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Notice épigraphique de diverses antiquités gallo-ramaines

Je prends la liberté de vous soumettre quelques reflétions sur une question archéologique à laquelle les récenteis découvertes, faites au sommet du puy de D6me, donnent un certain intérêt d'actualité. On sait que les travaux nécessités pour la construction d'un observatoire ont mis au jour les substructions d'un vaste édifice qui, suivant toutes vraisemblances, doit être le grand temple dont Grégoire de Tours nous a laissé une description pré- ^nte à l'esprit de tous : « C'était un édifice admirable et solide, dont les murs étaient doubles ; ils étaient bâtis en dedans avec de petites pierres, en dehors avec de grandes pierres carrées, et avaient trente pieds d'épaisseur. Dans l'intérieur, le marbre se mêlait aux mosaïques, le pavé même était de marbre ut la couverture en plomb (2). »

On a les meilleures raisons de croire que ce temple est précisément celui pour lequel fut exécutée une statue

(4) Cette lettre a été communiquée à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres dans sa séance du 25 juin 4875. (2) Histor. hrancor., I, 30 ; traduction de M. Guizot.

colossale de Mereure, par un artiste célèbre dont Pline TAncien nous a transmis le nom, Zônoiore. Par une singulière destinée, cinq autels déJiés à ce Mercure Arverne, se trouvent disséminés sur les confins germaniqties, loin du lieu de son culte central. Les inscriptions gravées sur ces monuments, ont été publiées à différentes reprises, notamment par M. Brambach, dans son Corpus Inseriptionum Rlienanarutn. u'»» 593, 256, 257, 1741 et 2029. J'ai eu moi-même l'occasion de m'en occuper (1); d'après des renseignements que j'ai reçus depuis lors sur l'un d'eux, le n^ 2J2l), je crois pouvoir dès à présent vous annoncer qu'il nous révèle des notions inespérées sur la fameuse statue de Mercure ; ces notions sont même assez précises pour qu'il devienne possible de restituer avec un grand degré de vraisemblance et d'approximatioaje type d'après lequel le chef-d'œuvre avait été conçu.

Le monument dont je viens vous entretenir a été trouvé dans les démolitions de la vieille église de Horn, localité, située à unn courte distance au nord-oue4 de Ruremipjade, en Hollande. Il est très-probable qu'en principe il provenait de la station romaine de Melenborg, d'où il avait été tiré comme simple moellon de construction. Il était naguère conservé à Ruremonde (en hollandais, Roermond), chez M. Guillon, qui lui avait donné asile dans sa riche collection d'antiquités. O'est un autel quadrangulaire, orné de sculptures et montrant sur l'une de s^s. faces une inscription dont il n'a été donné, jusqu'à pjrér sent qu'une lecture défectueuse. Grâce à l'obligeance amicale de M. LéoA Palustre, qui m'en a communiqué un

(4) Voir ma I^ote sur un groupe d'inscriptions relatives au cuite de Mercure en Gaule, dans la Revue Archéologique^ tome Xy^XS^ 4875, p. 30^411.

âstampage et un dessin biéû &it (1), je puis, de îapm eertûne, rétablir le texte ainsi :

▲AVEmro D barrit) d. iemidiys

▲B. PO. E y

Ce que je lis de la sorte : Mercurio Arvemo D(ecimus) Irmtdius ar{am) po[swt) e[x) v[ofo) (2). Par la forme des lettres, Tautel semble appartenir au milieu du ii" siècle de notre ère; il a 0"95 de hauteur, 0^^^ de largeur et 0^3 d'épaisseur.

Je dois faire observer que le dessin porte à (a quatrième ligne : AB • PO • lv, d'où j'avais d'abord songé à tirer la lecture ar[am) po(suù] lu[ben8), sans être toutefois pleinement satisfait du dernier mot. Mais, M. Léon Renier pieuse que la cinquième lettre est, non pas un l, mais un

(1) A ce propos, je tiens à réserver ici les droits de M. L. Palustre sur ledessit) en queslioD. Âyaut vu le monumcnlen 4873 à Ruremoude, chez M. Guillon, il s>iait adressé i\ ce dernier pour obtenir dessin et estampage. Le dessin lui parvint au commencement de la présente année; au mois d'avril dernier il eu profita pour dire quelques mots de fautel dd Horn à Tune des séances de la Réunion des Sociétés Savantes à la Sorbonne, présidée par M. L. Uenler; le dessin qu'il présenta alors à rassemblée élait inconnu de tous; c'est donc à lui que revient le mérite d'avoir attiré Tatteniion des archéologues sur ce monument; qu'il reçoive ui tous mes remerciemenls pour m'avoir fourni les matériaux d'une fructueuse étude»

{%) Pour cette inlerprotalion des sigles e • v, conférez Tincriptious n° 4251 du recueil d'Orelli, dans laquelle la formule ex voto libens merilo posait se trouve sous la forme abrégée B • V • L . M • p •

£ plus OU moins oblitéré et qu'il faut lire ar(am) po{9uit) e(x) v{oto). Je me rallie d'autant plus volontiers à cette opinion, que d'une part, quand j'ai eu l'estampage sous les yeux, j'y ai effectivement distingué de faibles traces des barres horizontales d'un b, et que d'autre part, Janssen avait également vu un £ sur la pierre, ainsi que cela résulte de sa copie A • po • £ ||||| publiée par M. Brambach. En conséquence, dans l'exécution de la planche qui accompagne la présente dissertation, j'ai dû conserver scrupuleusement la physionomie linéaire du dessin, tout en remplaçant Taire épigraphique par un fac-similé de l'estampage réduit à la même échelle de proportion.

L'intérêt que présente le monument ne réside pas uniquement dans cette inscription ; trois de ses faces sont ornées de bas-reliefs qui demandent à être décrits.

Sur la face latérale droite, on voit, dans un encadrement, un coq tourné à droite et perché au sommet d'un caducée ailé, au pied duquel est posée une bourse reconnaissable à l'étranglement produit par la ligature qui sert à U fermer.

La face gauche est divisée en deux panneaux dans le sens de la hauteur; aux angles supérieurs du panneau supérieur est suspendue une guirlande au-dessus de laquelle e?ttixée une grosse rosace; sur le bord inférieur de ce même panneau est posé un objet identiquement semblable à la bourse sculptée sur la face opposée; je ne sais pourquoi cet objet est qualifié A* apex (1) sur le Catalogue de la

{\) Ayant pmne à admettre que l'attribut de la bourse fût deux fois reproduit j'avais d'abord eonjeclurè que l'objet sculpté sur la jou« gaudie de Va u tel étail Mut. iortae dmi le contour mal défini avaïi pu être confondu avec œlui d'une bourse. M. de LoDgpérîer croit plu tôt que c'est un péfase, et que le rédacteur du Caialogm a pris cette coiffure pmir un bamiet de flamine, apeœ.

- 5 ~ vente Guillon, au n*» 817. Le panneau inférieur, réservé sans doute à d'autres attributs, ne renferme rien; le travail du sculpteur semble être resté inachevé.

Je passe maintenant à la face principale. Immédiatement au-dessus de l'inscription se voit un bas-relief trèsendommagé Ce qui en subsiste est cependant assez caractérisé pour que l'on y distingue avec certitude un personnage de face, assis et demi-nu ; sa chlamyde, fixée à l'épaule gauche, est retenue par l'avant-bras, et retombe en draperies sur la cuisse ; de la main gauche il tient un caducée appuyé au défaut de l'épaule; entre ses jambes et le siège sur lequel il est assis se montre un quadrupède couché et tourné à droite, dans lequel il est impossible de ne pas reconnaître un bouc. La léte et l'avant-bras droit du dieu sont complètement frustes. Toute cette composition est encadrée entre deux pilastres qui supportent un fronton triangulaire presque effacé, mais reconnaissable à la portion d'entablement en saillie sur les côtés de l'autel, ainsi qu'au faite encore visible entre les deux volutes ou rouleaux formant acrotères. La figure de Mercure se trouve ainsi logée dans une espèce de niche à toit pointu, ou sacellum, qui simule le sanctuaire où il était adoré. Les autels votifs découverts dans les pays rhénans nous offrent d'autres exemples d'une semblable disposition architectonique. Ainsi, on peut voir au musée de Cluny le moulage en plâtre d'un autel consacré à la déesse Nehallennia et trouvé à Walkeren, en Hollande. Je cite encore un autel dédié aux Maires Octocannœ^ à Gripswald près de Dusseldorf (1). Je le signale parce qu'il offre une frappante

(l) Voir la fig. 4 de la planche qui accompagne le mémoire de Fr. Fiedler, Die Cripswalder Matronen-und Mercurius sfeine. ^ *

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analogie de style avec celui de Horn et qu'il permet de reconstituer les parties dégradées de ce dernier dont il paraît contemporain.

Au point où je suis arrivé, il convient d'insister sur l'attitude du dieu; c'est en Gaule, à ma connaissance du moins, le seul exemple d'un bas-relief représentant Mercure assis ; les autres monuments lapidaires, et ils sont nombreux chez nous, le montrent invariablement debout. Il y a donc dans le choix de cette pose exceptionnelle une intention qui n'échappera à personne.

En effet, remploi de Tépithète ethnique dans la dédicace MERGVRio ARVERNO montre qu'à l'acte de piété accompli par le consécrateur se mêle certainement le souvenir du culte célébré au chef-lieu des ArvQrnes ; on comprend donc que le sculpteur n'a pu exécuter le bas-relief que sur des indications spéciales d'Irmidius ou d'une personne qui avait dû voir la statue colossale de Mercure ; et ces indications étaient nécessairement des réminiscences de ce que celle-ci présentait de remarquable. Mais alors l'attitude donnée au dieu sur le bas-relief est précisément celle de cette fameuse statue, et ainsi se trouve révélé le type de ce chef-d'œuvre immortalisé par la mention de Pline : c( La dimension de toutes les statues de ce genre a été surpassée de notre temps par le Mercure que Zénodore a fait pour la cité gauloise des Arvernes, au prix annuel de 400,000 sesterces pour la main-d'œuvre pendant dix ans. Ayant suffisamment fait connaître là son talent, il fut mandé par Néron à Rome, où il exécuta le colosse destiné à représenter ce prince. Pendant qu'il travaillait à la statue des Arvernes, il copia pour Vibius Avitùs, gouverneur de la province, deux coupes ciselées par Calamis, que Germanicus, qui les aimut beaucoup, avait données à

son précepteur Cassius Silanus, oncle d'Avitus (i). » Si mes déductions sont fondées, il n'y a aucune exagération à dire que le bas-relief de Horn, en servant d'illustration au texte de Pline, nous a providentiellement conservé une copie afiFaiblie d'un chef-d'œuvre à jamais perdu. Il ne me reste plus qu'à rechercher où l'artiste a pris ce type pour l'importer en Gaule.

Le bas-relief de Horn offre la plus frappante analogie avec le revers de quelques monnaies de bronze frappées à Corinthe et à Patras sous les règnes d'Antonin, de Marc- Aurèle, de Vérus, de Commode et d'Elagabale ; Mercure y est représenté assis à gauche, coiflFé du pétase, la chlamyde rejetée sur l'épaule gauche, le caducée dans la main gauche et le bras droit étendu au-dessus d'un bélier qui tourne la tête vers lui. Abstraction faite des modifications accessoires qui forment les variétés de ce revers, telles que la bourse placée dans la main droite du dieu et le temple tétrastyle au centre duquel il figure tantôt assis sur un rocher, tantôt sur un siège façonné en forme de cippe, je me borne à faire observer que ce type monétaire est incontestablement commémoratif d'un groupe statuaire décrit par Pausanias eïi ces termes : « Sur le chemin qui mène directement de Léchée à Corinthe, on remarque un Hermès^

(i) u Verum omnem ampiitudinem statuarum ejus generis vicit aetate nostra Zenodorus, Mercurio facto in civitate Galliae Arvernis par annos decem hs ccgg maDipretio. Postquam satis ibi arlera approbaverat, Roman accitus est a Nerone, ubi destinatiim ilius principis simulacro colossum fecit... Sfatuam Arvernorum quum faceret Provinciae Vibio Avito praesidente, duo pocula Calamidis manu caelala quae Cassio Silano avunculo ejus, praeceptori suo Germanicus Caesar adamata donaverat... » (Plin., Hist. Nat., XXXIV, vir al. xvm, 6.)

assis, en bronze, au côté duquel est placé un bélier, car on croit que Hermès est le dieu qui veille particulièrement sur les troupeaux et les fait multiplier, ainsi que le dit Homère dans l'Iliade (i). »

Or, s'il est légitime de supposer que le talent de Zénodore n'avait pu se former qu'à l'incomparable école de la Grèce, et que l'artiste qui reproduisait avec tant de perfection les coupes ciselées par Galamis avait dû étudier sur place les œuvres des grands maîtres evant d'être appelé à Rome par Néron. On se figure volontiers qu'il a pu admirer à Corinthe le Hermèi au bélier, remarqué un siècle plus tard par Pausanias. Quoi qu'il en soit, le type dont il s'est inspiré pour la statue commandée par les Arvernes est essentiellement grec. A cet égard, le témoignage des monuments numismatiques parait décisif.

En effet, le monnayage grec a admis concurremment le type de Mercure assis, et celui de Mercure debout; mais il semble avoir préféré ce dernier, car la liste des villes qui l'ont adopté est très-nombreuse (2J, tandis

(1) 'kvBiç S'coOo'iv grri AsxKiorj w «vôeîav ^aXxovç xaGiQ^Aevo; loTiv Ep^tYiÇy napéemjxs St oc x^io; ori Epp^c pô^tora ^xsî Osâv hfopS^f xai ouÇstv Troi^va; xaOdc Svi xai O^ïj^ç sv 'l^tàSi iiroiYifTtif, (Paus. Cofinth,, II. 3.)

(2) Voici les noms de ces localités que j'ai relevés dans la Description des médailles de Mionnet et dans son Supplé-

Acmonia, de Phrygie [Marc-Aurèle, Gordien IU)\ Aegea, de Cilicie {Diaduménien) ; Aenus^ de Thrace (autonomes); Alexandrie d'Egypte (Trajan) ; Amaoum, de Cilicie (autonomes) ; Amisus, de Pont (Hadrien, Sabine) ; Aoazarbe, de Cilicie (Gorc^^en ///, Valérien) ; Aphrodisia, de Carie (autonomes, MarC'Aurèle, Julia Domna, CaraoaUa, Salonin); Apollo-

que je ne trouve le premier que dans dix localités (l), y compris les villes de Corinthe et de Patras déjà mention-, nées.

nia, û^lWyrie {Septime-Sévèré); Ariassus, dePamphylie (Géta) ; AagQsta, de Cilicie (Gordien Ht) ; Bizya, de Thrace {Philippe) ; Corycus, de Cilicie (autonomes) ; Cotiaeum , de Phrygie {Marc- Aurèle, Caracalla, Plautilla, Sér ère- Alexandre) \ Deultum, de Thrace, {Diaduménien) ; Dionysopolis, de Phrygie (autonomes); Docimaeum, de Phrygie (autonomes); Éphëse, d'Ionie (Septime-Sèrère) ; Gythiiim, de Laconie (Caracalla); Hadriani, de Bithynie (Marc-Aurèle, Septlme- Sévère, Caracalla, Elagabale, Gordien III); Hadrianopolis, de Thrace {Commode) ; Héliopolis, de Cœlé-Syrie {Caracalla, Philippe); Hermione, d'Argolide (Septime-Sérère, Julia Domna, Plaulilla); lasus, de Carit^ (Domitien); Marcianopolis, de Mœsie- Inférieure (Caracalla, Macrin, Diaduménien); Mastaura, de Lydie (Maœimin); Mesembria, de Thrace (Philippe); Nicopolis, de Mœsie-Inférieure (Caracalla); Nysa, de Thrace {autonomes); Odessus, de Thrace (Gordien III); Perga, de Pamphylie (Salonine); Philadelphie, de Lydie {autonomes^ Géta, Sévère-Alexandre, Hérennius); Phi'.ippopoHs, de Thrace (Commode, Crispine, Caracalla, Elagabale); Prnsias, de Bithynie {Anionin); Rhegium, de BruUiiim (autonomes) ; Serdica, de Thrace (Caracalla, Elagabale, Sévère- Alexandre, Gordien III, Gallien); Sinope, de Paphiagonie {Diaduménien); Tarse, de CWm^ (Maxim in. Gordien III, Valérien); Terinessus, de Pisidie {aulnnom^s); Tium, de Bithynie {Julia- Mamœa) ; Traianopolis, de Thrace {Caracalla) ; Tralles, de Lydie (autonomes, Auguste, Géta, Gordien IIIj Valérien) ; Tyr, de Phénicie (Philippe, Falérien, Salonine); Tyra, de Sarmatie {Marc-Aurèlé) ; Zacynthus, (autonomes, Julia- Domna).

(4) Anazarbe, de Cilicie (Gordien III J ; Apollonia, d'Illyrie (Caracalla, Elagabale) ; Corinthe, d'Achaie {Antonin, Marc- Aurèle, Férus, Commode); Clupea (?),de Zeugitane (Tibère);

Qtiftnt au monnayage romain, il n'^a admis que le type de Merctiire debout, tel qu'on le voit sur les espaces (Vappées à l'effigie de Marc-Aurèle, de Dèce, d'Hérendiuii, d'Hostilien, de Valérien, de Gallien, de Postume, de Claude II, de Garin, de Numérien, et même de Crispas. L'adoption exclusive de ce type par l'atelier de Rome nous atleste que telle était la représentation officielle attribuée à Mercure. Il semble que son culte était tombé dans une sorte d'oubli pendant le Haut-Empire, car son image est absente de la monnaie lomaine depuis le3 temps de la République jusqu'à l'époque où Marc-Aurêle, qui professait une dévotion particulière pour ce dieu, le remit en honneur. C'est ce qu'il est permis d'inl'érer de la légende religio AVG(usti), inscrite sur une monnaie de bronze frappée pendant la vingt-seplième année tribunice de ce prince, c'est-à-dire en Tan i73 de notre ère. A partir de ce moment, le type immobilisé de Mercure debout fut vulgarisé et reproduit à l'infini, grâce à l'active circulation du numéraire romain dans les pro* vinces occidentales de TEmpire, et particulièrement en Gaule. Telle est la raison pour laquelle, dans nos contrées, les œuvres d'art au type de Mercure assis sont clair-sémées et rares, relativement aux autres.

Sur les soixante-cinq sujets décrits dans le Mvsée de Sculpture (i), j'en compte seulement cinq de ce type; et

Hadrianopolis, de Thrace [Commode) ; Lyrbé, de Pisidie {Callien) ; Milétopolis, de Mysie (Commode) ; Nicomèdle, de Bi- Ihynie [MnrC'Aurèle)\ Panorme, de Sicile {autonomes) \ Palrae, d'Achaïe [Antonin, Caracalia, Gela),

(4) Ouvrage commencé par le cotnie de Clarac et terminé par M. Alfred Maury ; voir les n"* 1508, 4508 A, Î508 B, 452Î, et 15X6; dans le tome IV.

au musée du Louvre, un seul, sur Tingt-huit figurinesen bronze (I] ; au Cabiuet des Médailles, onze statuettes, dont un Mercure assis (3) ; plus dix-buit intailles, dont six de Mercure assis (3). Parmi les objets composant le trésor de Bernay, le type debout est représenté par deux statuettes et quatre patères (i) ; le type asm par la patère n® 2822. Dans ce dernier objet, ainsi que dans une cuiller, en argent, trouvée à Âutun et décrite par Montraucon (5) : je suis disposé à voir une réminiscence de la statue des Arveroes. Je note enfin les deux statuettes, l'une assise, l'autre debout, découvertes en 1841, à Saint-Révériea (Nièvre).

Je ne pousserai pas plus loin cotte énumération compa* rative ; ma démonstration est faite, en ce qui concerne la Gaule, à laquelle seule s'applique ma proposition.

Pour me résumer :

1° L'autel votif de Horn nous apprend que la statue colossale de Mercure, exécutée par Zénodore sous le règne de Néron pour le grand temple des Ârvernes, représentait le dieu assis, et accompagné de ses attributs habituels, le caducée ailé, la bourse, le bouc et le coq ;

2*^ L'artiste n'a pu lui donner cette attitude remarquable que parce que le type debout^ quoique usité depuis longtemps (0), n'était cependant pas encore à cette époque fixé officiellement.

(4) De LoDgpérier, Notice des bronzes antiques exposes dans les galeries du musée du Louvre, n® Î16.

(2) Cbabouiliet, Catalogue général et raisonné des camées, etc., n® 299Î.

(3) Id., /6/rf., no» 4609-46U.

(4) Id., Ibid.y no* 2801 , 2802, 2824, 2825, 2828, 2851 .

(5) Antiq. Expliq., I, pi. lxxh.

(fi) Ainsi que me le fait observer M. de Longpérier, il existe

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Si vous pensez, Monsieur, que le résultat de mon étude mérite d'occuper un instant l'attention de l'Académie, vous me feriez un grand honneur en consentant à lui en donner communication.

Veuillez bien agréer, Monsieur, l'assurance de mes sentiments les plus respectueux.

Robert Mowat.

diverses figures de Mercure debout trouvées dans la Gaule et antérieures à Néron, parmi lesquelles on en peut citer qui offrent les traits d'Auguste, entre autres le Mercure lauré du musée de Rennes, portant le n^ 328. (André, Catalogue raisonné du musée d'archéologie de la ville de Hennés.)

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