TELLIER
A la place occupée par cette statue équestre se trouvait l'entrée d'une seconde grille que décoraient les deux groupes en pierre, de Goyzevox et de Tuby, représentant l'Abondance et la Paix, placés actuellement aux angles de la balustrade du côté de la place d'Armes. Cette grille rejoignait par des parties circulaires les angles des deux pavillons qu'ont remplacés ceux sur lesquels est tracée l'inscription : A toutes les Gloires de la France. Le pavillon de droite ainsi que l'aile en retour ont été reconstruits en 1772 par Gabriel ; celui de gauche a été élevé de 181^ à 1829, mais la vieille aile a été conservée. La tourelle placée dans un angle à gauche a été ajoutée lors des travaux du musée historique. La partie comprise entre ces deux ailes portait le nom de Cour Roy aie , Jusqu'à l'ancienne cour du château de Louis XIII, qui a gardé le nom de Cour de Marbre,
La Cour de Marbre était autrefois élevée de cinq marches et se trouvait au-dessus (lu niveau des appartements du rez-de-chaussée ; elle a été abaissée lors des travaux exécutés pour la conversion du palais en musée historique.
Le ft Juillet 167^ première Journée des fêtes ordonnées par Louis XIV au retour des conquêtes de la Franche-Comté, il y eut dans la Cour de Marbre une représentation û*Alcettey opéra de Quinault, mis en musique par Lulli, et le 28 du même mois, quatrième Journée de ces fêtes , un souper fut servi à minuit, autour de la fontaine qui décorait alors cette cour. Les gravures de ces fêtes, exécutées par Lepautre (n°* 2879 et 2882 du Catalogue de la Calcographie impériale), reproduisent exactement l'aspect de la Cour de Marbre à cette époque. Le 5 octobre 1729, à sept heures du soir, on exécuta sur un théâtre dressé dans la Cour de Marbre un grand concert et un ballet pour célébrer la naissance du dauphin, fils de Louis XV. La décoration représentait le Parnasse, et le roi vit cette fête du balcon de sa chambre.
Les façades qui entourent la Cour de Marbre sont celles du château, bâti par Lehergier pour Louis XIII, auxquelles ont été ajoutés, sous Louis XIV, des combles en plomb couronnés de sculptures, des statues, des trophées, des vases en pierre et des bustes en marbre. Les statues en pierre qui sont posées sur la balustrade «expriment, dit Félibien, les unes les vertus héroïques du roi, et d'autres les quatre parties du monde. • Ce sont :
A droite : A gauche :
La Mcignificenee, par G. Marst. VÂbondance, par G. Marst.
La Jiutiee, par Coyzevox. La Force^ par Coyzevox.
La Sagessey par Girardon. La Générotité, par Legros.
La Prudence, par Massod. La Richesse, par Lehongre.
La Diligence^ par Raon. L* Autorité, par Lehongre.
La Paix, par Rbgnaudin. La Gloire, par Regnaddin.
V Europe f par Legros. L'Amérique, par Regnaudin.
VAtie, par Massou. L'Afrique, par Lehongre.
La Renommée, par Legomte. La Victoire, par Lespingola.
De chaque côté de l'horloge sont deux figures demi-couchées. A droite : Mars, par G. Marsy ; et à gauche : Hercule, par Girardon.
Le balcon du premier étage est soutenu par huit colonnes de marbre de Rance. Sur des consoles de pierre sont posés quatre-vingt-quatre bustes en marbre imités de l'antique.
Le comble est couronné par une crête en bronze représentant les attributs de la royauté.
Les deux passages latéraux qui conduisent au parc, et qui étaient autrefois fermés par des grilles, se nommaient, celui de droite : Cour de la Chapelle, et celui de gauche : Cour des Princes,
(1) Le cheval, modelé par Cartellier et fondu par Grozatier, était destiné pour une statue équestre de Louis XV, qui devait décorer le rond-point des Champs- Elysées à Paris. La figure de Louis XIV a été exécutée par M.L. Petitot et fondue également par Crozatler; la hauteur totale de cette statue équestre est de s m. 52 c.
La Chapelle est le dernier ouvrage de Jules-Hardouin Mansart. La première pierre en fut posée le 20 mars 1699; Mansart mourut en 1708, et Robert de Cotte, son beau-irère, la termina d'après ses dessins. Elle fut bénite le 5 Juin 1710 par le cardinal de Noailles, et le même Jour Louis XIV y entendit la messe pour la première fois. Les principales cérémonies auxquelles elle servit depuis cette époque sont : en 1710 le mariage du duc de Berry, petit^fils de Louis XIV avec Mademoiselle, ûile du duc d^Orléans, depuis régent; en 1713 le mariage du duc de Bourbon avec M"* de Conty et celui du prince de Conty avec M^* de Bourbon ; en 172ft la réception de cinauante*huit chevaliers de l'ordre du Saint-Esprit; en 1732 le mariage de M^* de Chartres avec le prince de Conty ; en 1736 la cérémonie de la présentation de la Rose d'or envoyée par le pape à la reine Marie Lecziuska; en 1737 le baptême du dauphin et des trois filles aînées de Louis XV; en 1739 le mariage de Madame, première fille de Louis XV avec l'infant d'Espagne, don Philippe; en 1743 le mariage du duc de Chartres avec M^* de Conty ; en 174iEi le mariage du duc de Penthièvre avec la princese de Modène ; en 1745 le premier mariage du dauphin avec l'infante d'Espagne (1) et en 17(i7 son second mariage avec la princesse de Saxe ; en 1753 le mariage du prince de Condé avec M"* de Rohan ; en 1769 le mariage du duc de Chartres et de M^^* de Penthièvre; en 1770 le mariage du duc de Bourbon avec M^* d'Orléans et celui du dauphin (Louis XVI) avec l'archidudiesse Marie-Antoinette; en 1771 le mariage du comte de Provence avec la princesse de Savoie ; en 1773 le mariage du comte d'Artois avec la sœur de la comtesse de Provence ; en 1775 le mariage de M™* Qotilde, sœur de Louis XVI, avec le prince de Piémont, depuis roi de Sardaigne.
En 1793 tous les attributs royaux qui entraient dans les ornements de la Cha-
{>elle furent détruits. Le 26 fructidor an ix (8 août 1802), la croix fut rétablie sur e comble, les grilles du chœur furent reposées et on recommença, depuis cette époque, à y célébrer le service divin.
L'extérieur de ce monument est composé d'un soubassement surmonté d'un ordre de pilastres corinthiens et d'un attique. L'appareil des pierres est fait avec un soin et une précision remarquables. Sur les archivoltes des grandes fenêtres en arcade sont des enfants portant les attributs du culte catholique. C^s basreliefs ont été sculptés par Bourdict, Tdby, Defer, Offement, Armand, Raon, Vicier, Dedieu, Grettepi^, François, Voiriot et Rodssead de Corbeil. Au-dessus des pilastres règne une balustrade oraée de vingt-huit statues de pierre de Tonnerre, de 3 met de proportion. Les dix premières, placées du côté de rentrée du parc, sont : S. Thomas et 5. Jacques le Mineur nar Manière, S. Jacques le Majeur et S. André par Thêodon, S. Paul et d. Pierre par POIRIER, 5. Jérôme et S. Augtutin par Codstou, S. Grégoire et 5. Ambroise par Lepautre; au chevet, les quatre Evangélisles par van Glève, et en retour, du côté du nord, S. Basile et S. Athanase par Podltier, S. Chrysostôme par Flahen, S. Grégoire de Naxiance par Hurtrel, S. Philippe et S. Barthélemi par Flamen, 5. Simon et S. /udeparLEHOiNE, S* Bamaoé par Bourdict, S. Mathtas par Lapierre. Au-dessus de la partie en saillie qm contient les chapelles de S. Louis et de la Vierge, sont quatre Vertus chrétiennes : la Foi par Slodtz, la Justice par Garnier, la Charité par Lelorrain, et la Religion par Barrois. Enfin, sur le tympan de la face du coté du parc, sont deux figures demicouchées représentant la Foi et la Religion sculptées par G. Coustou. Le comble est décoré d'ornements en plomb autrefois dorés; aux deux extrémités sont deux groupes d'anges^ par G. Codstou et Lepautre. Au milieu, s'élevait une lanterne revêtue d'ornements en plomb également dorés; cette lanterne, qui menaçait ruine, fut supprimée en 1765.
(1) Une gravure de G. N. Cochin (Cale, «mp., n* 29T8) représente cette cérômonie.
L'intérieur de la Chapelle se divise en deux parties distinctes. Dans la partie basse se trouTent le maltre-autel, la chapelle de S. Louis et la sacristie. La tribune du roi, celle du pourtour et la chapelle de la Vierge occupent la partie haute.