Monsieur qui s*y éloit retiré. » Le 23 juillet. Monsieur a fut trouver Leurs Majestés à Versailles, » et le 21 août la reine assista incognito au service fdit pour Madame à Saint-Denis, et oùBossuet prononça sa célèbre oraison funèbre.
23 juillet.— (f Leurs Majestés, avec lesquelles étoit Monsieur, allèrent (de Saint-Germain) à Versailles, et à leur descente le Roi ayant pris le duc de Buckingham dans sa calèche, lui donna le divertissement de la promenade dans les jardins de ce beau lieu. Ensuite la compagnie se mit sur le canal où elle fut régalée d'un charmant concert d'instruments et devoix, puis on alla dans la grotte où il y eut encore concert, après lequel on servit une collation des plus magnifiques. »
6 septembre.— «Leurs Majestés, accompagnées de toute la cour, allèrent l'aprës-dlner au château de Versailles , et le roi y régala derechef le duc de Buckingham d'une manière qui fit assez voir combien Sa Magesté Testime. D'abord on prit le plaisir de la promenade dans le petit parc ; puis toute la compagnie alla sur le grand canal où elle trouva une splendide collation apprêtée sur une lie d^une manière des pitis galantes. A l'issue de ce régal on retourna dans le petit parc, et la nuit étant survenue on se rendit à rentrée d'un bois où avoit été dressé un théâtre des plus surprenants, dans un grand salon auquel on fut conduit par une longue allée éclairée de quantité de lustres. La compagnie y eut le divertissement de la comédie par la troupe royale , accompagnée dans les entr'actes dVne excellente musique et symphonie, et au sortir de ce lieu elle entra daos i*allée des cascades où les plaisirs furent continués par on feu d'artifise des plus beaux qui se fussent encore vus. Leurs Majestés passèrent ensuite dans la salle et le vestibule du château , où les attendoit un très-magnifique souper qui dura jusqu'à trois heures après minuit. Le lendemain le roi régala encore le duc de Buckingham d^une excellente musique de voix dans la salle proche la vieille chapelle (l).»
iH) Cette vieille chapelle était sans douta celle du château de Louis Xlll» remp]aéée« en 167S, par uns autce chapelle qui se trouvait près de TescaUer »M
XXXII ABRÉGÉ GHRONOLOGIQUB
Le 25 décembre, le roi et la reine étaient partis des Tuileries pour passer à Versailles les fêtes de Noël ; le 21, le comte de Windischgrati, envoyé extraordinaire de l'empereur d'Allemagne, y fut reçu en audience par le. roi.
Février. -— Séjour de la cour du 10 au 23 , pendant lequel , dit la Gazette, Leurs Majestés « prennent le divertissement de la chasse et de petits ballets, accompagnés de concerts des plus délicieux. »
Avril. — Séjour de la cour du 1«' au 23. Le 4 avril, le roi et la reine tiennent sur les fonts une fille de Tambassadeur et de Tambassadrice de Savoie, baptisée dans la chapelle du château par Bossuet, alors évoque de Gondom.
Septembre. — Séjour de la cour du 31 août au 30 septembre. Le 12 septembre, « Leurs Majestés^ avec lesquelles étoient monseigneur le Dauphin,. Monsieur et tous les seigneurs et dames de la cour, prirent le divertissement de la comédie par la troupe royale, dans Tune des cours de ce château. Eusuite elles entrèrent dans le parc qui étoit de tous côtés éclairé d'une infinité de lumières de difTérentes façons, et si ingénieusement placées qu'elles produisoient le plus bel effet du monde, et se rendirent ainsi ver^ le théâtre d'eau, depuis peu ajouté aux autres beautés qui rendent ce lieu si délicieux, où elles furent agréablement diverties par les différentes- figures qu'un art ingénieux y fait prendre à l'eau et par une agréable musique et symphonie. De là elles allèrent dans la grotte où le souper fut servi avec une magnificence merveilleuse, de manière qu'il ne manqua rien pour combler de plaisir tous les sens de cette royale compagnie^ ainsi que le lendemain que cette belle fête fut continuée, o
Novembre. — Séjour de la cour du 2 au 18. La fête de Saint-Hubert fut célébrée « par de continuelles chasses, où les dames se trouvèrent en un ajustement des plus lestes , et ce divertissement fut suivi deux fois de celui d'une pastorale des Amours de Diane et d*Endymion, composée
Reine» puis, en 1682, par celle construite sur remplacement actuel du salon d'Hercule, et enfin, en 1710, par la magnifique chapelle qui existe encore. Il y a donc eu à Versailles quatre chapelles construites successivement sur des emplacements différents, une sous Louis ZIU et trois sous Louis ZIY.
DE l'HISTOIBE du PALAIS DE VERSAILLES. XXXIII
de récits et d'entrées de ballet^ laquelle fut représentée sur un magnifique théâtre, dans l'appartement neuf de la reine. » Le 6 noTembre, le roi et la reine signent à Versailles le contrat de mariage de Monsieur, duc d'Orléans, a^ec sa seconde femme, Elisabeth-Charlotte deBayiére.
Du 16 janvier au 1«' février, séjour de la cour.
Le 3 août, Louis XIV, rcTenant de la conquête de la Hollande, « alla, dit la Gazette, visiter ses bâtiments de Versailles, qu'il trouva fort avancés. » Ces bâtiments étaient ceux du grand escalier détruit sous LouisXV, du x>etit escalier ou escalier de la reine, qui existe encore, et d'une chapelle qui se trouvait près de ce petit escalier.
Du 1«' septembre au 10 octobre. — Séjour de la cour au château de Versailles qui, de rendez-vous de chasse et de fêtes, devient une véritable résidence royale. Louis XIV y reçoit les ambassadeurs comme à Saint- Germain et â Paris. «La cour, dit Isl Gazette, continue de prendre ici les divertissements de la saison, entre lesquels celui de la comédie a ses jours. Le 17 septembre, la troupe du roi y en représenta une des plus agréables, intitulée les Femmes savantes, et qui fût admirée d'un chacun. Le 20, les Italiens y jouèrent l'une de leurspièceslesplus comiques; le 21, la seule troupe royale y continua ses représentations avec beaucoup d'applaudissements. »
30 octobre. — François de Harlay de Ghampvallon , archevêque de Paris, bénit la première chapelle construite à Versailles par Louis XIV.
Novenibre et décembre. — Le duc d'Anjou, troisième fils de Louis XIV, étant mort â Saint-Germain le 4 novembre, le roi et la reine se retirent le lendemain à Versailles , et leur séjour s'y prolonge jusqu'au 20 décembre. Quelques jours avant son retour â Saint-Germain, «le roi, dit la Gazette, vit avec beaucoup de plaisir les nouvelles découvertes qui ont été faites sur l'aimant, sur la pesanteur de Tair et sur Tanatomie ; le sieur Denys, que Sa Majesté avait mandé pour lui donner ce divertissement, y ayant satisfait par une si prodigieuse quantité d'expériences, qu'elle en témoigna être fort contente. »
Mars. — Séjour de la cour du 4 au 24.
XZXIT ABRÉGÉ GHRONOLOGIQUS
Du 13 octobre au 30 noTembre. ^ Louis XIY qui , après la prise de Maëstricht, au mois de juin^ aVait fait un yoyage en Lorraine et en Alsace^ arriye à Versailles le 13 octobre, et y reçoit les jours suivants les félicitations du grand conseil de l'Uniyersité et de rAcadémie française sur son heureux retour. Le 5 novembre^ la princesse de Modène^ Marie- Béatrix-Éléonore d'Esté^ qui avait ^ousé, le 30 septembre précédent^ le duc d'Yorlc, depuis Jacques II, roi d'Angleterre, vient avec sa mère à Versailles rendre ses devoirs à la reine Marie-Thérèse, « ayant été amenées de Paris, dit la Gazette, dlaos les carrosses du Roi par le marquis de Dangeau. Le sieur de Booneuil , introducteur des ambassadeurs, les présenta, et Sa Majesté^ accompagnée de toutes les princesses et duchesses, les reçut dans un salon où^ après avoir salué la duchesse d'York^ elle la fit seoir dans un fauteuil, à sa gauche. Ensuite de la conversation, le roi la vint prendre pour lui faire voir les appartements neufs du château, et la duchesse de Modène y étant survenue, ils descendirent dans les jardins, et ces deux princesses montèrent seules dans la calèche de Sa Majesté. Elle les mena ainsi promener et leur fit pareillement voir une grande partie des jets d*eau et le canal, où Vartiilerie du vaisseau qui est dessus fit grand bruit à leur passage. s> Le 16 novembre, le prince de Condé , ayant laissé en fort bon état les troupes qui sont demeurées en Flandre , alla à Versailles « saluer le roi , qui l'a reçu avec tous les témoignages d*amitié qui se peuvent imaginer. » — {Gazette de 1673.)
Du 8 février au 19 avril. — Séjour de la cour. Le père Bourdaloue prêche pendant le carême.
Juillet à octobre. — « Le roi, dit Félibien, après la réduction de la Franche-Comté sous son obéissance, pour donner à toute la cour quelques moments de repos et de plaisir en suite des longues fatigues d'un voyage que la saison avoit rendu très-pénible, ordonna, aussitôt qu'il fut arrivé à Versailles (le 30 juin) , que l'on préparât des fêtes et des réjouissances et que de temps en temps il y eut quelques divertissements nouveaux. » Ces fêtes remplirent six journées pendant les mois de juillet et d'août (1). Le 4 juillet, première journée des fêtes, après une collation dans le
(1) Elles ont été gravées pai lepautre et Chauveau en six planches, qui ■• trouvent à la Calcographie du Louvre. FéUbien en a écrit la relation.
DE l'histoire ou PALAIS DE VERSAILLES. XZXY
boiqnet du Marais, on représenta dans la oour de marbre Alceste <m le IrUmphe d'Al^de, opéra de Qainault et de Lulli. Le 11 jaillet, on ehaota dans une des allées de Trianon, VÈlflogue de Versailles y scène de musique Yocale et instrumentale dans le goût des intermèdes de Molière et qui était aussi l'œuvre de Quinault et de Lulli; puis, la cour reTint souper dans un bosquet du parc de Versailles, que Ton nommait la salle du Conseil. Le 19 juillet, représentation de la comédie du Malade imaginaire y dernier ouvrage de Molière, mort l'année précédente; le théâtre avait été dressé sur la terrasse du château, devant la grotte. Le 28, collation au thé&tre d'eau, représentation de l'opéra de Cadmus et Bermioney par Quinault et Lulli, sur un théâtre dressé dans le parc, feu d'artifice sur le canal et souper servi dans la cour de marbre, autour de la fontaine qui la décorait alors. Le 18 août, cinquième journée des fêtes, « le sieur de Gourville, envoyé par le prince de Coudé, présenta à Sa Majesté cent sept drapeaux ou étendards qui ont été gagnés sur les Impériaux, les Espagnols et les HoUandois, en la défaite de l'arrièregarde de leur armée par ce prince , en la bataille de Senef. Le soir. Leurs Majestés prirent, dans TOrangerie, le divertissement d'une pièce nouvelle de théâtre, intitulée Iphigénie, composée par le sieur Racine laquelle fut admirablement bien représentée par la troupe royale et tris-applaudie de toute la cour. Ensuite, elles eurent aussi le divertissement d'un grand feu d'artifice sur le canal. » Enfin, le 31 août , sixième et dernière journée de ces fêtes, la cour eut pendant la nuit un spectacle eitraordinaire et réellement magique, a Sa Majesté, dit Félibien, étant lortie du château environ à une heure de nuit, mais d'une nuit la plus noire et la plus tranquille qui ait été depuis longtemps, Ton vit, dans cette grande obscurité, tous les parterres tracés de lumières. La grande terrasse qui est devant le château étoit bordée d'un double rang de feux espacés à deux pieds Tun de l'autre. Les rampes et les degrés du fer â cheval, et généralement toutes les fontaines qui sont dans le petit parc étoient environnées de pareilles lumières qui, réfléchies dans les bassins, y faisoient encore autant de clartés. » Les deux bords et toutes les extrémités du grand canal étaient ornés de statues et de décorations d'architecture a derrière lesquelles, dit la Gazette, on avoit disposé un nombre infini de feux qui les faisoient paroître transparentes et qui les rendoient telatantes et lumineuses dans une nuit obscure. Le Roi, la Reine et toute la cour firent plusieurs tours sur le canal dans des gondoles et dans des chaloupes richement ornées, suivies des bateaux où étoit la musique. » Ce séjour â Versailles, le plus long que le roi eut encore fait, dura quatre
XXXYI ABRÉGÉ CHRONOLOGIQUE
mois et ne cessa qu'à la fin d'octobre. Les fêtes de 1674 sont les dernières de ce genre' données par Louis XIY à Versailles.
Juillet et août. — C'est encore à Versailles que Louis XIV se rend le 21 juillet, à son retour de la campagne de Flandre. Il y reçoit, le 24^ la duchesse de Toscane^ fille de son oncle Gaston , duc d'Orléans. Le lundi 29, « le roi ^ dit la Gazette ^ reçut à Versailles, à neuf heures du soir, la nouvelle funeste de la mort de Henri de la Tour d* Auvergne, vicomte de Turenne, général de ses armées en Allemagne. » Le 26 août, la cour part de Versailles pour Fontainebleau.
Du 13 juillet au 9 novembre, — Séjour de la cour à Versailles.
Du 31 mai au 26 août. — Séjour de la cour. Le 29 juin, « le Roi et la Reine, dit la Gazette, firent l'honneur au duc et h la duchesse de Saint-Simon de nommer, sur les fonts de baptême, le vidame de Chartres, leur fils (1). Le cardinal de Bouillon , grand aumônier de France, fit la cérémonie dans la chapelle du château. »
Octobre et novembre. — La cour se rend de Fontainebleau à Versailles le 30 septembre, et y demeure jusqu'en novembre.
Du 15 octobre au 12 décembre. — Séjour de la cour à Versailles.
Le contrat de mariage de Mademoiselle (Marie-Louise d^Orléans) avec Charles 11^ roi d'Espagne, ayant été signé à Saint-Germain, le roi et la
(1) Le futur auteur des Mémoires, né à Paris le 16 janvier 167S, était alors dans sa troisième ann6e.
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reine, accompagnés du dauphin, de Monsieur, de Madame et de Mademoiselle se rendent le 6 août à Versailles, « où ils trouyërent, dit la Gazette, le marquis de los Balbazès, ambassadeur d'Espagne^ et l'ambassadrice, sa femme. Le Roi fît Thonneur à Tambassadeur de le mener partoat et de lui montrer lui-même ce qu'il y a de plus remarquable daos les jardins et dans les appartements du château. » Le 10 septembre, la nouTelle reine d'Espagne dîne à Versailles avant son départ.
Du 31 août au 2 décembre. — Le roi et la reine, accompagnés du dauphin et de la dauphine (Marie-Anne-Ghristine-Victoire de Bavière, mariée à Ghàlons le 7 mars précédent, au fils de Louis XÎV), arrivent le 30 août à Versailles. La cour y séjourne jusqu'au 2 décembre.
Du 29 avril au 28 juillet. — Séjour de la cour. Le roi y reçoit au commencement de mai les ambassadeurs du grand-duc de Moscovie, Potemkin et Polskow.
Depuis Tannée 1675, de grands travaux commencés par Levau et Dorbay et continués par J.-H Mansart, avaient été entrepris à Versailles pour en faire la résidence habituelle du roi. Pendant cette période, on achève les grands appartements et Tescalier du roi ou des ambassadeurs; on commence la grande galerie; on ajoute au château, du côté du midi, Taile dite des Princes; on termine les ailes des mioistres, et en 1680 Mansart construit la grande et la petite écurie. Enfin, en 1681, on transporte la chapelle sur remplacement actuel du salon d'Hercule et du vestibule qui se trouve au-dessous. Le 30 avril 1682, l'archevêque de Paris, François de Harlay qui, neuf ans auparavant, avait béni la première chapelle construite par Louis XIV, vient faire la bénédiction de cette nouvelle chapelle dédiée sous le titre de Saint-Louis, el, le 6 mai suivant, Louis XIV établit sa demeure à Versailles.
Dans les derniers jours de juin, « le roi alla voir les travaux que •e sieur de Ville, gentilhomme et échevin de Liège, fait faire sur la Seine afin d'élever de Teau de cette rivière à quatre cent soixante-dix pieds
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de haut pour être conduite à Versailles, et la première épreuTe en ftit faite en présence de Sa Majesté avec beaucoup de succès. » — {Gazette de 1682.)
6 août. ~ Naissance de Louis de France, duc de Bourgogne, petii-flls de Louis XIY.
30 juillet. — Mort de la reine Marie-Thérèse d'Autriche.
19 décembre. — Naissance de Philippe de France, duc d^AoJou, depuis roi d'Espagne sous le nom de Philippe V.
10 avril. — Le duc du Maine épouse, au nom de Victor* Amédée II, duc de Savoie^ Anne-Marie d'Orléans, iiièce du roi.
27 novembre. — Audience donnée par le roi aux ambassadeurs du roi de Siam.
11 mars. — Audience donnée aux députés d*Alger.
15 mai. — Le doge de Gènes, Francesco-Maria Impériale Lercaro, vient à Versailles faire réparation au roi au nom de la république de Gènes.
21 mai. — Audience donnée aux ambassadeurs de Moscovie.
4 et 5 juin. — Carrousel du dauphin.
24 juillet. — Mariage du duc de Bourbon, petit-fils du grand Condé, avec Mademoiselle de Nantes (Louise-Françoise de Bourbon) , fille légitimée de Louis XIV et de Mi»« de Montespan.
28 et 29 mai* — Carrousel du dauphin.
2 juin. — Réception des ducs de Chartres et de Bourbon^ du prlnco de Conty et du duc du Maine dans Tordre du Saint-Esprit. 6 juin. — Établissement de la maison royale de Saint-Cyr.
DE l'HISTOIRB du PALAIS OB TUISAILLU. XZXIX
31 août. — Naltsance de Charles de France, due de Berry, iroiilèiiM petit-fils du roi.
18 novembre. — Opération de la fistule fkite au rot.
IS janiter. — Baptême des ducs de Bourgogne, d'Anjou et de Btrry.
29 juin. — Mariage de François-Louis de Bour])on, prince de Conty, &T6C Harie-Ttiérèse de Bourbon-Condé.
31 décembre. ~ Grande promotion de chevaliers de Tordre du Saint- Esprit.
8 jaDTier. — Réception de Jacques 11^ roi d'Angleterre.
3 décembre. — Louis XIY donne l'ordre de porter à la Monnaie pour être fondus tous les objets en argenterie qui meublaient et décoraient le ebÀteau de Versailles. Il existe aui Archives impériales un inventaire général des meubles de la Couronne, dressé en 1706, sur lequel sont décrites toutes les pièces d'argenterie fondues par ordre du roi. La pièce fondue est rayée sur le manuscrit, avec cette mention en marge : « Déchargé^ ayant été porté à la Monnoie^ suivant le récépissé du sieur Rousseau, directeur général des Monnoies. » La date la plus ancienne de ces récépissés est du 12 décembre 1689 et la plus récente du 19 mai 1690. Les articles rayés montent à près de douze cents, qui représentent au moins le double d*objets détruits, tous plus précieux encore par Tart et le travail que par la matière et qui formaient le mobilier le plus somptueux qui ait jamais existé : cabinets, tables, guéridons^cofft^s^fauteuils^ sièges^ tabourets, bancelles à dossier, deux balustrades d'alcôve,. garnitures de cheminée, bordures de miroirs, torchères, girandoles, bras, chandeliers, oefs, bassins, vases, urnes, aiguières, buires, flacons, cuvettes, plateaux, laliëres, pots à fleurs, cassolettes, caisses d'orangers, brancards, seaux, etc. Le nombre des figurines et des bas-reliefs en vermeil et en argent etselé-esl considérable; on fond même une figure de Louis XIII achevai. Tous les objets en filigrane sont rayés sur Tinventaire avec cette note : • La présent chapitre des filigranes d'argent composé de six cent